Voy. p. 346, note i
VOLTAIRE
174. — A M. LE MARÉCHAL DUC DE RICHELIEU A Ferney, 6 avril (1772).
J'adresse mes hommages tantôt à mon héros, tantôt à mon doyen'. C'est aujourd'hui mon doyen qui est le sujet de ma lettre. Vous nous enterrez tous l'an après l'autre*, et vous avez vu renouveler toute notre pauvre Académie, quoique plusieurs de mes confrères soient beaucoup plus âgés que vous. Enterrez-moi quand il vous plaira ; mais, en attendant, vous allez nommer un secrétaire'. Je ne sais pas sur qui vous jetez les yeux ; mais daignez songer, monseigneur, qu'il y a une pension sur la cassette*, attachée d'ordinaire à cette éminente dignité; que d'Alembert est pauvre, et qu'il n'est pauvre que parce qu'il a refusé cinquante mille livres de rentes en Russie^ Il possède toutes les parties de la littérature ; il me paraît plus propre que personne à cette place, il est exact et assidu. Si vous n'êtes engagé pour personne^, je pense que vous ne sauriez faire un meilleur choix que celui de M. d'Alembert ; mais votre volonté soit faite tant à l'Académie qu'à la cour!
Oserai-je encore vous parler du petit La Harpe ', qui a