PLANCHE PREMIÈRE
Sur la largeur des Rues et la hauteur des Maisons.
Il y a des réglemens qui fixent les alignemens (i), la largeur des rues et des passages , la hauteur des maisons , les saillies , etc.
Yoici le tableau de la hauteur à donner aux constructions, d’après la largeur des rues:
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10 mètres et au-dessus .
9 mètres 7 5 (5o pieds) à 10 m.
8 à 9 mètres ç5 .
7 mètres 78 ( 24 pieds ) à 8 m.
Au-dessous de 7 mètres 78 (3) .
( i) Il n’en sera pas fait mention dans cette notice ; on renverra , pour plus de développemens , au Recueil des lois et re'glemens sur la -voirie et la police des constructions, ainsi qu’au supplément, par H. J. B. Davenne, qui vient de paraître chez Carilian-Gceury.
(2) 11 est dit dans les Réglemens particuliers de la ville de Paris, section troisième : « Nulle façade sur la voie publique ne peut être construite en pans de » bois , à moins que le terrain sur lequel on se propose de bâtir n’ait moins » de huit mètres de profondeur réduite ; et même , dans ce cas , la façade du » rez-de-chaussée doit être construite en maçonnerie. »
(3) Toutes les rues et les maisons sont cotées en pieds et pouces , parce que les dimensions des nouvelles rues sont presque toutes déterminées par le prolongement d’anciennes rues. La rue de Castiglione a été déterminée par le prolongement de la rue de la place Vendôme : cette dernière rue a aussi déterminé la rue de la Paix ; la nouvelle rue d’Artois l’a été par l’ancienne : il en est de même de la rue Yentadour. Lorsque l’on perce des rues nouvelles , telles que celle de Charles X, les dimensions sont fixées en mesures métriques. Si je n’ai pas employé ce système, c’est que la majeure partie des plans ont été composés et construits avec l’ancienne mesure.
Il est dit dans les dispositions des réglemens ( iç85, 17S4, t8oo, 1827 ) que toutes les rues de Paris seront élargies jusqu’à concurrence de trente pieds; elles déterminaient cependant des hauteurs particulières pour les édifices situés dans les rues d'une largeur moindre : ce qui donnerait lieu de supposer que le législateur avait eu en vue de restreindre la faculté de bâtir au maximum de hauteur , au cas où l'élargissement de la rue aurait été effectué sur tous les points ; mais cette interprétation était nuisible , dans beaucoup de cas, aux intérêts des propriétaires, qui, tout en satisfaisant à un alignement nouveau , resteraient néanmoins encore gênés dans l’exercice de leurs droits , et se verraient forcés d’attendre , pour élever leurs maisons à la hauteur première , que les rues eussent atteint, dans toute leur étendue , la largeur légale. Quoi qu’il en soit, on a senti que cette interdiction n’était peutêtre pas parfaitement légale ; que les conditions imposées par les réglemens de voirie à la propriété privée , étaient déjà bien assez rigoureux, sans qu’on les aggravât inutilement ; et qu’il n’y avait pas de considération d’intérêt public assez déterminante , pour que la ser vitude de la réduction de hauteur fût maintenue quand l’élargissement partiel était effectué. En conséquence , l’administration a abandonne le droit que semblait lui donner la disposition que nous venons de rappeler ; et , désormais , tout propriétaire qui rebâtit sur le nouvel alignement a la faculté d’élever sa maison au maximum de hauteur déterminé d’après le tableau ci-dessus. A chaque largeur de rue, telle qu’elle résulte du plan arrêté , la prohibition ne porte que sur les maisons non alignées, qu’on ne permet de sur-élever qu’en proportion de la largeur actuelle de la voie publique.
J’ai mis en parallèle des rues de la plus grande et de la plus petite dimension : j’ai choisi celles dont la direction est en retour d’e'querre, et d’autres formant des angles divers, avec les rues tenantes ou aboutissantes. Le premier exemple est la rue de Castiglione avec la rue de Rivoli : ces deux rues sont de la plus grande largeur et de la plus grande hauteur ; la dernière , d’une grande longueur , est magnifiquement située , tant pour la vue que pour les promenades ; bornée d’un côté parla grille du jardin des Tuileries, de l’autre par une grande ligne de bâtimens uniformément décorés, et dont le bas est ouvert par des arcades couvertes : trois étages et des mansardes au-dessus du troisième balcon , forment de grandes lignes horizontales, sans divisions ni saillies verticales pour dessiner les diverses propriétés : ce qui est très-bien pour l’hôtel du ministère des finances ; mais pour les autres bâtimens, on aurait pu se permettre quelques lignes verticales pour rompre la monotonie. Cependant les deux bâtimens symétriques qui font encoignure avec les rues de Rivoli et de Castiglione sont d’un bel effet : cette grande entrée, à la sortie du jardin des Tuileries, se présente bien pour laisser voir la Colonne (1), soit dans un dessin géométral, soit en perspective. Le dessin de l’entrée de la rue de la Paix par le boulevard (2) donne une idée de son aspect grandiose. Il en est de même pour l’église de Notre-Dame de Lorette : son péristyle est entièrement apparent , quoique sa largeur , représentée par A B , soit plus grande que la rue Neuve-d’ Artois , qui est d’une dimension moindre que celle fixée par les réglemens. Cela tient à ce que le monument est assez éloigné de l’extrémité de cette rue , et que l’espace compris entre l’église et la rue Cliantercine est suffisamment large pour qu’étant vu de la rue de Provence, ou de tout autre point pris à volonté dans la rue d’Artois , la façade soit comprise dans l’angle formé par le rayon visuel qui irait rencontrer l’extrémité de cette rue. Si la rue d’Artois s’arrête à la rue Chantereine , l’effet en sera bien ; mais si on la prolonge jusqu’à la rue des Oliviers , l’effet ne sera plus le même , et le péristyle ne sera aperçu qu’en partie. Ce défaut a lieu pour la nouvelle façade de l’Opéra-Comique , qui est peu éloignée de l’extrémité des rues Yentadour; on ne peut voir que trois arcades et demie du côté de la rue Neuve-Saint-Augustin , et cinq du côté de la rue Neuve-des-Petits- Champs : ce qui tient à la largeur de la rue et au peu d’espace entre les monumens. Le spectateur étant placé à l’extrémité de la rue Yentadour la plus rapprochée du théâtre , ne peut voir la façade dans son entier sans tourner la tête de droite à gauche et de gauche à droite. L’effet géométral ne permet pas de voir plus du tiers de la façade.
Maison rue Hauteville , n° 46 (3) , par MM. Piron et Dupokchel , architectes.
Sur une largeur de 3t pieds, entre deux murs mitoyens,
(1) Les monumens sont faits pour l’embellissement des villes; les rues doivent donc être dirigées sur les monumens ou édifices publics qui , d’ordinaire, sont les plus somptueux des villes : de même, quand on perce des rues, elles doivent sediriger sur des objets remarquables, soitqu’on les voie de près ou de loin.
(2) Les bâtimens situés aux encoignures sur le boulevard, forment d’un côté angle aigu : ce dernier est terminé en pans coupés ainsi que le bâtiment de la rue Yentadour, formant encoignure avec la rue Neuve - Saint - Augustin.
( Yoir les lois et réglemens sur la voirie , pour les retours et les pans coupés ) .
(3) La façade donnant sur la rue, quoique d’une belle architecture, n’a pas été donnée dans cet ouvrage.
s’élève un joli petit hôtel , formant pavillon entre cour et jardin ; l’aspect en est des plus agréables. Les deux architectes qui l’ont fait exécuter ont fait preuve de talent et de goût , soit dans la distribution du plan , soit dans les deux élévations. Le bâtiment étant susceptible de se trouver engagé , ils ont pu se permettre deux décorations dans les façades; celle qui donne sur la cour est d’une composition sage et d’un style sévère ; les ornemens sont d’un bon goût et d’un heureux choix , comme on peut le voir par les figures suivantes.
Fig. 4- Elle donne en grand le chambranle et le fronton des fenêtres du premier étage.
Fig. 5. Le raccordement de l’entablement de la terrasse formant porche au-dessus du perron avec la plinthe qui divise le rezde-chaussée et le premier étage.
Fig. 6. Entablement qui termine le bâtiment : la corniche est couronnée par des antefixes , la frise enrichie de griffons , torches et candélabres; le pilastre formant encoignure est enrichi de bossages , et la frise, d’une couronne de chêne.
La façade donnant sur le jardin est décorée d’une manière élégante : on y retrouve le bon goût des jolies maisons d’Italie.
Fig. i. Acrotères et entablement , la frise est ornée dans le style antique.
Fig. 2. Elle donne le raccordement des archivoltes sur le chapiteau , et ce dernier avec les impostes.
Fig. 3. La plinthe et l’acrotères des terrasses, le stylobate qui divisent le rez-de-chaussée et le premier étage.
La coupe prise sur l’axe longitudinal du bâtiment fait voir le passage de la cour au jardin pour le service de l’hôtel , et les diverses communications des cuisines, des caves, etc; au rez-de-chaussée, la coupe du porche, du vestibule, du grand salon, et de la terrasse donnant sur le jardin; au premier, côté du jardin, la coupe de la salle de bains , ensuite la pièce nommée atrium , servant de dégagement et donnant entrée à toutes les autres pièces ; le milieu percé d’une lanterne qui éclaire l’atrium : au-dessus sont les logemens des domestiques.
Maison , boulevard Saint-Martin, n° 57, par M. Lelong.
Cette maison est sur l’alignement et entre deux autres maisons du même architecte. Celle qui fait encoignure est occupée par le cafédeMalte, qui lui fait beaucoup d’honneur (1) par les beaux détails de menuiserie, de serrurerie et de peinture , la jolie porte placée entre deux élégantes boutiques , dont les ornemens ne peuvent être rendus en petit. La porte seule a été dessinée en grand.
Les profils indiquent la^hauteur des étages, intérieurement et extérieurement.
Pavillon d’Armcnonville (2), au bois de Boulogne , par M. Haudebourg, architecte.
Heureux l’architecte qui peut faire exécuter d’aussi jolies compositions. Il règne dans le plan et dans l’élévation de celleci une sorte d’harmonie qui plaît à la fois à l’amateur et à l’architecte. C’est une justice que je rends à M. Haudebourg : car tous les gens de l’art qui en ont vu l’exécution en ont été enchantés, et m’ont engagé à la faire connaître au public. J’ai donné les deux élévations , telles que M. Haudebourg les a fait exécuter. Depuis , on a couvert les deux terrasses par une charpente en fer ,
(1) Voir le Supplément de la menuiserie et de la serrurerie.
{■}.) Du nom du lieu où il existe , au bois de Boulogne. Sa destination est de servir de café et de restaurant.
et des toiles de coutil forment une espèce de tente ; le toit adossé autour du petit temple qui termine le pavillon forme une masse noire qui, vue de côté, n’est pas agréable ; les terrasses découvertes plaisaient davantage. Le site prête beaucoup à faire valoir ce petit bâtiment : l’espèce de jardin qui l’entoure et la masse de verdure que forment les arbres du bois de Boulogne , ainsi que l’avenue des grands arbres placés en avant, contribuent beaucoup au charme que l’on éprouve à voir d’une manière pittoresque cette belle masse.
Les chiffres placés sur le plan indiquent la destination des pièces , et la coupe fait voir le grand salon ainsi que les terrasses couvertes adossées à la salle supérieure ; sur les côtés , les petits cabinets particuliers. Je regrette de ne pouvoir donner plus en détail les peintures et les ornemens ; voir les figures suivantes :
Fig. 1. Détails de la décoration de l’avant-corps formant porche, qui n’ont pu être rendus sur l’élévation en petit.
Fig. 2. Idée du plafond et de la corniche qui entoure le grand salon.
Fig. 3. Composition du plafond du porche.
Fig. 4- Détail des baguettes bronzées et des cordons rouges qui retiennent la tenture du porche, ainsi que de la bordure pendante peinte en rouge , et de tous les filets formant guillochis.
Fig. 5. Décoration de l’entablement qui règne autour du pavillon.
Lavoir exécuté à Clichy, près Paris , par M. Houault , architecte.
Le plan général et particulier , les élévations et les diverses coupes me dispensent d’en faire la description. Je ferai observer seulement que je ne sais pourquoi ce lavoir n’est pas mis en usage ; il est beau et commode , et procurerait des avantages à la classe des blanchisseurs. La coupe suivant C D fait voir le bassin et le mur servant de pierre à laver. L’espace qu’occupe la laveuse est abrité par la saillie du toit du hangar, lequel sert en même temps de séchoir, quand il fait mauvais. Sa décoration est convenable, sa disposition commode : et c’est, de la part du propriétaire , un bienfait pour le soulagement de l’humanité.
Maison n° 4- , rue des Fossés-Montmartre , par M. Dejoly, architecte.
Cette grande maison , destinée au commerce et à la vente de diverses marchandises , a nécessité de grandes arcades au rez-dechaussée. On voit, au milieu, le vestibule et le grand escalier; au fond, le logement du concierge; sur les côtés, deux grandes boutiques accouplées : elles se communiquent par trois ouvertures. Sur la rue , elles sont fermées par des châssis dont le dessin se voit dans l’élévation en grand. La hauteur de l’arcade est divisée par un entresol. Au premier, un grand magasin qui occupe toute la longueur du bâtiment ; la façade est presque à jour, au moyen du parti pris par l’architecte , de former alternativement des petits trumeaux et des colonnes pour supporter les constructions supérieures.
Église Notrc-Dame-de-Bonne-Nouvelle (1), par M. Godde , architecte.
Il était difficile de placer une façade avec péristyle ou avec
(1) L’ancienne église ressemblait plutôt à une grange qu’à une c'glise , et elle n occupait pas plus de la moitié de celle-ci. Son entrée était rue Notre-Dame de Bonne-Nouvelle ; maintenant l’entrée principale est sur la rue de la Lune. Le plan de la nouvelle église est bien conçu : il a été exécuté en deux parties , en commençant du côté de la porte d’entrée : quand cette moitié a été exécutée ,
avant-corps (i) dans une rue qui n’a que 20 pieds de largeur. Dans tout le monument il règne une grande simplicité; un ordre dorique romain, sans base, placé au milieu et sur l’alignement du mur de face , donne entrée au porche : l’auteur ne s’est pas même permis les ornemens que l’on place dans le tympan du fronton et des triglyphes , pour annoncer la destination du monument. Cette façade est belle de simplicité : mais son caractère convient aussi bien à un palais de justice qu’à tout autre édifice , en lui donnant un symbole ou des allégories suivant sa destination. Ici la croix seule, signe du christianisme.
L’élévation latérale est d’un beau caractère , les ouvertures circulaires sont fermées par des châssis en fer et par des verres dépolis, entourés d’une bordure bleue. Voir la coupe suivant A B et la portion de l’élévation suivant C D.
Pour recevoir l’écoulement des eaux des combles , on a placé entre deux ouvertures des tuyaux de fonte de fer , ce qui forme encore décoration sur ce mur qui est lisse au-dessus du soubassement.
La chapelle de la Vierge marquée G sur le plan et le logement, dont une portion est indiquée à côté de la chapelle, nç sont pas encore exécutés.
Maison et Fontaine carrefour Gaillon , par M. Visconti, architecte.
Cette maison peut être mise au rang des monumens curieux à voir dans Paris ; et sa fontaine peut être citée , pour les ornemens, comme on cite celles de Grenelle et des Innocens. Elle est élégante , et l’architecture et la sculpture semblent se disputer l’avantage de plaire aux étrangers qui viennent la visiter. Le choix des ornemens est original et bien approprié au sujet, comme on peut le voir par les détails des fig. i et 2. La première offre en grand la moitié de la voussure de la niche , garnie de ses ornemens, composés déplantés marines; la frise, les chapiteaux sont aussi enrichis de plantes aquatiques, de coquillages et monstres marins. La figure 2 donne le développement de trois des faces du piédestal qui supporte la vasque supérieure; les trois panneaux font voir les détails des ornemens. Le plan indique l’enfoncement de la niche et l’isolement des deux colonnes , le réservoir et les boutiques qui occupent le rez-de-chaussée. Des places sont réservées pour des inscriptions ; mais elles ne sont pas encore faites (décembre 1829) quoique toutes les sculptures soient terminées. La grille qui entoure la fontaine n’a pas été dessinée vu qu’elle cacherait le piédestal qui porte la vasque inférieure (2).
Maison et Place Charles X , Faubourg Poissonnière.
On doit à M. Constantin et Compagnie une partie des nouveaux on l’a fait servir pour le service divin ; puis on a démoli l’ancienne église , pour exécuter l’autre moitié. Maintenant les deux parties sont réunies et forment un ensemble régulier. Ou a conservé seulement de l’ancienne construction , la tour servant de clocher, marquée F sur le plan. Les voûtes sont en charpente recouvertes en plâtre ; une des voûtes d’arête des bas-côtés est indiquée par sa charpente , et 1 autre est terminée. La menuiserie qui entoure la niche où est l’autel, et celle qui compose le buffet d’orgues, la chaire à prêcher sont très-bien faites; eUes seront dessinées dans le Supplément de la menuiserie, etc.
(1) Cette façade, qui a trois entrecolonnemens , se présente dans le dessin géome'tral comme les églises de Saint-Philippe du Roule , du Gros-Caillou , de Bercy , etc, qui ont quatre colonnes et un fronton ; mais elles ne se ressemblent pas pour l’effet d’exécution.
(2) O11 la voit tracée sur le plan ; elle est fort belle par le caractère particulier de sa composition, et le choix des ornemens : elle sera dessinée dans le Supplément de la serrurerie.
quartiers de Paris (1) : on peut regarder celui-ci comme un des plus beaux. MM. Constantin et Achille Leclerc ont fixé la décoration de la place. La maison cric nous donnons , et qui est marquée A sur le plan général , donne une idée de l’ensemble de la place. L’architecte qui a fait exécute? cette maison , M. Pellechet , a distribué avec goût le terrain assez bizarre , comme on peut le voir par les plans du rez-de-chaussée et du premier étage. La décoration des appartemens est étudiée et faite avec soin.
Principale entrée de la Banque de France , par M- Delannoy , architecte.
Cette porte est une restauration faite en 1812. Le caractère en est sévère quoique l’aspect en soit élégant. Les ornemens sont d’un bon choix et heureusement appliqués : on en peut voir les détails planche 17.
Fig. i. Élévation du côté de la cour. Elle est terminée par une terrasse qui communique aux deux pavillons que l’on voit pl. 16.
Fig. 2. Details de l’entablement et du chapiteau de l’ordre dorique extérieur.
Fig. 3. Corniche de l’altique.
Fig. 4- Dessin de la clef et de l’archivolte de la porte d’entrée.
Fig. 5. Détails de l’imposte et de l’archivolte des bossages et caissons de la voûte.
Fig. 6. Base ornée de l’ordre dorique dont l’entablement est fig. 2.
Fig. 7. Épaisseur du mur, pour faire voir la décoration du cintre et l’embrasure A , qui reçoit le développement de la porte placée dans le prolongement de la feuillure ED ou de la grille placée dans le prolongement de la feuillure B C.
Fig. 8 et 9. Attributs propres à la décoration de la Banque de France : le premier décore le mur extérieur, le second est dans l’intérieur.
Maison n° 6, rue de Londres , par M. Mangot, architecte.
Tout est original dans cette maison; sa forme, son plan, la décoration de sa façade, son vestibule, son escalier, les corniches intérieures, les peintures, tout a été fait avec recherche. La distribution des appartemens ne peut convenir que pour une seule famille. ( On vient de percer à droite une communication avec un hôtel de la rue de Clichy, ce qui lui donne deux entrées, et permet d’avoir un portier, ce qui n’avait pas lieu auparavant ).
Fig. ir°. La façade est décorée d’une ordonnance de pilastres d’ordre corinthien , qui occupent la hauteur du premier et du deuxième étage; à chaque extrémité un avant-corps formé par deux pilastres accouplés et d’une légère saillie; ils sont portés par un massif décoré de joints et de bossages dans toute l’étendue du socle. Les ouvertures sont entourées d’un chambranle et d’un contre-chambranle , qui se détachent sur un fond lisse.
Fig. 2. Coupe sur la largeur, dans toute la hauteur de la maison.
Fig. 3. Plan des caves et cuisines voûtées.
(1) Le nouveau quartier Poissonnière , le nouveau quartier Saint-Georges, ceux de la nouvelle Athènes et de François Ier, aux Champs-Élysées (l’espace compris entre la barrière de l’Étoile et le bois de Boulogne à Auteuil ) ; etc.
On prendra quelques maisons parmi les endroits cités, pour former le volume qui doit suivre celui-ci.
OndoitàM. Constantin , l’idée d’avoir su heureusement employer les jeunes architectes, qui tous avaient fait leurs preuves, puisque la majeure partie avaient passé cinq ans à Rome , après avoir remporté le grand prix à l’Ara-
Fig. 4. Rez-de-chaussée. Il est élevé de quatre pieds au-dessus de la rue.
Fig. 5. Premier étage. Le deuxième ne-differepas du premier; dans les toits sont des logemens de domestiques.
Fig. 6. Coupe longitudinale pour les caves et le rez-de-chaussée. L’escalier est voûté : on monte au milieu , et l’on descend de chaque côté pour aller à la cave ou à la cuisine.
Fig. 7. Corniche de l’entablement extérieur.
Fig. 8 à 12. Corniches de plafonds; celles du rez-de-chaussée sont peintes, ainsi que toute la pièce, savoir: à gauche en couleur vert pâle , quelques moulures , et les ornemens rehaussés en blanc ; la pièce à droite est d’un vert jaunâtre , les moulures et les ornemens rehaussés de jaune. Au premier étage , une pièce est peinte en bleu verdâtre , quelques moulures et les ornemens rehaussés en blanc ; une autre pièce est peinte en vert, rehaussé en bleu clair; une troisième en bleu, avec des tons plus ou moins clairs; d’autres ont les ornemens blancs sur des fonds de couleur diverse; les portes du vestibule sont peintes en brun , avec des tons différens.
Maison ii° 1 4, rue de Londres, par M. GoDDE, architecte.
Cette maison a tout ce qu’il faut pour lui faire prendre le nom d’hôtel : sa façade est sur la rue, et ses remises et écuries se trouvent au fond de la cour. Cet hôtel est disposé pour recevoir beaucoup de monde et pour donner des fêtes. On a sacrifié tout le premier étage en grands appartemens , et le deuxième est disposé en chambres à coucher. La distribution est bien entendue : au rez-de-chaussée , à gauche , un grand escalier d’apparat ; à droite le concierge, la cuisine et le petit escalier pour le service de la salle à manger, placée au premier; elle communique dans deux salons et sur le vestibule. Ces trois salons contigus sont sur la cour ; ils sont richement décorés. Le salon du milieu communique aux deux autres par deux portes placées de chaque côté d’une cheminée, laquelle est surmontée d’une glace sans tain, ce qui laisse voir dans les deux salons, et permet aux glaces placées sur les cheminées extrêmes de réfléchir les objets et de multiplier les candélabres, les vases de fleurs et les pendules placées sur les cheminées. La décoration intérieure est très- riche; la menuiserie est peinte en blanc , les moulures et les ornemens dorés.
La façade a peu de relief, et sa décoration en est légère et d’un bon goût. Les joints qui décorent adroitement les deux pilastres d’angles dissimulent les ouvertures pratiquées au milieu , et destinées à éclairer d’un côté l’escalier dérobé , et de l’autre les latrines placées à chaque étage,
Eglise de Courbevoie, près Paris, par M. Le Masson, ingénieur et architecte.
La portion rectangulaire de l’église formant l’ancienne église de Courbevoie, fut trouvée trop petite pour contenir une compagnie de Grisons qui devait y entendre la messe. Le colonel de ce corps la fit agrandir en 1789, et ce fut M. Le Masson qui fit faire la rotonde ovale; il l’ajusta avec l’ancienne église, et il voûta l’une et l’autre en poterie , avec armature en fer. L’intérieur, que j’ai vu avant sa métamorphose , était d’un bel effet. La vue extérieure fait bien; mais le monument n’est pas bien aperçu, étant entouré de maisons: la rotonde seule est isolée ; le fond de l’église est engagé dans un jardin.
Cette église fut abandonnée pendant un grand nombre d’années, et, pendant trente-cinq ans, on n’y fit aucune réparation. Le manque d’entretien delà couverture fit pénétrer l’eau dans l’intérieur de la voûte, et l’entablement intérieur fut abîmé sur une largeur de 3 à 4 mètres. Un autre ingénieur fut chargé de la restauration du monument, et au lieu de le réparer, il le mutila. On peut voir les changemcns par les détails des figures.
Fig. 1. Élévation de la rotonde et du portail donnant sur la place.
Fig. 2. Tracé de l’ordre, plus en grand, sur lequel on a joint les principales dimensions.
Fig. 3 et 4- L’entablement extérieur terminé par trois gradins (fig. 4) est celui du monument avant sa restauration. La figure 3 représente le couronnement actuel.
Fig. 5 et 6. La figure 6 représente l’entablement intérieur qui régnait au pourtour de l’église avant la restauration ; il a été ragréé ainsi que les joints tracés dans la voûte. La figure 5 représente l’entablement actuel , et comme on le voit dans la coupe sur la longueur et la largeur de l’église.
Maison n° 19, rue de La Rochefoucault , par M. Haudebourg , architecte.
Cette jolie maison a été faite pour la demeure de deux artistes distingués (1). L’auteur a traité en maître l’ensemble et les détails : la commodité et l’agrément ; le charme de la décoration, de l’architecture, de la peinture, tout se trouve réuni dans le plus petit espace possible.
Un pavillon de 33 pieds sur 36, forme l’habitation sur la rue ; au fond du jardin , un corps de bâtiment dont le rez-de-chaussée et le premier étage servent d’atelier aux propriétaires ; on y communique à l’un et à l'autre par une galerie couverte en terrasse.