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C'est la véritable formule de la liberté littéraire

4. Dans ce temps où la propriété littéraire n'était garantie par aucune loi internationale, la Hollande était une grande usine de contrefaçon pour la librairie.

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avec lesquelles il faut ùe la nouveauté en livres, comme en tout le reste. Ainsi, tout méprisable qu'il est, il a produit deux choses importantes, du profit et du plaisir.

Les spectacles méritent encore plus d'attention. Je ne les considère pas comme une occupation qui retire les jeunes gens de la débauche ; celte idée serait celle d'un curé ignorant. Il y a assez de temps, avant et après les spectacles, pour faire usage de ce peu de moments qu'on donne à des plaisirs de passage, immédiatement suivis du dégoût. D'ailleurs, on ne va pas aux spectacles tous les jours, et dans la multitude de nos citoyens il n'y a pas quatre mille hommes qui les fréquentent avec quelque assiduité. "^"Je regarde la tragédie et la comédie comme des leçons de \^vertu, déraison et de bienséance'. Corneille, ancien Romain parmi les Français, a établi une école de grandeur d'âme, et Molière a fondé celle de la vie civile". Les génies français formés par eux appellent du fond de l'Europe les étrangers qui viennent s'instruire chez nous et qui contribuent à l'abondance de Paris. Nos pauvres sont nourris du produit de ces ouvrages, qui nous soumettent jusqu'aux nations qui nous haïssent. Tout bien pesé, il faut être ennemi de sa patrie pour condamner nos spectacles. Un magistrat qui, parce qu'il a acheté cher un office de judicature^, ose penser qu'il ne lui convient pas de voir Cinna, montre beaucoup de gravité et bien peu de goût.

1. Celte opinion, quelque peu chimérique, est l'une de celles que Voltaire soutint avec le plus de persistance : c'est la thèse contraire que défendit plus tard Rousseau dans sa Lettre à d'Alenibert sur lex spectacles (1758).

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