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Voy. p. 153, note

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surtout que la nature eût donné aux premiers Grecs des organes plus heureusement disposés que ceux des autres nations, pour former en peu de temps un langage tout romposé de brèves et de longues, et qui, par un mélange liarmonieux de consonnes et de voyelles, était une espèce (!c musique vocale. Vous ne me condamnerez pas, sans floute, quand je vous répéterai que le grec et le latin sont à toutes les autres langues du monde ce que le jeu d'échecs M au jeu de dames, et ce qu'une belle danse est <à une démarche ordinaire.

Malgré cet aveu, je suis bien loin de vouloir proscrire la rime, comme feu M. de La Motte; il faut tâcher de se bien servir du peu qu'on a, quand on ne peut atteindre à la riclicsse des autres. Taillons habilement la pierre, si le porphyre et le granit nous manquent. Conservons la rime • mais permettez-moi toujours de croire que la rime est faite pour les oreilles, et non pas pour les yeux'. f J"ai encore une autre représentation à vous faire. Ne i serais-je point un de ces téméraires que vous accusez de ! vouloir changer l'orthographe? J'avoue qu'étant très déi voué à saint François, j'ai voulu le distinguer des Fra?!rfl?s; j'avoue que j'écris Dimois et Anglais : il m'a toujours semblé qu'on doit écrire comme on parle, pourvu qu'on ne choque pas trop l'usage, pourvu que l'on conserve les lettres qui font sentir l'étymologie et la vraie signification du mot.

Comme je suis très tolérant, j'espère que vous me tolérerez. Vous pardonnerez surtout ce style négligé à un Français ou à un François qui avait ou qui avoit été élevé à Taris dans le centre du bon goût, mais qui s'est un peu engourdi depuis treize ans, au milieu des montagnes cie

1. Les amateurs de rimes riches exigent qu'elles soient aussi pour les yeux.

glace dont il est environné. Je ne suis pas de ces phofjpliores qui se conservent dans l'eau. Il me faudrait la lumière de l'Académie pour in'éclairer et m'échaufler; mais je n'ai besoin de personne pour ranimer dans mon cœur les sentiments d'attachement et de respect que j'ai pour vous, ne vous en déplaise, depuis plus de soixante années.

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