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A M. LE MARQUIS DE FLORIAN

Le 3 auguste (1770)

Mon cher grand écuyer de Cyrus', buvez à ma sanlé le jour de la noce-, vous et Mme de Florian. L'homme du monde qui a le moins l'air d'un garçon de la noce, c'est moi. Si mon cœur décidait de ma conduite, j'assisterais au mariage. Ma chétive santé et mon âge ne me laissent prétendre à d'autre sacrement pour ma personne qu'à celui de i'exlrême-onclion. Je passe mes derniers jours à établir une colonie 5; je ne jouirai pas du fruit de mes travaux : il est beaucoup plus aisé de marier un jeune conseiller du parlement que de loger et d'accorder une trentaine de familles. Cependant nous travaillons nuit et jour à présenter à la nouvelle mariée les fruits de noire nouvel établissement. Nous avons fait une montre assez jolie, et qui sera fort bonne. Nos artistes sont excellents ; il n'y en a point de meilleurs à Paris : [mais leur transmigration ne leur a pas permis d'aller aussi vite en besogne que M. d'Hornoy. Il se marie le 7, et nous serons prêts le 15. Nous enverrons notre offrande, Mme Denis et moi, par M. d'Ogny*, à qui nous l'adresserons. Nos fabricants ont voulu absolument mettre mon portrait à la montre. Puisque Pigalle m'a

1. En 1757, Voltaire avait eu l'idée d'un engin de gueri-e qu'il croyait irrésistible, d'un cliar armé de faux, à la façon des anciens; c'est son « char assyrien », Le marquis de Florian, qui avait pris celte découverte au sérieux, est appelé par Voltaire, depuis ce temps, le surintendant ou le grand écuijer de Cyrus.

2. La noce de M. Dompierre d'Ilornoy, conseiller au parlement de Paris, fils que Mme de Florian avait de son premier mariage.

3. L'industrie de la soie, des dentelles, et surtout de l'horloi^eric, qu'il s'eflorce de développer ù Ferney. Voy. Notice, p. xxvu.

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