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Né en l'IÔ, mort en

Lorrain de naissance, il servait dans la garde du roi Stanislas, et jouissait déjà dans cette petite cour d'une certaine réputation

poétique, quand Voltaire l'y rencontra en 1738 : il fut reçu àCirey, e t Mme du Chàlelet finit par éprouver une violente passion pour le jeune, aimable et spirituel officier. Cette circonstance ne troubla les i-elations entre Saint-Lambert et Voltaire Cjue d'un nuage très passager. Depuis la mort do Mme du Chàtelet, Saint-Lambert avait quitté le service, était enlrô dans le groupe encyclopédique, et venait, en 1769, de publier son poème des Saisons, qui fut un événement littéraire. Les Saisons n'ont pas survécu au naufrage du genre descriptif.

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bontés comme votre confrère dans un art très difficile,

comme votre ancien ami, et comme agriculteur. Vous aurez

beaucoup d'admirateurs; mais je me flatte d'avoir senti le

charme de vos vers et de vos peintures plus que personne.

Je crois me connaître un peu en vers ; les grands plaisirs,

dans tous les arts, ne sont que pour les connaisseurs.

J'ai éprouvé, en vous lisant, une autre satisfaction encore

plus rare, c'est que vous avez peint précisément ce que j'ai

lait.

Oh ! que j'aime bien mieux ce modeste jardin

Où l'art en se cachant fécondait le terrain! etc., etc. '.

Voilà mon aventure. De longues allées où, parmi quelques ormeaux et mille autres arbres, on cueille des abricots et des prunes ; des troupeaux qui bondissent entre un parterre et des bosquets; un petit champ que je sème moimême^, entouré d'allées agréables; des vignes, au milieu desquelles sont des promenades; au bout des vignes, des pâturages, et au bout des pâturages, une forêt.

C'est chez moi que mûrit la figue à côté du melon^, car je crois que vous n'avez guère de figues en Lorraine. Je dois donc vous remercier d'avoir dit si bien ce que j'aurais dû dire^

Je vous assure que mon cœur a été bien ému en lisant les petites leçons que vous donnez aux seigneurs des terres, dans votre troisième chant. 11 est vrai que je n'habite pas le donjon de mes ancêtres^, ie n'aime en aucune laçon les donjons; mais du moins je n'ai pas fait le mal-

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