A M. BROSSETTE
14 avril (1732).
Je SUIS bien flatté de plaire à un homme comme vous, monsieur; mais je le suis encore davantage de la bonté que vous avez de vouloir bien faire des corrections si judicieuses dans l'Histoire de Charles XII-.
Je ne sais rien de si honorable pour les ouvrages de M. Despréaux que d'avoir été commentés par vous, et lus par Charles XII s. Vous avez raison de dire que le sel de ses satires ne pouvait guère être senti par un héros vandale*, qui était beaucoup plus occcupé de l'iumiiliation du czar et du roi de Pologne -^ que de celle de Chapelain et de Cotin^. Pour moi, quand j'ai dit que les satires de Boileau n'étaient pas ses meilleures pièces, je n'ai pas prétendu pour cela qu'elles fussent mauvaises. C'est la première manière de ce grand peintre, fort inférieure, à la vérité, à la seconde,
1. Brosselte, né en 167 1, mort en 1743, magistrat lettré, fut l'admirateur, l'ami, le correspondant et le commentateur de Boileau, dont il donna une édition en 1713.
2. Voltaire lui avait envoyé son Charles XII en le priant d'y faire des correi-'lions; on voit que Hrossetle le prit au mot.