A M. L'ABBE D'OLIVET
A Feniey, 5 janvier (1767).
Cher doyen * de l'Académie, Vous vitcs de plus heureux temps; Dos neuf Sœurs la troupe endormie Laisse reposer les talents; Noire gloire est un peu flétrie.
Ramcncz-nous, sur vos vieux ans, Et le bon goût et le bon sens Qu'eut jadis ma chère patrie.
ritcs-moi si jamais vous vîtes, dans aucun bon auteur do ce grand siècle de Louis XIV, le mot de vis-à-vis employé une seule l'ois pour bigiiificr envers, avec, à l'égard^. Y en a-t-il un seul qui ait dit i?i(jial vis-à-vis de moi, au lieu d'ingrat envers moi; il se ménageait vis-à-vis ses rivaux, au lieu de dire avec ses rivaux ; il était fier vis-à-vis de ses supérieurs, pour fier avec ses supérieurs, etc.? Enfin ce mot de vis-à-vis, qui est très rarement juste et jamais noble, inonde aujourd'hui nos livres, et la cour, et le barreau, el la société ; car dès qu'une expression vicieuse s'introduit, la foule s'en empare.
Diles-moi si Racine a persiflé* Boileau, si Bossuet a pers fié Pascal, et si l'un et l'autre ont mydifié^ La Fontaine,