Mérope est de 1744, Oreste 1 billon, p. 169, note
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sent jouir commodément de ce petit avantage. On compte niome le présenter aux gens de lettres qui ne seraient pas en état de l'acquérir. C'est d'ordinaire aux grands seigneurs , aux hommes puissants et riches qu'on donne son ouvr.ige : on doit faire précisément le contraire; c'est à eux de le payer noblement, et c'est aussi le parti que prennent, dans celte entreprise, les premiers de la nation, et ceux qui ont des places considérables; ils se sont fait un honneur de rendre ce qu'on doit au grand Corneille près de cent ans après sa mort, et dans les temps les plus difficiles.
Je crois même qu'il n'y a point d'exemple, dans l'histoire de notre littérature, de ce qui vient d'arriver. Figu rez-vous que deux personnes que je n'ai jamais eu l'honneur de voir, à qui je n'avais même jamais écrit, et que je n'avais point fait solliciter, ont seules commencé cette entreprise, avec un zèle sans lequel elle n'aurait jamais réussi.
L'une est Mme la duchesse de Grammont*, qui l'a protégée, l'a recommandée, a fait souscrire un nombre considérable d'étrangers, et qui enfin, n'écoulant que sa générosité et sa grandeur d'âme, a fait pour Mlle Corneille tout ce qu'elle aurait fait, si cette jeune héritière d'un si beai nom avait eu le bonheur d'être connue d'elle.
Je vous avoue, mon cher confrère, que les pièces di grand Corneille ne m'ont pas plus touché que cet événement. Notre autre bienfaiteur (le croiriez- vous?) est le banquier de la cour, M. de La Borde, qui, sans me connaître, sans m'en prévenir, a procuré plus de cent souscriptions ; et c'est une chose que nous n'avons apprise ici que quand elle a été faite.