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L'intention de flatter est manifeste

6. Célèbre poète, né en 1491, mort en 13.38. Il fut aumônier du Dauphin et bibliothécaire du roi à Fontainebleau. Poète et musicien, il était l'ànie des fêles de !a cour. 11 passe pour avoir introduit le premier en France le soniut et le madrigal, inventés par les Italiens.

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crêp par son Bucéphal. Puisqu'un aumônier de François 1* retranche un e à Bitcéphale, pourquoi un prince royal de Prusse n'aurail-il pas retranché un e à crêpel Mais je suis un peu fâché que Mchn de Saint-Gelais, en parlant au cheval de François I", lui ait dit :

Sans que tu sois un Bucéphal,

Tu portes plus grand qu'Alexandre.

L'hyperbole est trop forte, et j'y aurais voulu plus de finesse.

Vous me critiquez, mon cher doyen, avec autant de politesse que vous rendez de justice au singulier génie du philosophe de Sans-Souci. J'ai dit, il est vrai, dans le Siècle lie Louis XIV, à l'article des Musiciens, que nos rimes féminines, terminées toutes par un e muet, font un effet très désagréable dans la musique, lorsqu'elles finissent un couplet. Le chanteur est absolument obligé de prononcer :

Si vous aviez la rigueur De m'ôter votre cœur, Vous m'ôteriez la vi-eu.

Arcabonne est forcée de dire :

Tout me parle de ce que yaim-eu.

Médor est obligé de s'écrier :

Ah! quel tourment

D'aimer sans espérance-eu * I

La gloire et la victoire, à la fin d'une tirade, font presque toujours h(jloire-eu, la vidoire-eu. Notre modulation exige trop souvent ces tristes désinences. Voilà pourquoi QuinauR

1. Ces trois citations sont emprunt'ies à VArmide, à l'Amadis et au Roland de Quinault.

a grand soin de finir, autant qu'il le peut, ses couplets par des rimes masculines; et c'est ce que recommandait le grand musicien Rameau * à tous les poètes qui composaient pour lui.

Qu'il me soit donc permis, mon cher maître, de vous représenter que je ne puis être d'accord avec vous quand vous dites « qu'il est inutile et peut-être ridicule de chercher l'origine de cette prononciation cjloire-eu, vidoire-eu, ailleurs que dans la bouche de nos villageois ». Je n'ai jamais entendu de paysan prononcer ainsi en parlant ; mais ils y sont forcés lorsqu'ils chantent. Ce n'est pas non plus une prononciation vicieuse des acteurs et des actrices de l'Opéra; au contraire, ils font ce qu'ils peuvent pour sauver la longue tenue de cette finale désagréable, et ne peuvent souvent en venir à bout. C'est un petit défaut attaché à notre langue, défaut bien compensé par le bel effet que font nos e muets dans la déclamation ordinaire.

Je persiste encore h vous dire qu'il n'y a aucune nation en Europe qui fasse sentir les e muets, excepté la nôtre. Les Italiens et les Espagnols n'en ont pas. Les Allemands et les Anglais en ont quelques-uns; mais ils ne sont jamais sensibles ni dans la déclamation ni dans le chant.

Venons maintenant à l'usage de la rime, dont les Italiens et les Anglais se sont défaits dans la tragédie, et dont nous ne devons jamais secouer le joug. Je ne sais si c'est moi que vous accusez d'avoir dit que la rime est une invention des siècles barbares; mais, si je ne l'ai pas dit, permettez-moi d'avoir la hardiesse de vous le dire.

Je tiens, en fait de langue, tous les peuples pour barbares, en comparaison des Grecs et de leurs disciples les Romains, qui seuls ont connu la vraie prosodie. Il faut

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