‹ Choix de lettresChapitre 315 sur 494 · A M. DE CHENE VIERES · texte numérisé non relu

A M. DE CHENE VIERES

Janvier (1765).

Je VOUS donne avis, mon cher ami, que je marie Mlle Corneille : je deviens aveugle^; mais ce ne sera pas moi qui jouerai dans celle affaire le rôle de l'Amour; c'est un jeune gcnlilliommc de mon voisinage, dont les terres touchent les miennes ; il a environ huit mille livres de rente; il est sage et doux, fort aimable, fort amoureux, et fort aimé. Je me flatte qu'ils seront tous deux heureux chez moi; leur bonheur fera le mien : je (inis ma vie en vrai patriarche. Que dites-vous de la destinée de Mlle Corneille? ne la trouvez-vous pas singulière? Une nouvelle singularité, c'est que l'on joue Diipuis à la Comédie-Française, et que mon gendre s'appelle Dupuits^. Je crois que vous et la sœur du pot* vous vous intéressez à celte nouvelle. Voilà l'occasion de faire de ces jolis vers dont vous me favorisez quelquefois. Pour moi, je peux faire des mariages^, mais je ne puis plus faire d'épilhalames. Je vous embrasse du meilleur de mon cœur.

1. Premier commis au bureau de la guerre, né en 1699, mort en 1779; il a écrit six volumes de Détails militaires (nSO-lTCS) et des poésies varices sous ce titre :

Loisirs de M. de C... (1764). C'était un ami de la famille de Voltaire.

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