‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienne (volume 2)Chapitre 23 sur 80 · DE L^ORNEMENT DES · texte numérisé non relu

DE L^ORNEMENT DES

■tt dMonrité inaq^portable de Umdittt de près ToCrcfio.

VIL Qoe sert à votre salut ce »ia fatigant

qÊt \ OM prcon fomer ¥otiY léie ? Quoi, vous

■e aviez laÏMcr ms chevcoi CD repos ! Tantôt

vms les frisez, taoïAt vous les défiriseï ; tantôt

foos les rehansez, tantôt ¥dos les ainîssez ;

«Ûondlmi tous les treaez, demain toos les

binez flotter avec nne n^igcoce affectée; et

c(adi|nefiBb TOBS vous chargez d*on tas énorme

de dieven cmpmniés, qne vous accommodez

tantôt en fiomie de bonnet ponr y emprisonner

KMre tète, tantôt en forme de pyrainide pour

■OQticr votre con à découvert. Quelle prodi-

ipease bizarrerie de vouloir contrarier le com-

nandement après do Seigneur! Personne, dit

Jte-Christ,iie peut rien ajouter à sa taille ^

Et TOUS j voulez ajouter quelque chose, en

aecamulant sur votre tète des tcuffes de che-

Tcsi chaînés d^omemcns, comme le milieu

tm bondier. Si vous ne rotigissez pas du

foids de ce fardeau , rougissez du moins de

I «NI indignité. Me mettez pas sur une tèie sanc-

I liSée par le baptême les dépouilles de quelque

f aûsérable mon dans ses débauches, ou de

I quelque scélérat condamné à expirer sur Té-

' diaCiud. Une tète libre doit bannir la servitude

de tontes ces gênantes parures. En vain vous

cherchez à paraître magnifiquement ornées;

en vain vous employez les gens les plus habiles

dans Tart d'accommoder les cheveui : Dieu

Veut que vous soyez voilées. Pourquoi? sans

doute afin qu'on ne voie pas la télé de certaines

femmes^.

Plût à Dieu qu'au grand jour du triomphe des chrétiens il me fût permis, tout misérable que je suis, d'élever ma tèie jusqu'à votre fière hauteur, pour apercevoir si vous ressusciterez avec votre fard, avec voire vermillon, avec vos parfums, avec vos superbes chevelures, et si les anges vous présenleronl à Jésus- Christ avec ces parures mondaines et ces embdlissemens fastueui ! Il e^t hors de doute que si Dieu ne désapprouve pas aujourd'hui ce luxe, vous le retrouverez au jour du jugement dernier, et que vos corps brilleront de l'éclat des mêmes omemens dont vous faites gloire de les parer en ce monde. Mais le corps et Tàme

» MsMh., 6. — • I. Cor., 11.

ressosdteront alors dépouillés de tonte pamre étrangère. Ce qui assurément ne resMiscitera pas avec Tàme et avec le corps doit être réprouvé, parce quil ne vient point de Dieo. Rejetez donc dès maintenant ce qoe vous serez alors contramtes d'abhorrer : que le Seigneur votis voie aiyourd*hui telles qull votis verra en ce dernier jour.

VIIL II est aisé à un homme , me direz^vonsi et surtout à un homme peu complaisant pour le sexe, de condamner dans les f^mes ce qui peut les rendre agréables. Mais quoi! est-ce que je ne désapprouve pas aussi dans notre sexe certaines vanités peu conformes à la gravite de la religion? car les hommes n'ont pas moins de passion de plaire aux femmes que les femmes en ont de plah*e aux hommes. (Test dans les uns et dans les autres un vice que la nature leur a donné. Ainsi les hommes ont aussi leurs industries pour embellir leur personne par des beauiés étudiées. Us aiment à se faire raser, à arracher les poils de la barbe; à friser, à agencer industrieusement leurs cheveux ; à cacher les marques de leur vieillesse et le désagrément de leurs cheveux blancs ; à donner à leur corps un air de jeunesse; à se larder même comme les femmes; à polir délicatement leur peau avec une poudre singulière; à consulter incessamment leur miroir, quelque appréhension qu'ils aient de le trouver trop fidèle : comme si la connaissance du vrai Dieu, qui nous interdit tout désir de plaire, en nous interdisant loule impureté, ne suffisait pas pour nous faire rejeter ces choses comme inutiles et contraires à la pudeur ; car où Dieu réside, là se trouve aussi la pudeur avec cette sainte gravité qui l'accompagne. Comment donc ferons-nous triompher la pureté sans ses armes, c'esl-à-dtre sans la modestie et la gravité? Mais aussi comment ferons-nous .servir cède gravilé à la pudeur, s'il ne se répand une honnête sévérité sur noire visage, sur nos habits, et sur toute notre personne?

IX. Ainsi devez- vous, par rapport même à votre habillement et à l'embarras de parures dont vous vous chargez , couper, retrancher, bannir ce luxe immodéré qui vous est superflu ; car que servira-t-il qu'on admire sur voire visage les marques d*un chrétien pieux . humble, simple, modeste, conformément aux re-

TERTDLLIEN.

glM de rËvangtle , si vous étalez sur le reste Ae votre eitérieur un Aste vairt et une mollesse indécente? Il est aisé de comprendre combien ce luxe est contraire à la pureté chrétienne, et fraie le chemin aux plus ^nds désordres. Comment cela? En prostituant, pour ainsi dire, les grâces de la beauté par la mollesse des habits. Ce qui est si vrai que sans le secours de ce luxe on refjarde un visage bien h\i comme une beauté peu touchante, désagréable, dépourvue de ses charmes; comme une beauté t|oi a fait divorce avec les grâces. Au contraire ai la beauté naturelle manque, on emploie le blanc et le rouge avec les autres secours de la Vanité pour y suppléer. EnAn on voit que les peiMnnes mêmes qui sont parvenues â un âge de tranquillité, et qui sont entrées dans le port de la modestie, sont encore souvent émues |Mir la splendeur et la magniflcence des ornemens, et troublées par les désirs violens qu*altume Tédat des habits , malgré la froideur de leur âge.

hejetez donc, fidèles servantes de Jésus* Christ, rejetez courageusement ces embellissemcns et ces parures, comme vous fiiiriez ces hommes inMmes qui font métier de vendre la pureté dès vierges. Ou si vous êtes obligées d*a^oir égard à votre naissance, à votre qualité, â votre dignité, paraissez avecune magnificence si modeste qu'elle ne fasse aucun tort â la véritable sagesse que vous avez aqnise par l*Evangile. Du moins prenez garde que le prétexte de la nécessité ne vous Aisse point fhinchir les l)omes que la religion vous prescrit. Car comment pourrions -nous pratiquer rhumilité, dont nous Âiisons profession, si nous ne corrigeons cet usage immodéré des richesses et des orne^ mens qui ne servent qu'A entretenir la vaine gloire? Or cette gloire ne nous convient point.

Ne nous est-il pas permis , me direz-vous , de nous servir de ce qui est notre bien ? Le voici : c'est l*ap6tre qui nous avertit d'user de ce monde comme si nous n'en usions pas. • Car , dit-il , la figure de ce monde passe ^ » Et au même endroit, «que ceux qui font des acquisitions soient comme s'ils ne possédoient rien. » Pourquoi cela P « parce que le temps est court V» Si l'apôtre ordonne aux maris de re^

« Cor., 7. - • IMd.

garder même leurs femmes comme slb n^tà ^ avoient point, â cause de la brièveté do tempi^ ^ que faut-il penser de ces vains ornemetia doQC^ nous parlons P C'est par le même mollf 4M plusieurs personnes s'obligent de garder ûak virginité perpétuelle, et que pour aequérif le royaume des deux , ils se privent d*un ptMÊ dont l'usage pourrait leur être permis. Qùtt ques autres s'interdisent l'usage de ce que DièÉ lui-même a créé pour la nécessité , en s*alMM< liant devin et de viande, quoique cet nsâgeBC puisse causer ni |)éril ni remords; mab II sont bien aises d'assujettir et d'immoler âme au Seigneur par cette mortiflcatioii di corps.

Jusqu'id vous avez assez usé de vos fkbtmtt et de vos agrémens : vous avez assez recueOI le fruit de vos qualités naturelles. Il est tefii|ià' de suivre des maximes plus salutaires. Nov sommes ce peuple chéri que Dieu a fait naître I la fin des siècles. H nous a destinés de toM

éternité pour juger sainement de la valeiif di temps, afin que, instruits par ses divines leQOtl^ nous retranchions toutes les miperflallÀ di siècle ^ Nous sommes spirituellement droondl â l'égard de toutes choses , soit par rapport ft l'esprit, soit par rapport au corps ; car danaPUÉ et dans l'autre nous bisons profession de téM^ mer les maximes du monde.

X. Au reste, croyez-vous que ce soit Diai itil ait enseigné l'art de feindre les laines alMt le suc de certaines plantes et avec l'htiilo de certains poissons ? Peut-être oublia*t-ll ad cmb^ mencement du monde de faire naître des Mt^ bis rouges ou bleues : c'est pour cela apparemment qu'il a découvert ensuite le secfet éb colorer les éiofFès, afin que, se trouvant trop minces et trop légères elles-mêmes, leaenl prit en augmentât le poids. C'est apparemment Dtoi qui a produit ces ouvrages d*or où brillent titt de pierres précieuses ; c'est lui qui a pereé te bas de vos oreilles , pour y attacher des peHci magnifiques. Il a jugé si nécessaire de tou^ menter son propre ouvrage , et de Aitigner dei enfans malcontens de leur pretnier sort, qoe 40s cicatrices faites sur une chair née pour le travail on vit pendre je ne sais quels gntai dont les Parthes, peuples bart>ares se coMrent

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