‹ Choix de lettresChapitre 169 sur 494 · A M. MARMONTEL · texte numérisé non relu

A M. MARMONTEL

A LunéviUeS 13 février (1718).

Je VOUS avais déjà écrit, mon cher ami, pour vous dir.^ combien votre succès m'intéresse. J'avais adressé ma lellre chez un marchand de vin. Il doit avoir à présent pour enseigne du hiurier au lien de lierre, quoiqu'on ait dit,

hedera crescenlem ornate poetam.

(Virg., ecl. vu, v. 2o.)

Je reçois votre billet. L'honneur que vous voulez me faire ^ en est un pour les belles-lettres. Vous faites renaître le temps où les auteurs adressaient leurs ouvrages à leurs amis. 11 eût été plus glorieux à Corneille de dédier Cinna à Rotrou qu'au trésorier de l'épargne Monlauron*. Je vous avoue que je suis bien llatlé que noire amitié soit aussi publique qu'elle est solide, et je vous remercie ten-

1. Marinontcl, néen J723, mort on 1799, avait vingt-deux ans quand Voltaire, par inlèrct pour sis ]ireuiicrs essnis poétiques, le lU venir de Toulouse à Paris et le MVùlint de ses conseils et de sa bnurse. Demis, sa première pièce, eut du succès, et fut suivi à peu dinlervallc de trois tentatives du même genre, mais moins heureuses. Sa collaboration au ilcrrure elà \' Encyclopédie, ses Coules moraux, le firent arriver à l'Acadomie française en 17G5; ce fut une victoire chèrement achetée, et qu'il dut en grande partie à l'amitié de Voltaire. Uès lorsMarmonlel appartint au groupe philosopliique : Bélisaire, les Incas,

sont des plaidoyers en faveur de la tolérance. L'Académie le choisit pour secrétaire perpétuel en 1781. Aujourd'hui Marmontel n'est plus guère connu que par ses Éléments de Liltéralure, et surtout par ses curieux Mémoiics.

très instructifs sur la littératui.

et la société du temps.

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