Porche pour descendre à couvert
38. Salle à manger. Le lambris est peint fond brun , le dessin des compartimens est composé d’entrelacs , encadrés par des filets noirs ; la peinture de la salle est bleu de ciel , les filets en blanc , ainsi que les fleurs et les fruits qui ornent les panneaux.
36. Salon. Le fond blanc, les moulures rehaussées d’or; les panneaux représentent des figures aériennes , encadrées d’arabesques et de petits camées représentant divers sujets : les figures peintes par Horace Yernet, Picot, Mauzaisse , Alaux, etc.
4a. Le boudoir. Son pavé est en marbre blanc, incrusté d’ornemens et de figures chimériques. La voûte d’arête, les comparlimens et les quatre demi-cercles sont décorés d’arabesques et de figures en couleur (2).
6. Galerie de communication : les entre-colonnemens , qui sont au nombre de neuf, restent ouverts dans la belle saison et sont vitrés pendant l’hiver. Comme on le voit dans la coupe suivant B A , les panneaux sont peints fond jaune , les encadremens en rouge , et les oiseaux peints en couleur, par Adam. Des statues, des bas-reliefs, des candélabres et des vases décorent ce passage, qui est garni de chaque côté de jolies jardinières que l’on entretient de fleurs (2).
45. Cabinet de travail de monsieur , au-dessus l’atelier de madame.
(1) M. Haudebourg, comme architecte , a fait de fort jolies choses et avec beaucoup de goût. Il a publié un ouvrage très-remarquable, et qui lui fait honneur, le Palais Massimi.
Madame Haudebourg a , par ses productions gracieuses et originales, acquis une réputation méritée. Elle est aussi connue avantageusement sous le nom de mademoiselle Lescot.
(2) On en donnera des détails dans le Supplément de la serrurerie et de la menuiserie.
Maison boulevard Saint-Denis , par M. Alexandre Dubois , architecte.
Cette belle et grande maison a été commencée au mois de mars 1827, et terminée à la fin de 1828. Sa destination est celle d’une maison à loyers, à partir du premier étage. Le plan du rez-de-chaussée est distribué en boutiques, destinées à divers marchands. Un passage P, communique à la rue Sainte-Apolline. A droite et à gauche de la porte d’entrée, côté de la cour, est une fontaine : l’une d’elles est dessinée fig. 3, et cotée 58 sur le plan (pl. 26). Les numéros x et 2 indiquent les deux entrées du bâtiment ; l’une et l’autre sont fermées par une grille que l’on voit (pl. 28) (1). Le plan du premier étage donne une idée des étages supérieurs ; la distribution offre peu de différence.
Fig. 1. Elle donne l’ensemble de la façade sur le boulevard , à l’échelle du plan (2).
Fig. 2. Vestibule et escalier ; à gauche, en face de la loge du portier, la grille est enlevée : elle est la même que celle de la porte cochère, fig. 1 (pl. 28.).
Fig. 3. Fontaine. Le socle en granit, les ornemens en bronze, le fond en marbre jaune, et l’encadrement en marbre rouge.
Fig. 4- Coupe de la porte cochère et du passage.
Planches 28 et 29. Fig. i. Élévation en grand de la maison : elle fait voir la décoration de la grille, d’une boutique et des balcons ; elle donne toutes les cotes des ouvertures et la hauteur des corniches.
Fig. 2. Elle indique les profils et la hauteur des étages , le profil du balcon et d’un des chardons qui sépare chaque logement.
Fig. 3. Coupe de la corniche , pour faire voir les moulures qui ne seraient pas distinctes sur la figure suivante.
Fig. 4- Elévation de la corniche avec ses moulures ornées.
Fig. 5. Plinthe du premier étage.
Fig. 6. Plinthe du deuxième étage.
Fig. 7 et 8. Corniche, consoles et chambranles des fenêtres du premier étage.
Fig. 9. Profil du balcon avec ses modifions formant consoles.
PLANCHES 30 ET Si.
Maison n° 48 , rue Neuvc-des-Petits-Champs , par M. Mangot, architecte.
Cette maison est divisée au rez-de-chaussée par des boutiques et arrière-boutiques ; les autres étages sont distribués en petits appartemens et logemenspour des familles. La façade est décorée de deux ordres de pilastres (3) , dorique et ionique , lesquels reposent sur des pieds droits qui divisent les cinq ouvcrtui-es rectangulaires , dont quatre font boutiques, et celle du milieu donne cnLréc au passage qui a reçu le nom de Galerie de l'Opéra - Comique. La fermeture des boutiques est en cuivre , elle est trèsélégante; une seule a été indiquée sur la façade. La galerie est ornée d’un ordre corinthien. L’entablement est décoré; il est
(1) Les ornemens de la grille placée en avant sont d'une grande beauté, tant pour la composition que pour l’exécution. On en trouvera les détails en grand , ainsi que les balcons et la menuiserie des boutiques , dans le Supplément de la menuiserie et de la serrurerie.
(2) Observation. Dans cette maison d’une grande étendue , il n’y a peut-être pas assez, de variation ; on aimerait à voir quelque division verticale pour y marquer un milieu , une entrée , soit en avant ou en arrière-corps , non pas un avant-corps prononcé , mais dessiné par des joints ou des pilastres avec peu de saillie. Ce n’est pas qu’il y ait absence de détails ; car les arcades et les fenêtres sont richement décorées , et chaque étage se trouve divisé par une plinthe , un riche balcon , et terminé par une belle corniche. (Dans le volume suivant , je donnerai des exemples à l’appui de mes observations. )
(5) Les pilastres n’ont pas de diminution, ce qui les rend lourds : dans l’exécution comme dans le dessin, ils ont l’apparence d’être plus larges en haut qu’en bas.
terminé par des enroulemens et des palmeltes formant antefixes, places devant un chéneau qui règne tout autour de la cour, comme on peut le voir dans la coupe A B. Entre les colonnes sont les boutiques , dont la fermeture est la même que celle dessinee sur la façade. La coupe suivant C D , indique la naissance de la galerie et la décoration de la cour. La coupe suivant A B, indique la largeur de la galerie et de la cour, et la hauteur des appartemens.
Corps-dc-Garde.
C est un batiment peu spacieux , destiné à recevoir quelques militaires désignés pour veiller à la sûreté publique. Les corpsde-garde sont souvent attenans à de grands édifices ou à des bâtimens d’habitation ; quelquefois ils sont isolés soit sur des promenades ou des places publiques, des quais, etc. C’est de ces derniers que nous allons donner des exemples.
La distribution de ces petits bâtimens n’offre souvent qu’une seule pièce à rez-de-chaussée. On y pratique ordinairement en dehors un avant-corps à jour, formant porche ou péristyle, pouxpouvoir monter la garde à couvert (1). Il est de convenance de placer dans la distribution du plan trois à quatre pièces; l’une d elles doit être une salle assez grande pour contenir de 5 à s5 hommes (2). Lorsque le corps-de-garde doit recevoir plus de 12 hommes, on doit y disposer une chambre d’officier, une pièce servant de prison , que l’on nomme Violon, et des latrines: ces dernières doivent se trouver dans tous les corps-de-garde, quelle qu’en soit la grandeur. La forme en est très-variée ainsi que la construction; les localités seules peuvent en donner les motifs, et le pays l’emploi des matériaux. Exemple :
Planche 32. Corps-de-garde exécuté a Versailles en 1828. La forme de son plan a été déterminée par sa situation : placé à l’angle aigu d’un boulevard, il est isolé et produit un bon effet. Le porche en eut produit davantage et aurait été plus utile s’il avait été composé de quatre colonnes occupant toute la longueur de la face. Son plan, quoique grand dans sa distribution, n’offre pas autant d’avantage que ceux placés au-dessus, puisqu’il n’a qu’une seule pièce. Le corps-de-garde de la place Maubert , par exemple , offre tout ce qu’on peut désirer dans un petit espace. La hauteur intérieure du corps-de-garde, au fond seulement, est divisée en deux parties ; le bas est distribué ainsi : en entrant, le corps-de-garde; au fond une chambre d’officier ou de sous-officier, une prison et un cachot; derrière sont les latrines : au-dessus, une soupente, un lit-de-camp en occupe la largeur. La rampe de l’escalier se prolonge dans toute la largeur; elle seule ferme l’entrée et sert de garde-fou à la soupente.
Le corps-de-garde du canal Saint-Martin, quoique petit, remplit bien les conditions. Une tente , détaillée fig. 1, et dont AB représente une ferme, donne un peu d’abri à toute la façade du côté de la porte d’entrée : les avantages de la tente sont de ne pas gêner le bas, et de laisser libre le trottoir. Les pilastres formant antes sont trop maigres : je suis loin de les donner pour exemple. J’ai placé ces trois corps-de-garde, pour que l’on puisse juger de l’effet comme architecture et comme convenance , en raison de l’importance de la situation du lieu et de la dépense qu’on aurait à faire.
(■) Indépendamment du porche, il faut toujours une guérite isolée. Pour la forme et les dimensions de celle nouvellement exécutée pour le château des Tuileries , voir le Supplément de la menuiserie et de la serrurerie.
(2) Elle doit contenir un mobilier composé d’un lit de camp (a) , d’une table, de bancs , et d’un poêle ; le tout proportionné au nombre d’hommes qui doivent, y monter la garde , et à la grandeur du local.
(a) Voir le Supplément de In menuiserie pour les dimensions cl la forme.
Planche 33. Suite des corps-de-garde. — Les deux premiers sont isole's : ils offrent pour la distribution du plan les mêmes avantages que ceux de la planche 32 : la disposition et le caractère en sont convenables ; les corps-de-garde du boulevard lîondy et de la rue Saint- Antoine sont les mêmes, siuf que celui de la rue Saint-Antoine est élevé de quatre marches, et que celui du boulevard Bondy n’en a qu’une. La gravure en fait voir la façade du côté du péristyle, et la vue latérale. Les deux autres sont engagés de deux côtés. La façade principale du corps-degarde des sapeurs-pompiers est percée de trois ouvertures : celle du milieu, qui forme le porche , donne entrée a couvert au corpsde-garde. Au fond, sur la porte du milieu, des inscriptions indiquent la destination , savoir , celle en demi-cercle : Secours contre l’incendie ; sur la plate-bande : Sapeurs-Pompiers. Le buste du roi est au milieu du demi-cercle ; il est porté par une console. A droite et à gauche , une porte surmontée d’un panneau portant inscription, d’une part: Corps-de-garde; et de l’autre: Commandant du poste.
Fig. i. Détails de la corniche et des refends d’un pilastre du corps-de-garde des sapeurs-pompiers.
Fig. 2. Coupe du porche avec ses profils.
Corps-de-Gardc sur le Petit-Pont. Sa porte d’entrée est sur le trottoir ; son profil indique la saillie de son entablement ainsi que la saillie du trottoir. Au-dessus de la porte, un bas-relief composé d’armes portatives et d’une partie de l’équipement militaire: le tout mêlé de lauriers et surmonté d’une couronne de chêne et de laurier ayant au centre une couronne murale.
Maisons étroites.
N° 177 , rue Saint-Honoré. Dans cette façade, on voit distinctement deux maisons. Il y a de l’harmonie dans chacune de ces deux parties du bâtiment, mais d’un genre différent; l’une et l’autre sont bien , mais il faut les prendre séparément : le rez-dechaussée et le premier étage sont fermés par des glaces, tandis que les étages supérieurs ont l’apparence d’une masse solide , comme on peut le voir par les deux plans placés au-dessous de la façade ; les joints d’appareil et les bossages d’angle surtout leur donnent un caractère de lourdeur, ce qui ne serait pas si la façade était lisse.
N° g3 , même rue. Une autre maison , un peu plus large. Sa boutique est garnie de panneaux et de montans qui semblent en remplir le vide , mais ne lui donnent pas plus de solidité. Il y a beaucoup d'architecture au-dessus ; la décoration n’a rien de lourd , malgré les trumeaux assez larges en apparence. Les pilastres donnent à cette construction un air de légèreté ; et l’absence des joints tracés surla façade précédente contribue beaucoup à son élégissement. Dans cette maison comme dans la précédente, si on couvre la partie servant de boutique , on trouvera plus d’ensemble dans ce qui est proprement bâtiment d’habitation.
N° 6g, rue de la Harpe. Cette petite façade n’offre pas de division comme les deux précédentes. Il y a unité dans la décoration et harmonie dans tousles étages : l’auteur a pris cependant plusieurs genres d’ornemens pour sadécoration, etil serait difficile de mieux ajuster la boutique et les étages supérieurs. La peinture y joue un grand rôle (1) ; l’architecture et les ornemens ne sont que des pla-
(1) L’auteur avait à restaurer une maison étroite ; elle n’avait qu’une seule ouverture, placée sur le côté ; il a symétrisé la façade en la décorant d’ouvertures feintes. On voit que les ornemens sont d’un heureux choix, et qu’il faut du talent pour faire une chose aussi originale. Sans recommander de multiplier ce genre de décoration , je regrette de ne pas donner en grand les détails de ces ornemens, qui ont dû coûter beaucoup d’étude à leur auteur.
cards sur le fonds de l’ancienne construction , cl on pourrait les considérer comme une décoration de menuiserie et de peinture.
N° g, rue de Grenclle-Sainl-Honoré. Cette petite façade diffère des trois autres en ce qu’ello est presque toute à jour ; on doit lui donner le nom de maison vitrée. On trouvera que ces maisons prises isolément ne sont pas d’un bon effet; mais comme elles sont toutes engagées , et que les maisons qui les accolent sont presque toujours lisses et privées d’ornement, celles-ci, fraîchement décorées et entretenues par les peintures, ont un aspect assez agréable. Dans cette maison comme dans les précédentes, si on retranche le rez-de-chaussée et le premier étage ainsi que les mansardes , le troisième et le quatrième étage offriront une jolie décoration pour faire un petit pavillon dans un jardin, où il donnerait de la gaîté et un aspect agréable. Quelques détails sont indiqués par les figures suivantes.
Fig. 1. Entablement et pilastres du 4° étage.
Fig. 2. Corniche architravée du 2° et du 3° étage.
Fig. 3. Entablement et pilastre du i" étage et du balcon au-des-
Monument expiatoire , par M. Fontaine , architecte.
Les monumens funéraires sont , de tous les édifices , ceux qui offrent le plus de variété dans leurs masses, dans leurs détails et dans leurs attributs. Les anciens nous ont laissé des sépultures delà plus grande magnificence, élevées pour perpétuer le souvenir et la gloire de leurs souverains. Le génie des architectes anciens s’est élevé à la plus haute gloire sous le rapport de l’architecture et de l’invention dans les monumens suivans : les pyramides , les obélisques et les tombeaux égyptiens , les tombeaux de Persépolis , ceux des Indiens , tous dans des genres diffc'rens. A Rome, les monumens somptueux d’Adrien , de Trajan , de Septime-Sévère, etc., entourés de cinq à six rangs de colonnes qui s’élèvent en pyramides dans les airs, (ils n’existent plus qu’en ruines) seront toujours de beaux modèles à suivre. Le monument dont nous donnons les dessins ne doit pas entrer en parallèle avéc les monumens des anciens ; il est unique dans son genre , et l’auteur a tout créé et approprié à son sujet. Ici c’est une chapelle sépulcrale élevée à la mémoire d’un roi et d’une reine martyrs. L’édifice a été élevé sur l’emplacement du cimetière de la Madeleine où le roi et la reine avaient été déposés après leur mort. Ce monument est un des plus beaux de ce genre: il offre dans sa masse et dans ses détails des beautés qui le rendent original ; son caractère unique fait le plus grand honneur à son auteur, qui a été aidé dans ce travail par M. Lebas , architecte , qui en était l’inspecteur.
Fig. 1. Plan du monument pris au niveau du pavé de la chapelle.
Ce monument est isolé par des allées sur les côtés, une place et une avenue en avant; le pourtour est planté de cyprès. On arrive au monument par trois issues , sur la façade par la rue de l’Arcade , sur le côté par la rue de la Madeleine , et derrière par la rue d’Anjou.
Le plan de la chapelle est carré; trois de ses faces sont ornées de niches ; celle qui est vis-à-vis la porte d’entrée reçoit l’autel ; à gauche est la statue du roi , à droite celle de la reine (1): derrière sont des escaliers qui descendent, à droite à la sacristie, et à gauche dans le vestiaire. Les escaliers se communiquent en-dessous et conduisent a la crypte; en face de l’autel, le porche et le péristyle
(0 Sur la face de chaque piédestal, une table de marbre noir sur laquelle sont gravés en lettres d’or les testainens du roi et de la reine.
en avant. Dans l’enceinte, on a conservé la terre de l’ancien cimetière, où les victimes ont reposé, et le gazon marqué MM pousse par-dessus. Des lignes ponctuées indiquent la conduite des eaux provenant des différentes toitures qui sont toutes en dalles de pierre. La vue perspective fait voir l’ensemble de tout le monument. Au-dessus de la porte d’entrée on lit cette inscription dédicatoire:
LE ROI LOUIS XVIII A ÉLEVÉ CE MONUMENT POUR CONSACRER LE LIEU OU LES DÉPOUILLES MORTELLES DU ROI LOUIS XVI ET DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE, TRANSFÉRÉES LE XXI JANVIER MDCCCXV DANS LA SÉPULTURE ROYALE DE SAINT-DENIS,