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A MADAME DE GRAFFlGiNY * Aux Délices, 16 mai

le suis bien sensible, madame, à la marque de confiance que vous me donnez. Nous pouvons nous dire l'un à l'autre ce que nous pensons du public ^ de cette mer orageuse que tous les vents agitent, et qui tantôt vous conduit au port, tantôt vous brise contre un êcucil ; de cette multitude qui juge de tout au hasard, qui élève une statue pour lui casser le nez, qui fait tout à tort et à travers; de ces voix discordantes qui crient hosanna le matin, et cntcifige le soir; de ces gens qui font du bien et du mal sans savoir ce qu'ils font. Les hommes ne méritent certainement pas qu'on se livre à leur jugement, et qu'on fasse dépendre | son bonheur de leur manière de penser. J'ai tàté de cet abominable esclavage, et j'ai heureusement flni par fuir j tous les esclavages possibles*. J

Quand j'ai quelques rogatons^ tragiques ou comiques

maréchal de Broglie, une correspondance relative aux mouvements militaires, et l'abbé de Prades, après avoir craint pour sa vie et subi un long emprisonnement dans la citadelle de Magdebcurg, venait d'être relégué à Glogau.

1. Pàris-Duverney. Voy. pp.iU, note 3, et 215, note 6. — Dnrget ét.iit sous-gouverneur de l'École militaire.

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