‹ Choix de lettresChapitre 232 sur 494 · TRONCHIN, DE LYON · texte numérisé non relu

TRONCHIN, DE LYON

Aux Délices, 29 juillet (1757).

J'ai une grâce à vous demander; c'est pour les Fichons. Ces Fichons sont une race de femmes de chambre et de domestiques, transplantée à Faris par Mme Denis et consorts. Un Pichon vient de mourir à Paris, et laisse de petits Fichons. J'ai dit qu'on m'envoyât un Pichon de dix ans pour l'élever; aussitôt un Pichon est parti pour Lyon. Ce pauvre petit arrive, je ne sais comment; il est à la garde de Dieu. Je vous prie de le prendre sous la vôtre. Cet enfant est ou va être transporté de Paris à Lyon par le coche ou par charrette. Comment le savoir? où le trouver? J'apprends par un Pichon des Délices que ce petit est au panier - de la diligence. Pour Dieu, daignez vous en informer; envoyez-lenous de panier en panier; vous ferez une bonne œuvre. J'aime mieux élever un Pichon que servir un roi, fût-ce le roi des Vandales 3.

Vous savez la prise de Gabel* et du beau régiment le

1. Ce Tronchin, banquier à Lyon, parent du docteur et frère du conseiller d'État de Genève (voy.

p. 219, note 5), possédait la confiance du cardinal de Tencin, archevêque de Lyon et ancien ministre. 11 secondait Voltaire dans les négociations auxquelles celui-ci s'employait entre Frédé-

ric et la cour de France, à l'effet de préparer entre eux la paix .

2. Caisse d'osier, qu'on plaçait devant ou derrière le coche, et où Ion mettait des colis ou des voyageurs.

Page 1