‹ Choix de lettresChapitre 208 sur 494 · Comprenez : de l'égalité U'bumeur · texte numérisé non relu

Comprenez : de l'égalité U'bumeur

i. Voltaire a fait, lui aussi, des Discours en vers sur l'Uominc (1738).

on traduire de la musique ? Je vous plains, madame, avec le goût et la sensibilité éclairée que vous avez, de ne pouvoir lire Virgile. Je vous plaindrais bien davantage si vous lisiez des Annales^ quelque courtes qu'elles soient. L'Allemagne en miniature n'est pas faite pour plaire à une imagination française telle que la vôtre

Si vous avez encore M. de Formont, je vous prie, madame, de le faire souvenir de moi ; et, s'il est parti, je vous prie de ne me point oublier en lui écrivant. Je vais aux eaux de Plombières, non que j'espère y trouver la santé, à laquelle je renonce, mais parce que mes amis- y vont. J'ai resté ^ six mois entiers à Colmar sans sortir de ma cliambre, et je crois que j'en ferai autant à Paris, si vous n'y êtes pas.

Je me suis aperçu, à la longue, que tout ce qu'on dit et tout ce qu'on fait ne vaut pas la peine de sortir de chez soi. La maladie ne laisse pas d'avoir de grands avantages; elle délivre de la société. Pour vous, madame, ce n'est pas de même ; la société vous est nécessaire comme un violon à Guignon*, parce qu'il est le roi du violon.

M. d'Alembert est bien digne de vous, bien au-dessus de son siècle. Il m'a fait cent fois trop d'honneur ^, et il peut compter que, si je le regarde comme le premier de nos philosophes gens d'esprit, ce n'est point du tout par reconnaissance.

Je vous écris rarement, madame, quoique, après le plaisir de lire vos lettres, celui d'y répondre soit le plus grand

1. Les Annales de l'Empire àepuis Charlemagne, écrites par Voltaire à la demande de la duchesse de Saxe-Gotlia, et publiées en ce moment-là même à Colmar.

Page 1