est vrai; et c'est là juste
ment ce qui exaspérait Voltaire.
3. Il y a chez Fréron un tempérament de polémiste bien autrement vigoureux que chez Palissot.
Vous êtes sûrement du nombre des élus, monseigneur, puisque vous n'êtes pas du nombre des ingrats. Vous chérissez toujours les lettres, à qui vous avez dû les principaux événements de votre vie. Je leur dois un peu moins que Votre Émmence; mais je leur serai fidèle jusqu'au tombeau. Je suis encore moins ingrat envers vous, qui avez bien voulu m'Iionorer de très bons conseils sur la Scythie*. J'attends de Paris mon ouvrage tartare, pour vous l'envoyer dans le pays des Visigolhs-, quoique assurément il n'y ait dans le monde rien de moins visigoth^ que vous. Le blocus de Genève* retarde un peu les envois de Paris. Cette campagne-ci sera sans doute bien glorieuse; mais elle me gêne beaucoup. Dès que j'aurai ma rapsodie imprimée, j'y ferai coudre proprement une soixantaine de vers que vous m'avez fait faire, et je dirai : Si placet, tuum est^.
Si Votre Imminence souhaite que je lui envoie le factum des Sirven^, il partira à vos ordres. Il est signé de dix-neuf avocats ; c'est un ouvrage très bien fait. On y venge votre province de l'affront qu'on lui fait de la croire féconde en parricides. C'était à un Languedochien, et non à moi, de faire rendre justice aux Sirvon et aux Calas. Mais ces deux familles infortunées s'étant réfugiées dans mes déserts, j'ai cru que la fortune me les envoyait pour les secourir.
Plus vous réfléchissez sur tout ce qui se passe, plus vous