De la manière dont il faut vivre dans le monde
3. Les charges judiciaires, depuis François 1", étaient vénales
ou transmissibles par héritage sauf l'agrément du roi et de la compagnie dans laquelle cette charge donnait accès : il n'en est plus ainsi, de notre temps, que pour les offices ministéiiels (avoués, notaires, huissiers, etc.).
— Voltaire ne manqua pas une occasion d'accuser l'étroitesse d'îsprit des corps judiciaires. — Cf. p. 58, nota 1.
11 y aura toujours dans noire nation polie de ces âmes qui tiendront du Golh et du Vandale; je ne connais pour vrais Français que ceux qui aiment les arts et les encoura-^ gent. Ce goût commence, il est ^rai, à languir parmi nous;nous sommes des sybarites'.... Nous jouissons des veilles des grands hommes qui ont travaillé pour nos plaisirs et pour ceux des siècles à venir, comme nous recevons les productions de la nature ; on dirait qu'elles nous sont dues. Il n'y a que cent ans que nous mangions du gland; les Triptolèmes - qui nous ont donné le froment le plus pur nous sont indifférents; rien ne réveille cet esprit de nonchalance pour les grandes choses, qui se mêle toujours avec notre vivacité pour les petites.
Nous mettons tous les ans plus d'industrie et plus d'invention dans nos tabatières et dans nos autres colifichets, que les Anglais n'en ont mis à se rendre les maîtres des mers, à,,' faire monter l'eau par le moyen du feu', et à calculer l'aberration de la lumière*. Les anciens Romains élevaient des prodiges d'architecture pour faire combattre des bêtes -^ ; et nous n'a vous pas su depuis un siècle bâtir seulement une salle passable pour y faire représenter les cliefs-d'œuvre de l'esprit humain. Le centième de l'argentdescartessuflirait pouravoir des salles de spectacle plus belles que le théâtre de Pompée*';
1. L'ancienne Sybaris (Grande- Grèce) était célèlâre par la mollesse de ses habitants.
2. Suivant la légende, c'est Triptoléme, roi d'Eleusis, qui avait appris de Gérés l'art de cultiver le blé.
0. A l'aide de la vapeur. G'est la pompe à feu dont les Anglais firent usage les premiers, à la fin du dix-septième siècle, et qu'ils doivent aux travaux de Savery, de Newcomen et de Cawley.
i. Grande découverte d'optique
sur laquelle est fondée la tliéorio de la lunette astronomique, et qui consiste à tenir compte du mouvement terrestre dans l'observation de la lumière slellaire. Cette découverte est due à Bradiey (1728). Voy. Poggendorf, Histoire de la physique, trad. Bibart et de La Quesnerie (Dunod, 1883), p. iZi: