‹ Choix de lettresChapitre 332 sur 494 · Traité de la Tolérance, ou · texte numérisé non relu

Traité de la Tolérance, ou

vrage de Voltaire, inspiré par l'affaire Calas.

5. Ce doit être l'abbé de La Tour-du-Pin, mort le 26 juin 1765, orateur renommé, qui avait pTononcéunPa?iégyriqued« saint Louis devant l'Académie française, et qui en 1755 avait prêche l'Avent à la cour. Le degré de sa parenté avec Mlle Corneille nous échappe.

VOLTAIRE

et la plus humiliante, c'est que des gens qui pensent de la même façon sur la philosophie déchirent leurs maîtres ou leurs amis. On est indigné quand on voit Palissot insulter continuellement M. Diderot, qu'il ne connaît pas* ; mais je suis bien affligé quand je vois ce malheureux Rousseau outrager la philosophie dans le même temps qu'il arme contre lui la religion -. Quelle démence et quelle fureur de vouloir décrier les seuls hommes sur la terre qui pouvaient l'excuser auprès du public, et adoucir l'amertume du triste sort qu'il mérite^ !

Mon cher frère, que je plains les gens de lettres! Je serais mort de chagrin, si je n'avais pas fui la France ; je n'ai goûté de bonheur que dans ma retraite. Je vous prie de dire à votre ami combien je l'estime et combien je l'honore. Je lui souhaite des jours tranquilles; il les aura, puisqu'il ne se compromet point avec les insectes du Parnasse, qui ne savent que bourdonner et piquer. Mon ambition est qu'il soit de l'Académie ; il faut absolument qu'on le propose pour la première place vacante. Tous les gens de lettres seront pour lui, et il sera très aisé de lui concilier les personnes de la cour, qui obtiendront pour lui l'approbation du roi*. Je n'ai pas grand crédit assurément, mais j'ai encore quelques amis qui pourront le servir. Notre cher ange, M. d'Argental, ne s'y épargnera pas.

Je vois bien, mon cher ami, qu'il est plus aisé d'avoir

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