En 673 de Rome, Cicéron
nous ! Mais croiriez-vous, mon cher ami, que la famille des Calas, si bien secourue, si bien vengée, n'était pas la seule alors que la religion accusât d'un parricide, n'était pas la seule immolée aux fureurs du préjugé? 11 y en a une plus malheureuse encore, parce qu'éprouvant les mêmes horreurs, elle n'a pas eu les mêmes consolations; elle n'a point trouvé des Mariette, des Beaumont • et des Loiseau.
11 semble qu'il y ait dans le Languedoc une furie infernale amenée autrefois par les inquisiteurs à la suite de Simon de Montfort^, et que depuis ce temps elle secoue quelquefois son flambeau.
Un feudiste^ de Castres*, nommé Sirven, avait trois filles. Gomme la religion de cette famille est la prétendue réformée, on enlève, entre les bras de sa femme, la plus jeune de leurs filles^. On la met dans un couvent, on la fouette pour lui mieux apprendre son catéchisme; elle devient folle; elle va se jeter dans un puits, à une lieue de la maison de son père 6, Aussitôt les zélés ne doutent pas que le père, la mère et les sœurs n'aient noyé cet enfant. Il passait pour constant, chez les catholiques de la province, qu'un des points capitaux de la religion protestante
plaida devant les sénateurs, juges des procès d'après les lois .de Sylla, la cause de Rosciiis d'Amérie accusé de parricide. L'accusateur, Clirysogonus, affranchi de Sylla, était lui-même l'auteur du crime, qu'il avait commis pour s'emparer des biens de la victime. Le courage que Cicéron montra en face de Sylla tout-puissant fut l'origine de sa fortune politique.
1. Elle de Beauraont se chargea encore d'écrire un mémoire pour celle cause.
i. Simon, comte de Hontfort,
né en 1160, mort en 1218, chef de la terrible croisade contre les Albi;;eois, surnommé le Machabée de son siècle.
3. Conservateur des registres féodaux contenant le dénombrement et la nature des héritages de la censive d'un seigneur, ainsi que le tribut dont ils étaient chargés.
i. Aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du Tarn.