‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienne (volume 2)Chapitre 24 sur 80 · DE L'ORNEMENT DES FEMMES · texte numérisé non relu

DE L'ORNEMENT DES FEMMES

! cniièff laeofc le corp* en forme de colppendaot ce même m^qmnociseDChâiite loyé pir certaine peuples à fiiire des eldei ffleflottfs,comme noa» rapprenons i historiens. Tant il est vrai qu*on es^- I ctaoieSf noo parce qa*elles sont bonnes mate parce qu'elles sont rares.

IcQra , qui en a Mlla découverte P Ce < «Htes rebelles qui ont Ait connaît reaui Et cri productions terrestres. Ensuite le ei nndusirie, joint à leur rareté , les ont

I beaucoup plus précieuse par la folle de satisfoire le lote des fommes. Néanaflon le témoignage d'Enoch , Dieu a iné i des ténèbres étemelles les mauvais pour avoir montré ces matières dan{^je veoi dire Tor, l'argent , avec les es qu*on en Mit 4 et pour avoir enseigné

t*art de colorer le viMge et les étoffés Ml a'babilie. Comment plairons-nous à i nous aimons les outrages de ceui que ce i été obligée de punir éternellement? supposons que Dieu ait donné toutes ces el qu'il les ait permises ^ ; supposons que Mtt Isafe n'ait jamais déclamé contre es d^écariate ; qu'il n'ait jamais réprouvé ues d'or ; qu'il n'ait rien dit contre tant

II vains omemens. Ne devons^nous pas stinguer toujours des gentils , et ne pas révaloir de ce^qu'ils ont de précieuî?

ion»-noos que nous n'avons d'autre mat- I le véritable Dieu qui nous a instruits, est jaloux que ses divins enseignemens it point violés. Persuadons^nous^ comme radent et plus sûr de le f^ire , que dès le ncement du monde ce divin ouvrier I sagement â tout , ei qu'il disposa telles métaux et tes minéraux qu'ils serd'épreuve a la vertu dé ses fidèles

M , afin que la liberté qu'ils auroient er augmentât leur mérite par le soin priver. Ne voitnon pas quelquefois qu'un M de Amille eipose à dessein certains s pour éprouver la fidélité de ses doles? Heureui s'ils donnent des marques ' probité ei de leur modération I Mais n plus louable est le serviteur qui s'abantièrement de ce qui lui est offert, et

qui craint même la trop grande indulgence du maître? Tel est le sentiment de Tapôtre : uToot m'est permis , dit-il ^ mais tout n'édifie pas ^ » Combien apprébendera-t-<>n d user des choses qui sont défendues , quand on se sera accôu* tumé à craindre Celles qui sont permises P

XI. Mais enfin quelle raison avea-tous de paraître si pompeusement ornées , puisque vous êtes séparées de ces autres femmes qui n^ont besoin de cet attirail que pour des motift qui ne vous touchent point ? Vous ne visites {mis les temples des gentils ; vous n'assistez pas à leurs spectacles ; vous ne célébrée pas les fêtes des dieux. Cependant voilà les sujets ordinaires pourquoi Ton étale cette prodigieuse pompe d'babits! c'est pour se trouver aux assemblées; c'est pour voir et pour être vues ; c*est pour foire parade d'une vaine gloire; c'est pour eiposer en vente la podidté. Mais pour voué, fidèles senrantes du Seigneur , vous n'avea qoe des motifs salutaires pour sortir de chex vOué ; il s'agit alors ou de visiter les malades^ ou d*assisier au saint sacrifice , ou d'entendre la parole de Dieu. Or toutes ces choses sont des exercices de retenue et de modestie. Il n>r font ni habits extraordinaires, ni tt>bes magnifiques ou tratnantes. Que si la bienséance, l'amitié ou le devoir vous obligent de rendre visite aux dames païennes , pourquoi ne paraisèeivous pas munies de vos armes , d'autant plus que vous voulez suivre les chemins de la foi? Par 1A vous montrerez la difFérence essentielle entre les servantes de Dieu et les servantes du diable. Vous leur servirez d'exemple ; vous les édifierez. Enfin, comme parle ra|)ôire , Dieu sera a glorifié en votre corps*: «car s'il est glorifié psr la pureté, il Test aussi par des habits et des manières honnêtes.

Je saisce qu'objectent qnelqnesMines de vous. Nous appréhendons, disent-elles, que le nom de Dieu ne soit blasphémé , si l'on nous voit renoncer A nos anciennes parures. Par cette règle, il fout que nous ne renoncions point aussi A nos anciens vices. Il faut que nous gardions les mêmes mœurs, puisque nous voulons garder les mêmes dehors : et alors les nations ne blasphémeront point le nom de Dieu. Votlà certes un grand blasphème , quand on dira de

« I.Cor., 10.— «Philip, 1.

TERTULLIEN

quelqu'une de vous : ceUe femme paraît plus modeste depuis quXle est devenue chrétienne ! Quoi ! devez-vous craindre de passer pour plus pauvres depuis que vous êtes devenues plus riches, ou de paraître plus négligées depuis que vous éles devenues plus estimables P Un dirétien doit-il suivre les maximes des gentils , ou les maximes de Dieu ?

XII. Ah ! plutôt craignons que nous ne donnions de Tautre côté un plus juste sujet de blasphème ; car quoi de plus scandaleux que de voir des femmes chrétiennes, qui portent le titre de sacrées gardiennes de la pureté , paraître ornées et embellies comme des courtisanes P Quelle différence alors se trouve-t-il entre vous et ces malheureuses viclimes de rimpureté ? La sévérité des lois les sépara autrefois des matrones, et leur défendait les orncmens des personnes de qualité; on voit aujourd'hui la licence du siècle , qui dévient tous les jours plus insolente , égaler ces misérables aux plus illustres dames, sans pouvoir distinguer IfS unes d'avec les autres. Aussi rÉcriiure sainte nous donne à entendre que les parures et le fard du visage marquent la prostitution du corps. Le Seigneur ayant appelé du nom de prosiiiuée cette superbe cité, située sur sept collines,sur une grande étendue d'eaux, quel habit lui a-l-il donné conforme à ce nomP «Elle est vêtue de pourpre et d'écarlale, toute brillante d'or et de pierreries ^ d Ornemens maudits, sans quoi elle ne serait pas représentée comme une prostituée et une abominable *. Judas ayant aperçu Thamar assise sur le grand chemin avec un ornement et une parure extraordinaire , s'imagina d'abord, malgré le voile sous lequel elle cachait son visage, qu'elle était là pour exercer un traBc peu honnête : à la qualité de l'habit il reconnut à quel exercice elle était disposée à s'occuper. L'expérience lui apprit bientôt qu'il ne se trompait pas. Ce qui nous montre que nous devons travailler avec un soin particulier à ne donner dans notre extérieur aucune mauvaise opinion de notre vertu. Car que sert Tintégrité de l'àme si elle est violée et corrompue par les soupçons d'aulriii? Pourquoi donné-je sujet aux autres de désirer criminellement ce que je déteste en moi-nième?

• Apoc., 17. - • GCD., 18.

Pourquoi mes habits ne rendent-ils pas t gnage de mes mœurs, afin d'ôter à Timpu tout prétexte de souiller une âme. Il est | de paraître chaste, et il est défendu de ps impudique.

Xin. Quelqu'une de vous me dira peut peu m'importe d'avoir l'approbation des mes , leur témoignage m'inquiète peu ; seul est l'inspecteur de mon cœur ; lui seii être mon juge. Supposons que cela .M>it souvenons-nous en même temps de ce q l'apôtre : «Que votre retenue paraisse aui de tous les hommes ^ » Pourquoi P N'est-i afin que la malignité ne trouve rien à i dans notre conduite , et que notre bon ex< serve comme de reproche eux mécbans i est encore le sens de ces paroles : « Qi actions luisent devant les hommes 2p»Poi Jésus- Christ nous appelle- t-il la lumiè monde P pourquoi nous compare-t-il à ui bâtie sur une montagne P si ce n'est afi nous éclairions les hommes de ténèbres, nous nous élevions au-dessus des gens pi dans le vice. En effet , si vous cachez la lu sous le boisseau, on sera eu droit de vous ser d'une coupable négligence , puisqu étouffez cette lumière.

Ce qui nous fait devenir les flambeai monde, ce sont nos bonnes œuvres. Or a vres, quand elles sont pleines et vérit n'aiment point les ténèbres : elles veul montrer, et il convient qu'on lesconna qu'on les voie. Ce n'est donc pas assez p( chrétien d'être chaste: il faut encore le pai Cette pureié doit être si abondante, pour primer de la sorte, que du cœur elle se H sur les habits, et que de l'intérieur elle lisse sur la personne. Elle défendra aina térieur de la place par des fortificatîu dehors , et conservera plus sûrement la i qu'elle doit à Dieu ; car enfin il faut absol renoncer à cette molle délicatesse y d douceur ne peut qu'énerver la vertu h généreuse.

Je ne sais, au reste, si des mains accool aux bracelets pourront soutenir la pes des chaînes. Je doute si des jambes tant

« Philip., 4.

• Matlh., 5. - • Ibid.

CONTRE LES SPECTACLES

de handdcUcs de soie poorroat sop-

U diMlcar deseoiravfs. Je crains qo'uoe

eoa^rerte d^teerandes et de diamans ne

ms le glaire dont nous sommes

à tooie beore. Cest pourquoi , Bdèles

de Jesos-Christ, aGoooiomons-DOiis

ks pitts pénibles, et noos ne Ifs

pas Ans roccasioo. Renonçons aoi

et aoi agrémena, et noos ne les regret-

paa «B jour. Tenons-nous coniinuelle-

pvte à aouHrir les plus rudes coups ;

que nous ayons de la peine à quit-

TooB les biens de ce monde sont autant de

qm anèlent Tessor de notre espérance.

loos ces omemens de la terre si nous

briller dans le dd.

Gardei-voos d^aimer cet or funeste où sont

pour ainsi dire, les premiers crimes du

tftanel K Vous devez haïr ce qui perdit

CD leor faisant abandonner Dieu pour

adorer FouTrage dé leurs propres mains. D'ailleurs le temps des chrétiens est toujours, et principalement aujourd'hui , un siècle de fier, et non un siècle d*or.On nous prépare les éloles du martyre : les anges semblent déjà nous les présenter. Paraissez doue, à la bonne heure, parées des omemens et des grâces des apôtres. Que la simplicité et la pudeur fassent seules tos agrémens. Peignez vos yeux d*une humble modestie qui parte d'un intérieur bien réglé. Attachez la parole de Dieu à vos oreilles, et le joug de Jésus-Christ à votre cou. Soumettezvous à vos maris, et vous voilà assez parées. Occupez vos mains à filer, et retenez vos pieds dans Tenceinte de vos maisons : vous les rendrez ainsi plus ornés que s'ils étaient couverts d'or. Choisissez pour vos plus riches atours la joie de la sagesse, la sainteté, la pureté. Ornées et embellies de la sorte , vous aurez Dieu pour votre fidèle et éternel amant.

■tm

H% >»l»a<»»)»»»%»l>»»»»» Wl>»%«»»%»>»%»^W»»»»»»%>%l^^<^W»%%«»i%%«»>»%l^^^»»»»%'»«%«»^«»»%%**^^*<»»*»%%%%*^^***^^^^*^W^W**^

TRAITE CONTRE LES SPECTACLES

L FidHes serviteurs de Jésus-Christ , vous , Olécbomèaes, qui désirez d'être bientôt unis liai par le baptême, et vous, chrétiens, qui rirez déjà confessé en participant à ses myslires , apprenez par les règles de la foi , par les principes de la vérité et par les lois de la discipline, Tobligation où vous êtes de renoncer au plaisir des spectacles , de même qu'aux folies éo siècle. Instruisez- vous, afin que vous ne péchiez point, les uns par ignorance, les autres par dimmulation; car la force du plaisir est si grande, quelle entraîne dans l'occasion les ignorans, et porte les autres à trahir leur propre conscience : double malheur qui n'arrive qne trop souvent. En effet, il se trouve des gens qui, séduits agréablement par les fausses maximes des païens, raisonnent ainsi : il n'y a, disent-ils, rien d'opposé à la religion dans ce plaisir que Ton donne aux yeux et aux

' Exod.. 32.

oreilles, puisque l'âme n'en souffre aucune atteinte; Dieu n'est point offensé par un divertissement au milieu duquel l'homme conserve toujours la crainte et le respect qu'il doit à son divin maître. Illusion, mes frèi^s, erreur dangereuse, très-contraire à la véritable religion et à la parfaite obéissance que nous devons à Dieu : c'est ce que j ai principalement résolu de vous démontrer.

Il y en a qui pensent qu'un chrétien , c'est-àdire un homme qui doit se tenir toujours prêt à mourir, ne se prive des plaisirs que par poltronnerie. Gomment cela? le voici, dit-on. Gomme les chrétiens sont un peuple lâche et timide, ils cherchent à se fortifier contre les attaques de la mort. Afin de pouvoir plus aisément mépriser la vie, ils rompent insensiblement les liens qui nous y attachent le plus; ils trouvent par conséquent moins d'embarras à la fin de leurs jours , et moins de peine à abandonner une chose qu'ils se sont déjà rendue

TERTOLLIEN.

oonwie ÎQiiUle ; ib meurent ainsi avec moins de re^t. De là celte constance stoîque qu'ils font paraître dans les tourmeosi et qui est plutôt TefFet d'une prévoyance bumaine qu'une véritable soumission aux ordres du ciel. On a vu en effet que ceux d'entre les cbrétiens qui se sont longtemps attachés k ces divertissemens ont témoigné une peine extrême à mourir pour Jésus « Cbrist. Supposons que cela soit, du moins une telle précaution n*a pas été inutile , puisqu'elle a produit cette admirable générosité qui les a élevés au-dessus de toutes les Frayeurs de la mort.

II. Voici encore le frivole prétexte que font valoir une infinité de gens. Dieu, disent-ils , a créé tout ce qui est dans le monde et en a Fait présent aux hommes (nous l'avouons nogs^mémes)» Or toutes les créatures sont bonnes, puisque leur auteur est essentiellement bon. Il faut sans doute mettre dans ce rang tout ce qui sert aux spectacles; par exemple, le cirque , le lion , les forces du corps et les agrémens de la voix. Ainsi l'on ne saurait regarder comme une chose contraire à la volonté de Dieu os qui a été créé par lui-même. Par conséquent les serviteurs de Dieu ne doivent point fuir ce que leur maître ne hait pas. On ne peut donc soutenir que les amphithéâtres soient condamnés par le Seigneur, puisque c'est lui ^oiafait les pierres, le ciment, le marbre, les colonnes. Enfin les jeux et les spectacles ne se passent qu'A la vue do eid, qui est aussi l'ouvrage de Dieu. Ignorance bumaine , oom^ bien fiiis^^tu valoir tes vaines raisons, surtout lorsqu'il s'agit de la perte de quelque plaisir !

On trouv(^n effet mille gens qui s'éloignent de la religion chrétienne plutôt par la crainte d*être privés des divertissemens que par la crainte de perdre la vie ; car quelque insensé que l'on soit, on a néanmoins assez de courage pour ne pas craindre la mort , parce qu'on la regarde comme un tribut dâ A la nature ; mais pour le plaîair, l'attrait est si puisant que les plus sages n*en sont pas moins frappés que les fous, parce que le plaisir fait le plus doux charme de la vie pour les uns et pour les autres.

Personne ne nie (puisqu'on ne peut ignorer ce que la seule lumière naturelle noua bit connaître), peraoone, diS'-je, ne nie que Dieu ne

soit le créateur de toatea dMMS* On de même que toutes les eréatnrca aonc et qu'elles ont été données A rbommt service, Mais quand on ne peut coooillfi que par la lumière naturelle , et non flambeau de la foi ; quand on n^ te que de loin et non de près, on ne te qu'imparfaitement. Ainsi pn ignor# te fi usage qu'il veut que nous fassions dei res; on ignore encore les desseins d# cH i placable et invisible ennemi qui nom à user des présens de Dieu tout yiifrcnnn^ Dieu ne prétend. La raison de cette i, est qu'en ne connaissant Dieu qulm ment on ne saurait distinguer sa votent^ (R l'intention de son adversaire. Il £siut dPliÇ seulement considérer celui qui a I cboses, mais savoir encore comment Timpn est perverti. Par ce moyen on verr» ^ quel est 1 ouvrage et quel u^ge onen^oH H y a une très-grande différence entre ce est corrompu et ce qui est pur et s^, pua qu'il y en a une très-grande entre rauleor et le corrupteur.

Au reste tant de mauvaises cbosM, foe ks païens défendent eux-mêmes rigoureusemeuti ne se font-elles pas par le moyen des créalons que Dieu a produites ? Vous voulez commetnt un homicide, choisissez ou le fer, on te poi* son , ou la magie. Mais le fer H'c8t«4 pti l%svrage de Dieu aussi bien quf les hertaa neuses et les mauvais anges? ûoyif cependant que te Créateur ait produit tures pour faire périr les hoipraea? am n'art-il paspronocé lui-même un arrêtât contre l'bomkide, quand il a dU c c VoM tuerez point?' » De même qu'esi«ef qui a l'or, l'argent, le cuivre, Tivoirt, tehèteit toutes les autres matières dout on se acft fmt fabriquer les idoles ? Qui a formé cm orfiani, si ce n'est celui qui a créé aussi la Urmf ÛÎt pendant leur a-t-il donné Tétrt afin qnte lîa adorAt en sa place? Non certainement , pninpp l'iilolAtrie est le plus grand outrage i|iie Vm paisse foire A Dieu. Nous ne prétendoqa dow pas que ce qui offense Dieu ne vienne potet et Dieu ; mais Tusage qu'on en fait pour faÊkm ser n'est pbitf l'ouvrage de Dieu.

' Ëxod., 20.

Page 1