Voy. la lettre 186, p. 427, et la lettre 192, p
9. La poésie. — Voy. Icllro 194 sur ce paragraphe et les suivants.
VOLTAIRE
n'entends rien à la nouvelle cuisine, et que l'ancienne est hors de mode.
Le chagrin s'est emparé de moi, et m'a fait perdre la tête. Je suis devenu imbécile, au point que j'ai pris pour une chose sérieuse la plaisanterie de M. de T ùbouville, qui me demandait des pastilles d'épine-vinette. J'ai eu la bêtise de ne pas entendre ce logogriphe ; j'ai cru me ressouvenir qu'on faisait autrefois des pastilles d'épine-vinette à Dijon, et j'en ai fait tenir une petite boite à votre voisin, au lieu de vous envoyer le mauvais pâté que je vous avais promis.
Ce pâté est bien froid ; cependant il partira à l'adresse que vous m'avez donnée, à condition que vous n'en mangerez qu'avec M. de Thibouville, et que vous me le renverrez, tel qu'il est, partagé en cinq morceaux.
Je ne vous dirai pas combien tous les pâtés qu'on m'a envoyés de votre nouvelle cuisine m'ont paru dégoûtants ; mon extrême aversion pour ce mauvais goût ne rendra pas mon pâté meilleur. Peut-être qu'en le faisant réchauffer on pourrait le servir sur table dans deux ou trois ans ; mais il faudrait surtout qu'il fût servi par les mains d'une jeune personne de dix-huit à vingt ans, qui sût faire les honneurs d'un pâté comme Mlle Adrienne» les faisait à trente ans passés. Il nous faudrait aussi un maître dhôtel tel que celui qui est le chef de la cuisine ancienne, et qui vous fait sa cour quelquefois-; et avec toutes ces précautions, je doute encore que ce pâté, qui n'est pas assez épicé, fût bien reçu. Quoi qu'il en soit, goûtez-en un petit moment, mon cher ange, et renvoyez-le-moi subito, sulnlo
Je ne vous parle point du voyageur' que vous prétendiez