Voy. le début de la lettre
5. C'est ce qui arrivera en 1734 à XAdélaïde du Guesclin, de Voltaire.
Es-tu content, Couciî
(lit Yendùme à la fin de la pièce.
— Couci, cotici, fit un plaisant. Ce bon mot résuma l'impression du parterre, et Adélaïde tomba.
•i. On jouait en ce moment même deux parodies de Zaïre :
Arlequin au Parnasse, de l'abbé Nadal, ot les Enfants trouvés ou
le Sultan poli par l'amour, de Dominique Riccoboni fils et Romagnesi. — La comédie, dite italienne à cause de son origine [Commcdia dell 'arle), existait depuisleseizièraesièclcà Paris : c'est un genre où figuraient des types consacrés (Arlequin , Cassandre, Scaramouche),etdont le comique était en général peu relevé. Quant au théâtre de la Foire (dans les foires de Saint-Germain et de Saint- Laurent), des troupes de province y jouaient des pièces dues parfois à des auteurs en renom, tels que Lesage, Piron, etc.
le grec, et qui ne lisent point ce qu'on fait en français, vous dédaignent ou affectent de vous dédaigner.
Vous portez en tremblant votre livre à une dame de la cour; elle le donne à une femme de chambre qui en fait des papillotes; et le laquais galonné qui porte la livrée du luxe insulte à votre habit qui est la livrée de l'indigence.
Enfin, je veux que la réputation de vos ouvrages ait forcé l'envie à dire quelquefois que vous n'êtes pas sans mérite; voilà tout ce que vous pouvez attendre de votre vivant : mais qu'elle s'en venge bien en vous persécutant ! On vous impute des libelles que vous n'avez pas même lus, des vers que vous méprisez, des sentiments que vous n'avez point. Il faut être d'un parti, ou bien tous les partis se réunissent contre vous.
Il y a dans Paris un grand nombre de petites sociétés où préside toujours quelque femme qui, dans le déclin de sa beauté, fait briller l'aurore de son esprit. Un ou deux hommes de lettres sont les premiers ministres de ce petit royaume'. Si vous négligez d'être au rang des courtisans, vous êtes dans celui des ennemis, et on vous écrase. Cependant, malgré votre mérite, vous vieillissez dans l'opprobre et dans la misère. Les places destinées aux gens de lettres sont données à l'intrigue, non au talent. Ce sera un précepteur qui, par le moyen de la mère de son élève, emportera un poste que vous n'oserez pas seulement regarder. Le parasite d'un courtisan vous enlèvera l'emploi auquel vous êtes propre.
Que le hasard vous amène dans une compagnie où il se trouvera quelqu'un de ces auteurs réprouvés du public, ou de ces demi-savants qui n'ont pas même assez de mérite pour étro de médiocres auteurs, mais qui aura quelque
1. Voilà pour Mme de Tencin et ses imitatrices; vo\. p. 13, noto 5.
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place ou qui sera intrus dans quelque corps; vous sentirez, par la supériorité qu'il affectera sur vous, que vous êtes justement dans le dernier degré du genre humain.
Au bout de quarante ans de travail, vous vous résolvez à chercher par les cabales ce qu'on ne donne jamais au mérite seul; vous vous intriguez* comme les autres pour entrer dans l'Académie française, et pour aller prononcer, d'une voix cassée, à votre réception, un compliment qui le lendemain sera oublié pour jamais 2. Cette Académie française est l'objet secret des vœux de tous les gens de lettres ; c'est une maîtresse contre laquelle ils font des chansons et des épigrammes jusqu'à ce qu'ils aient obtenu ses faveurs^, et qu'ils négligent dès qu'ils en ont la possession.
Il n'est pas étonnant qu'ils désirent d'entrer dans un corps où il y a toujours du mérite, et dont ils espèrent, quoique assez vainement, d'être protégés. Mais vous me -"demanderez pourquoi ils en disent tous tant de mal jusqu'à ce qu'ils y soient admis, et pourquoi le public, qui respecte assez l'Académie des sciences, ménage si peu l'Académie française. C'est que les travaux de l'Académie française sont exposés aux yeux du grand nombre, et les autres sont voilés. Chaque Français croit savoir sa langue, et se pique d'avoir du goût; mais il ne se pique pas d'être pliysicien. Les mathématiques seront toujours pour la nation en général une espèce de mystère, et par con-