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L'assemblée municipale de Francfort

\91 VOLTAIRE

coiilcnant les poésies du roi son maître, en vers français '.

(J'csl un livre où j'avais quelques droits-, et que le roi de ['russe m'avait donné, quand il fit les présents de ses ouvrages.

J'ai dit au résident de Brandebourg que je suis prêt de^ remettre au roi son maître les faveurs dont il m'a honoré, mais que ce volume est peut-être encore à Hambourg, dans une caisse de livres prête à être embarquée; que je vais aux bains de i'iombicrcs, presque mourant : et que je le prie de me laisser la vie en me laissant continuer ma route.

11 me répond qu'il va faire mettre une garde à ma porte; il me force à signer un écrit par lequel je promets ne point sortir jusqu'à ce que les poésies du roi son maître soient revenues; et il me donne un billet de sa main conçu en ces termes :

« Aussitôt le grand ballot que vous dites d'être à Leipsick ou à Hambourg sera arrivé, et que vous aurez rendu Vœuvre de poëshie à moi, que le roi redemande, vous pourrez partir où bon vous semblera *. »

J'écris sur-le-champ à Hambourg pour faire revenir Vœuvre de pocshie pour lequel ^ je me trouve prisonnier dans une viUe impériale, sans aucune formalité, sans le moindre ordre du magistrat, sans la moindre apparence de justice. Je n'importunerais pas Sa Sacrée Jlajosté s'il ne s'agissait que de rester prisonnier jusqu'tà ce que Vœuvre

1. Colini, secrclaiicde Vollaire, et qui faccompagn.iit, dit que re livre était le l'alladion, poème burlesque, dont le roi de l'rusrc craignait que Vollaire n'abusât contre lui, à cause des traits satiriques dont il était semé, particulièrement contre de hauts personnages éU'angers.

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