A M. LE COMTE D'ARGENTAL
17 janvier (1763).
Voyez, mes anges, si ceci vous amusera, et s'il amusera M. le duc de Praslin*. Les laquais des Français et des Anglais, ou bien des Anglais et des Français, qui sont à Genève, ont voulu donner un bal aux filles en l'honneur de la paix''. Les maîtres ont prodigué l'argent; on a fait des habits magnifiques, des cartouches aux armes de France et d'Angleterre, des fusées, des confitures'* : on a fait venir des gelinottes et des violons de vingt lieues à la ronde, des rubans, des nœuds d'épaules, et livoit MM. le duc de Praslin et de Bedford^l dessinés dans l'illumination d'un beau feu d'artifice. Les perruques carrées ^ de Genève ont trouvé cela mauvais; elles ont dit que Calvin défendait le bal expressément ; qu'ils savaient mieux l'Écriture que M. le duc de Praslin ; que d'ailleurs pendant la guerre ils