Voy. p. 251, note
5. Leur amitié n'avait pas jusqu'alors été bien vive ; c'étaient deux natures opposées, Duclos un peu rude mais très droit, Voltaire très homme du monde mais d'une sincérité fort inégale. Duclos n'avait point encore pardonné à Voltaire de l'avoir en secret des-
servi lors de sa candidature à l'Académie. La défense des gens de lettres, en ce moment difficile, les rapprocha.
i. L'élection de Diderot était une chimère que caressait Voltaire, comme riposte au discours de Le Franc de Pompignan. Voy.
p. 218, note 1. — Nous avons raconté cet incident dans notre ouvrage sur les Philosophes et l'Académie française au dix-huitième siècle,p. 91 et suiv.
sages et mesurées auprès de ceux qui pourraient lui nuire', vous réussirez auprès des personnes qui peuvent le servir. Vous êtes à portée, je crois, d'en parler à Mme de Pompadour; et, quand une fois elle aura fait agréer au roi l'admission de M. Diderot, j'ose croire que personne ne Jera assez hardi pour s'y opposer. Nous ne sommes plus au temps des tliéatins évèques de Mirepoix-; il vous sera d'ailleurs aisé de voir sur combien de voix vous pouvez compter à l'Académie. Vous aurez l'honneur d'avoir fait cesser la persécution, d'avoir vengé la littérature, et d'avoir assuré le repos d'un des plus estimables hommes du monde, qui sans doute est votre ami. M. d'Alembert me paraît disposé à faire tout ce que vous jugerez à propos pour le succès de cette entreprise. Je prends la liberté de vous exhorter tous deux à vous aimer ^ de tout votre cœur; le temps est venu-^ où fous les philosophes doivent être frères, sans quoi les fanatiques et les fripons les mangeront tous les uns après les autres.
Je suis entièrement à vos ordres pour le Dictionnaire dû r Académie'*' ; je vous remercie de l'honneur que vous voulez bien me faire ; j'en serai peut-être bien mdigne, car je suis un pauvre grammairien ; mais je ferai de mon mieux pour mettre quelques pierres à l'édifice. Votre plan me parail aussi bon que je trouve l'ancien plan sur lequel on a tra-