Les Questions sur les mi
racles, qu'il publiait sous les pseudonymes de Covelle et de Baudinet de Keuchâtel, 7t. Voy, p. loi, noie 4.
CHOIX DE LrTTP.ES.
tout mon cœur. Permettez-moi les mêmes sentiments pour vous, qui ne finiront qu'avec ma vie....
liô. — A CATHERINE II, IMPERATRICE DE RUSSIE» A Fcrney, par Genève, 21 juin 1766.
Madame, c'est maintenant vers l'étoile du Nord qu'il faut que tous les yeux se tournent. Votre Majesté impériale a trouvé un chemin vers la gloire, inconnu avant elle à tous les autres souverains. Aucun ne s'était avisé de répandre des bienfaits à sept ou huit cents lieues de ses Etats-. Vous êtes devenue réellement la bienfaitrice de l'Europe, et vous avez acquis plus de sujets par la grandeur de votre âme que d'autres n'en peuvent conquérir par les armes.
Il y a peut-être de l'indiscrétion à oser implorer la protection de Votre Majesté pour les Sirven', après les bontés dont elle a comblé la famille Calas. Je sais ce que Votre Majesté fait de grand et d'utile pour ses peuples. Ce serait se rendre coupable envers eux que de vous supplier de détourner pour une malheureuse famille du Languedoc une partie de la source des biens que vous répandez en Russie. Je ne prends la liberté de vous écrire, madame, que pour vous prier de modérer vos bontés. Le moindre secours nous suffira. Nous ne demandons que l'honneur de placer votre auguste nom à la tête de ceux qui nous
i. Depuis 1762; elle avait fait étrangler son époux, Pierre III, pour s'emparer de l'empire.
2. Elle prodiguait ses libéralités aux artistes, aux écrivains, particulièrement aux philosophes : elle avait acheté 15 000 livres, en 1763, la bibliothèque de Diderot, à la
condition qu'il en resterait possesseur sa vie durant, avec un traitement annuel de mille livres; elle avait attiré le sculpteur Falconel à Saint-Pétersbourg, et lui faisait faire la statue éiiuesJre do Pierre le Gi'and.