‹ Choix de lettresChapitre 64 sur 494 · Témoin la célèbre épigraiume de Piron · texte numérisé non relu

Témoin la célèbre épigraiume de Piron

séquent quelque chose de respectable. Des équationa algébriques ne donnent de prise ni à Tépigramme, ni à la chanson, ni à l'envie; maison juge durement ces énormes recueils de vers médiocres, de compliments, de harangues, et CCS éloges qui sont quelquefois aussi faux que l'éloquence avec laquelle on les débite*. On est fâché de voir la devise de Vimmoiialitékh tête de tant de déclamations, qui n'annoncent rien d'éternel que l'oubli auquel elles sont condamnées.

Il est très certain que l'Académie française pourrait servir à fixer le goût de la nation. Il n'y a qu'à lire ses Remarques sur le Cid^; la jalousie du cardinal de Richeheu a produit au moins ce bon effet. Quelques ouvrages dans ce genre seraient d'une utilité sensible. On les demande depuis cent années au seul corps dont ils puissent émaner avec fruit et bienséance. On se plaint que la moitié de?] académiciens soit composée de seigneurs qui n'assistent | jamais aux assemblées, et que, dans l'autre moitié, il se ' trouve à peine huit ou neuf gens de lettres qui soient assidus. L'Académie est souvent négligée par ses propres membres. Cependant, à peine un des quarante a-t-il rendu les derniers soupirs, que dix concurrents se présentent;

1. Voltairedisaitdans sa 24" Lettre philosophique (1754) : « Tout ce que j'entrevois dans ces beaux discours, c'est que le récipiendaire ayant assuré que son prédécesseur était un grand homme, que le cardinal de Riclielieu était un très grand homme, le chancelier Séguier un assez grand homme, le directeur lui répond la méine chose, et ajoute que le récipiendaiie pourrait bien aussi être une espèce de grand homme, et que, pour lui directeur, il n'en quitte pus sa part. »

2. Les Sentiments da V Académie sur le Cid (1658) rédigés par Chapelain au nom de la Compagnie :

ce jugement si mesquin du chefd'œuvre de Corneille passa longtemps pour un excellent morceau de critique ; La Bruyère l'estimait foi t, et Voltaire resta toute sa vie dans cette opinion. Il faut en revenir à et égard au mot de Boileau :

L'Ac:jdéniie eu Corps a beau li; cen.su- [rciM'c C<d), Le public révulté s'obstine à l'admiier. (Satire IX ;

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un évêché n'est pas plus brigué; on court en poste à Versailles; on fait parler toutes les femmes; on fait agir tous les intrigants; on fait mouvoir tous les ressorts; des haines violentes sont souvent le fruit de ces démarches. La principale origine de ces horribles couplets* qui ont perdu à jamais le célèbre el malheureux Rousseau, vient de ce qu'il manqua la place qu'il briguait à l'Académie, Obtenezvous cette préférence sur vos rivaux, votre bonheur n'est bientôt qu'un fantôme : essuyez-vous un refus, votre afflic» lion est réelle. On pourrait mettre sur la tombe de presque tous les gens de lettres :

Ci-gît, au bord de l'Hippocrêne »

Un mortel longtemps abusé.

Pour vivre pauvre et méprisé, Il se donna bien de la peine.

Quel est le but de ce long sermon que je vous fais? estce de vous détourner de la route de la littérature? Non; je ne m'oppose point ainsi à la destinée : je vous exhorte seulement à la patience.

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