‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienne (volume 2)Chapitre 39 sur 80 · V. « Mais , dira t-on , c'est mon devoir de foir · texte numérisé non relu

V. « Mais , dira t-on , c'est mon devoir de foir

de crainte que je ne succopibe i la tenUtion , et que je ne me perde en reniât ma religion. « Assurément , ce serait là le meilleur argument pour me faire revenir au milieu des persécuteurs , si j'av2|is déjà pris la fuite* Réponds-moi donc : Es- tu s(lr que tu renieras ta foi , si tu ne fois pas, ou n'en es- tu pas sûr? En être sûr , c'est d^à l'avoir reniée ; prévoir avec certitude que tu renieras, c'est le promettre, et ce sera bien eu vain que tu fuiras une apostasie dont tu es d^à coupable. Si tu n*en es pas sûr, pourquoi ne pas plutôt espérer que tu confesseras ta foi, et que tu seras sauv^ Ne vaut-il pas mieux courir iHirdiment cette chance, que de te perdre immaqquablement par la fuite ? La victoire et la déjaite sont entre nos mains, ou bien elles sont entre celles de Dieu. Si la confession et l'apostasie sont en nous, pourquoi ne pas prévoir et espérer que nous sortirons de la lutte en glorieux confesseurs? Peut-être voudrais-tu bien ne pas renier ta foi , mais en même temps ne pas souffrir pour elle. Mais ne pas confesser hautement , c'est renier. Si tout cela est entre les mains de Dieu, pourquoi ne pas nous en rapporter à lui ? Ce sera reconnaître la puissance de celui qui peut, s'il le veut, ramener ceux qui fuient jusque devaut leurs persécuteurs , et qui peut aussi, si tel est son plaisir, prot^er ceux qui résistent, même au milieu du peuple. Comment peux-tu , en fuyant , prétendre honorer Dieu , qui peut t'arréter et te ramener ? Est-ce pour lui rendre hommage et ne pas le renier que tu désespères de sa puissance ou de sa volonté de te protéger contre la tentation? Pourquoi plutôt ne mets-tn pas en lui ta confiance , et ne disrtu pas : «C'est n:on devoir de résister. Si Dieu le veut , il me protégera. »Oui , nous devons plutôt rester pouf attendre son jugement, que de fuir en nous fiant au nôtre, l^e bienheureux martyr RutiUus avait longtemps erré de pays en pays pour foir la persécution. Il avait même cru écarter le danger en payant de grandes sommes d'argent. Mais au milieu de sa fausse sécurité , il fut saisi et traîné devant le préteur qui le fit tourmenter (Dieu le permit sans doute pour le punir de sa fuite); ensuite il fut brûlé vif, de sorte qu'enfin il dut à la miséricorde divine ce martyre qu'il avait follement voulu éviter. Dieu n'a-st-il pas voulu par cet exemple nous apprendre que toute fuite est inutile, et ne peut prévaloir contre sa volonté?

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' « VI. Mais n'est-ce pas en fuyant que Ton peut obéir au précepte de Notre-Seig^neur qui a ordonné à ses apôtres de fuir de ville en ville ?» Voilà comme s'est défendu un mauvais chrétien qui lui-même avait déjà fui, et voilà ce que disent aussi ceux qui ne veulent pas comprendre le sens que Noire-Seigneur attachait à ceprécepte, dont ils voudraient se faire un bouclier pour défendre leur pusillanimité. Or cet ordre a été donné en temps et lieu, suivant les circonstances du moment. «Quand on commencera à vous persécuter , dit le Seigneur , 'fuyez de ville en ville. Ce précepte ne s'adressait qu'aux apôtres personnellement , comme il est bien prouvé par le texte qui suit : «Vous n'irez point chez les gentils; vous n'entrerez point dans les synagogues des Samaritains ; mais vous irez d'abord réclamer les brebis perdues de la maison d'Israël.» Tout cela ne nous est point applicable : il ne peut nous être défendu d'aller chez les gentils, puisque nous y sommes nés et que nous y vivons ; et nous devons assurément prêcher notre doctrine dans toutes les villes du monde sans aucune exception ; il ne nous est pas enjoint de prêcher de préférence dans les villes de la Judée. Si nous sommes saisis par les persécuteurs, nous n'aurons point à paraître devant les princes des prêtres juifs, on ne nous traînera pas dans leurs synagogues pour y être fouetté», c'est devant les tribunaux romains que nous serons appelés. Ainsi ce précepte de fuir regardait spécialement les apôtres , parce qu'ils devaient d abord prêcher devant a les brebis perdues de la maison dlsraël. p C'était donc pour que la prédication de l'Ëvangile fût accomplie , pour que les Juifs l'entendissent les premiers, et que le pain de la parole fût offert aux enfans de la maison avant d'être donné aux chiens, que le Seigneur ordonna à ses apôtres de fuir pendant un temps ; mais ce n'était pas pour leur faire fuir la persécution en elle-même. Au contraire, il leur a prédit qu'ils seraient persécutés et leur a enseigné à supporter la persécution. Mais il fallait que cela n'eût lieu qu'après que la parole serait prêchée, autrement l'Évangile eût été étouffé dès son principe. D'ailleurs il ne s'agissait pas pour eux de fuir en silence ; ils ne devaient quitter une ville où ils avaient prêché que pour aller prêcher ailleurs et s'exposer à de nouvelles persécutions, jusqu'à ce qu'ils eussent

rempli la Judée de leurs prédications. «Vous n'achèverez pas, leur dit -il, de parcourir toutes les villes de la Judée.» La fuite ne leur était ordonnée que tant qu'ils resteraient dans la Judée. Pour nous nous ne sommes point astreints à ces limites depuis que le Saint-Ev prit est descendu sur toute chair et sur toute nation. Aussi voici ce que Paul et les apôtres eux-mêmes, se rappelant les ordres de leur maître, attestent devant Israël, qu'ils avaient déjà rempli de leur doctrine : «La parole de Dieu a dû vous être offerte , à vous avant tous les autres; mais puisque vous l'avez repoussée, et que vous vous êtes vous-mêmes jugés indignes de la vie éternelle, voilà que nous allons nous tourner vers les gentils. » lis se détournèrent eo effet comme ils en avaient reçu l'ordre, et ils marchèrent dans les voies des nations, et ils entrèrent dans les cités des Samaritains , afin que «leur voix retentit par toute la terre, et que leur parole allât jusqu'au bout du monde. • Si donc l'exclusion des nations et des Samaritains a cessé, le précepte de la fuite doit aussi cesser d'avoir son effet. Enfin aussitôt qu'Israël fut rassasié de la parole divine, les apôtres passèrent chez les gentils , et depuis lors ils ont cessé de fuir de ville en ville, et n'ont jamais hésité quand il a fallu souffrir. Paul, qui en Judée avait consenti à s'échapper d'une prison à travers la muraille, parce que la fuite était alors obligatoire, ne voulut point sur la fin de sa carrière écouter ses disciples qui le suppliaient de ne point retourner à Jérusalem où Agabus avait prédit quil souffrirait le martyre. «Pourquoi, leur dit-il, attristez-vous mon cœur par vos larmes ? J'ai souvent désiré non-seulement d'être encbatné, mais d'être mis à mort à Jérusalem pour le nom de Jésus-Christ mon Seigneur.» Alors tous les disciples répondirent : «Que la volonté de Dieu soit faite. » Or quelle était la vo* lonté de Dieu ? c'était qu'on ne cherchât pas à éviter la persécution. Cependant ceux qui voulaient engager Paul à ne pas aller au-devant de cette épreuve auraient pu, comme vous le faites aujourd'hui, lui citer le premiercommandement du Seigneur qui avait ordonné de fuir. Us ne l'ont pas fait. Ainsi vous voyez que du temps même des apôtres, ce précepte était regardé comme temporaire, ainsi que plusieurs autres ordonnances. Il ne peut donc être obligatoire pour nous,

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poisqn'îl avait déjà cessé de Fètre pour nos mat- Ires. Ou si le Seîgpaeura voulu en faire un précepte général , les apôtres ont donc péché, puisqo1ls n'ont pas toujours continué de fuir.

Vil. Voyons maintenant si les autres préceptes du Seigneur s'accordent avec cet ordre prétendu perpétuel, et surtout comment il pourrait se faire que la persécution venant de Dieu, il nous ordonnât de la fuir. S'il voulait qa'oo l'évitât, ne ferait-il pas mieux de ne pas renvoyer ? sa volonté alors ne paraîtrait pas du moins se contredire elle-même. Il veut que nous souffrions, ou que nous fuyions. Si nous fuyons, comment souffrir? si nous souffrons, comment fuir? 11 ne peut pas nous ordonner de fuir et en même temps nous inviter à souffrir; ce serait une contradiction absurde, a Celui, dit-il, qui m'aura avoué devant les hommes, je Tavouerai devant mon Père. » Gomment Tavouer en fuyant, comment fuir en le confessant ? « Celui qui aura rougi de moi , je rougirai de Jui devant mon Père. » Si j'évite le martyre , c'est que je rougis d'avouer mon maître, a Heureux, dît-il encore, ceux qui auront souffert la persécution à cause de mon nom.» Malheureux par conséquent ceux qui auront fui pour ne pas souffrir. «Celui qui existera jusqu^à la fin sera sauvé.» Comment peux -tu m'ordonner à la fois de fuir et de résister jusqu'à la fin? Une telle diversité de recommandations ne peut s'accorder avec la sagesse divine, à moins que Ton ne comprenne , ainsi que nous l'avons démontré , que le précepte de la fuite n'était que pour un temps. Mais on prétend que c'est par égard pour la faiblesse de quelques hommes que le Seigneur a été assez indulgent pour leur permettre la fuite comme un port de salut. Croyez-vous donc que Dieu ne . soit pas capable de protéger ceux dont il connaît la faiblesse , sans leur ordonner d'avoir recours à un moyen aussi honteux et aussi lâche? mais loin d avoir de Tindulgence pour les faibles , il les rejette loin de lui ; et il ne nous apprend pas â fuir les persécuteurs,* mais bien à ne pas les craindre. «Me craignez pas, dit-il, ceux qui peuvent tuer les corps , car ils ne peuvent rien sur l'âme : craignez plutôt celui qui peut perdre â la fois votre corps et votre âme, et vous précipiter dans la gène. » Et que dit-il aux pusillanimes? «Celui qui préfère sa vie à

moi, n'est pas digne de moi. Celui qui ne prend pas la croix pour me suivre, ne peut pas être mon disciple. d Enfin dans l'Apocalypse, il ne permet pas la fuite aux faibles, mais il leur promet une place a dans l'étang de souffre et de feu , qui est la vie éternelle. »

Vlli. Le Christ lui-même a fui quelquefois, mais c'était par la même raison qu'il l'a ordonné à ses apôtres, à savoir : afin qu'il put remplir sa mission. Quand ce grand œuvre fut accompli, non-seulement il s'abstint de fuir ; mais loin de demander â son Père le secours de ses anges , il blâma Pierre, qui avait tiré l'épée pour le défendre. Il avoua même que son âme était triste jusqu'à la mort , et que sa chair était faible, pour nous montrer qu'il avait bien l'âme et le corps d'un homme par l'anxiété de Tune et par la faiblesse de l'autre, afin que l'on ne suppa^^ât pas, comme l'ont fait certains héréti^ ques . que sa chair et son âme ne fussent pas humains. Ensuite après avoir déclaré ainsi quelle était sa nature , voulant nous montrer combien elle était faible sans l'esprit, il ajoute : a L'esprit est prompt , mais la chair est faible ; > afin qu'en pensant à la nature humaine que tu as en commun avec lui, tu reconnaisses que tu as en toi la promptitude et la force de l'esprit , aussi bien que la faiblesse de la chair, et que tu saches que c'est le faible qui doit céder au fort, et que la chair doit obéir à l'esprit ; au lieu que maintenant tu plaides la faiblesse de ta chair et tu dissimules la force de ton esprit. Le Christ lui-même demanda à son Père d'éloigner de lui , s'il était possible , ce calice d'amertume, mais il ajouta aussitôt : a Mais que ta volonté soit faite, et non la mienne.» Or si tu prends sur toi de fuir ou d'éloigner la coupe de tes lèvres , tu ne pourras pas le demander à Dieu le Père; car tu agis selon ta volonté, et non selon

la sienne.

IX. Après Dieu, lesapôtresont enseigné toute la doctrine ; ils ont voulu évangeliser le monde. Où Irouvrras-tu qu'ils aient ensuite rétabli le précepte de fuir de ville en ville ? Certes ils ne pouvaient établir un principe si contraire à toutes leurs actions , eux qui , du fond des cachots où les avait jetés la persécution, écrivaient aux Églises de rester fermes dans la foi. Paul recommande de soutenir le.« faibles, bien entendu qu'ils ne fiiyaient pas, car alors coQiment

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aurait-on pu les soutenir? Ne dit-il pas qu'il faut soutenir par la patience ceux que leur fai* blesse a fait faillir? Mais consoler et soutenir les faibles, ce n^esl pas assurément leur dire dis fujr. Quand il recommande de «ne pas donner lieu au mal,» il ne s'agit pas d^ôter aux persécuieurs Toccasion de tourmenter ; il veut nous enseigner ^ n opposer que la patience i la colère. Et s*il parle de < racheter le temps parce que les jours sont mauvais ; » c'est par la sagesse ^t non par la fuite qu'il entend que nous mettions le temps à profit. Celui qui nous ordonqe de briller comme des enfaos de la lumière , ne veux pas que nous nous cacbions comme des enfaps des t^nëbres. Quand il nous ordonne de rester inébranlables, est-ce pour fuir ou pour combattre qu'il nous dit de ceindre nos reins? Il parle aussi des armea que nous devons porter, ce qui serait fort inutile poqr 4es fuyards, surtout aie bouclier pour parfr les flèches dç Satan,» N*est-ce pas nous avertir que nous devons soutenir le çboc de son attaque? Jean nous ordonna de donn^ pptre vie pour nos (r^rea > à plus forte raison pour le Christ. Tout cela ne peut se faire çn fuyant. Enfin se souvenant de aon apocalypse pendant laquelle il avait entendu prononcer la sentence des pusillanimes , il prend aur lui de nous avertir que la peur ne sera pas admise comme une excase, s U n'y a pas de crainte dans l'amour, ramour exclut la crainte,!» parce que la crainte aura pour supplice l'étang de feu* Celui qui craint n'est point parfait dans lamour de Dieu. Qui fuira la persécution, si ce n'est celui qui craint? or celui qui craint n'aime pas. Intcrrogei le Saint-Esprit, il ne vous exhortera pas à la fuite , mais au martyre. Voici ses paroles : « Il est bon que vous soyez exposés aux regards des hommes , pour que vous ne soyez point exposés aux regards de Dieu. Si vous êtes traînés devant les tribunaux, ne rougissez point de moi. Pourqupi pougiriez-vous quand vous semez la parole à la kMiange de Dieu ? Pendant que les hommes te regardent , le royaume de Dieu s établit sur la terre. » Et dans un autre endroit : « Ne désirez pas, dit-il, de mourir dans vos lits, de fièvres aigués, ni de maladies de langueur ; demandez plutôt à mourir dans les tourmens pour la gloire de celui qui a souffert pour vous. >

%. Mais on oublie toutes les exhortaliona da ri^prit-Saint , et l'on aime mieux citer ce vers grec , que ce qui exprime tant de prudence suivant le monde ;

Celui qui fuit peut revenir oombatlre.

Pour se sauver encore, apparemmieiit. El quand sera-t-il vainqueur, celui q^i est vaincu à chaque combat, puisqu'il est mis en fuite? Il fournit à l'armée du Christ un excellent scMat , celui qui , après avoir été si bien armé par l'apôtre pour le jour de la persécution, abandonne le champ de bataille aussitôt qu'il entend sonner k trompette I Mais je répondrai aussi par un autre vers profane :

Mourir est-U donc si terrible ?

Vainqueur ou vaincu , il faudra bien moarn*. Si vous reniez votre foi au milieu dos touFmcns, vous aurez au moins la gloire d'avoir engagé le combat. J'aime mieux avoir à vous plaindre que d'avoir à rougir de vous. Il vaut mieux suocomber pendant la bataille que de se sauver par la fuite. Tu crains un homme , ô chrétien I toi que les anges devraient craindre , puisque tu dm les juger un jour ; toi que les démons devraient craindre, puisque tu as puissance sur eux; toi, enfin , que l'univers devrait craindre , puisque c'est en toi que le monde doit être jugé. Tn as revêtu le Christ , tu as pris sur toi la nature da Christ; en fuyant lâchement le démon , tu déshonores le Christ qui est en toi; tu te rends au démon comme un transfuge ; et en désertant le camp du Clirist , tu blâmes ceux qui oqt quitté le démon pour venir au Seigneur. Un certain prophète voulut aussi fuir le Seigneur; il passa de Juppé à Tarsus , comme s'il voulait mettre la mer entre lui et la toute-puissance ; mais Dieu le retrouva, je ne dirai pas sur la terre ou sur la mer, mais dans le ventre d'une bête dans lequel il était resté trois jours sans pouvoir mourir, parce que la mort ne put le soustraire à son Dieu. C'est un bien meilleur serviteur de Dieu , celui qui ne fuit point les menaces des ennemis de son maître, mais qui les méprise en mettant sa confiance en Dieu, le seul être qu*il craigne. «Le Seigneur est puissant, dit-il , Tunivcrs est à lui , en quelque lieu que je sols, je serai entre ses mains; que sa volonté se fluee, je ne fuirai point ; s il veut que je périsse, qa*a

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rardonne ; peu importe, pourvu que je sois pour loi un serviteur fidèle. J'aime mieux rendre Dieu responsable de ma mort en obéissant h sa volonté , que d'exciter sa colère en m'écbappant selon Id mienne. »

SL Voilà comme doit penser et agir tout serviteur de Dieu, même dans les petites occasions, afin de se fortifier pour les grandes s'il se présente plusieurs degrés de persécution. Mais quand les chefs, c'est à-dire les diacres, le^ anciens et les évèques s'enfuient , comment un laïque 8aura-t*il interpréter ce verset de VÉÏvangUe : i Fuyez de ville en ville ? 9 Si les chefs se retirent , quel est le simple spldat qui osera encourager ses compagnons à ne pas làober pied ? Certes «le bon pasteur doit donner sa vie poQf ses brebis.» Mol^, avant U révélation du Christ dont il él^it lui même U figure, disait au Seigneur : «3i vous voulez détruire ce peuple, d6tniiftez*moi avec lui. » Le Christ sanctionna ces paroles c|e Moïse, quand il dit : «Le mauvais psstsbr fs( celui qui ft la vue du loup s*eiiAut et bissa ses sgneaux à sa dent. » Un tel berger doit être chassé de la métairie, ses gagfs et même son pécule doivent lui être enlevés pour payer le dommage que sa n^ligence a caosé t son p^ttre. Car a à celui qui a, il sera donné; et à CQlni qui n'a rieq, ce qu'il semble nvoir lui sera enlevé, n Voici la menace de 2Misrîe I «Malheur au pasteur inutile qui abandtipna le troupeau 1 l'épée sera sur son bflif el sur son œil droit ; son bras séchera et sou œil droit sera obscurci. 9 Ëzéchiel et Jérémie font des menaces semblables, parce que DDQ- seulement les mauvais pasteurs se repaissent du sang des troupeaux , mais ils dispersent les brebis et4es abandonnent aux dents des loaps. Orcela arrive surtout quand les pasteurs abandonnent l'Église dans les temps de persécution. Si quelqu'un étudie les paroles de l'Esprit, 11 saura ce qu'il dit contre les pasteurs fugitifs. Or, s'il n'est pas permis aux gardiens du troupeso de s'enfuir à l'approche du loup , TEsprit- Saint qui a appelé ceux qui agissent ainsi mauvais fkuieurs, les a condamnés; et par consé* quent les chefc de l'Église ne doivent point fuir pendant la peri;écution.Mais si le troupeau avait lui-même le droit de se disperser, il ne serait pas raisonnable d'exiger que le pasteur restât seul puisqu'il n'aurait plus rien à défendre, après

que les brebis auraient renoncé à.|a protection. Or il est ordonné au pasteur de rester, donc il est entendu que les brebis resteront aussi.

XII. Voilà , mon cher Fabius, ton problème résolu. Mais en me demandant s'il faut fuir la persécution, tu as oublié de faire une question qui accompagne ordinairement la tienne, à savoir : s'il n'est pas permis de fuir , peut-on au moins se racheter de la persécution avec de l'argent ? Puisque je t'ai suggéré celte demande, je dois y répondre. Non ; il ne faut ni fuir ni se racheter ; car de même que la fuite est une es* pèce de rachat qui ne coûte rien, le rachat est aussi une espèce de fuite au moyen de l'argent. C'est la lâcheté qui inspire tous ces subterfuges. Éloigner l'objet de tes craintes en comptant de Tor avec tes mains, ou en mesurant le chemin avec tes jambes, c'est toi^ours fuir. H faut res^ ter, c'est-à-dire résister et combattre. Quoi I tu veux racheter avec de l'argent ce corps et cette àme que le Christ a rachetés avec son sang I Combien tu es indigne des dispensations de Dieu qui pour toi n'a pas épargné son propre Fils , qui l'a laissé sur une croix chargé de nos souillures et de nos malédictions l indigne de ce Fila lui-même qui fut conduit comme un agneau que l'on va tondre, qui courba son dos sous les flagellations , exposa sa vie aux soufflets et aux insultes , qui ne détourna pas sa lace quand on lui cracha au visage, qui fut confondu avec les criminels et livré à la mort , et i la mort de la croix I tout cela pour nous racheter de nos péchés. Le soleil a été éclipsé par l'éclat de notre rédemption. Notre émancipation a étonné les enfers , et les cieux en ont été émus, a Les portes éternelles se sont levées pour laisser entrer le Roi de gloire , » le Seigneur des vertus qui venait de racheter l'homme de l'es* clavage de hi terre et même des enfers pour lui donner le droit de cité dans le royaume des oieux. Qui osera donc renchérir sur lui avec de l'or, et souiller ce qu'il a racheté au prix de son sang divinP Fuis, fuis plutôt que de t*avilir ainsi , et de te racheter à vil prix quand le Christ t'a payé si cher. Le Seigneur a racheté Thomme et l'a sauvé des anges qui ont la puissance du monde, des esprits de méciianceté , des ténèbres du siècle et de la mort éternelle: et toi tu voudrais traiter avec un ciéiatcur, avec un soldat ou avec un juge inique, en lui glissant dans Tombra

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et sous la manche de ta robe quelques pièces d'argent pour la rançon de celui que le Christ a acheté et affranchi à la face du monde ! Mais ce prix que tu donnes pour Thomme libre , tu Testime donc au moins autant que le sang que le Christ a versé pour racheter i*homme esclave? Ne sais-tu pas qu'en rachetant un chrétien à prix d'or, c'est acheter le Christ qui est en lui ? C'est précisément le péché de Simon qui vînt offrir aux apôtres d'acheter leSaint-Esprir. C'est pourquoi, celui qui en se rachetant , achète l'esprit du Christ qui est en lui , entendra ces terribles paroles : «Que ton argent périsse avec toi , puisque tu as pensé que la grâce de Dieu s'acquiert avec de l'argent. » Le concussionnaire te dit : «Donne-moi de l'argent. — Pourquoi ? — Pour qu'il ne te livre pas aux juges. »0r, puisqu'il ne peut te vendre que ce que tu lui demandes pour ton argent , en le payant tu ne veux pas être livré en justice, tu refuses donc d'être mis en évidence ; et en cela tu es déjà apostat, puisque tu refuses de paraître ce que tu es. «Mais, diras-tu, en avouant au délateur que je ne veux pas paraître en public, je lui avoue que je suis ce que je ne veux pas paraître, c'est-à-dire chrétien. — Je te conseille alors de te regarder comme un confesseur et même comme un martyr, puisque tu crois avoir confessé le Christ jusqu'à la fin. — Mais en me rachetant , je confesse le Christ. — Oui , devant un homme seulement , et cela pour t'exempter de la nécessité de l'avouer devant tout le monde. » Je te dis que tu es un renégat. C'est sortir de la voie du salut que de s'en échapper. Le refus du martyr est une apostasie. Un chrétien se sauve avec de l'argent; il se rachète du martyr avec des écus ; il a des richesses pour lutter contre Dieu ; et Dieu n'avait que du sang à verser pour lui. Aussi a-t-il dit: «Heureux les pauvres, car le royaume du ciel est à eux,» car ils ne peuvent aussi payer qu*avec leur vie. Nous ne pouvons à la fois servir Dieu et Mammon , mais nous pouvons être rachetés par Dieu et par Mammon. Et qui sera plus disposé à servir Mammon , que celui que Mammon aura racheté ? Enfin de quel exemple peux-tu t'autoriserP Quand les apôtres , qui ont traversé tant de persécutions, se sont-ils rachetés avec de l'argent? Us n'en manquaient pas cependant, puisque de xélés néophytes apportaient à leurs pieds le prix

de leurs terres , et que tant de riches chrétiens fournissaient à leurs besoins, et n'auraient pas manqué de leur en prêter ou de leur en donner. Avez-vons lu qu'Onésiphore, ou Aquila, ou Etienne leur aient jamais offert un pareil secours dans les temps de persécution ? Le préteur Félix espérait que les disciples de Paul lui donneraient de l'argent pour le laisser partir ; il lui en glissa même quelques mots, mais ni Paul ni ses disciples ne lui offrirent une obole. Ces mêmes disciples qui le suppliaient avec leurs larmes de ne point se rendre à Jérusalem, où il avait été prédit qu'il souffrirait , finirent par dire : «Que la volonté de Dieu soit faite.» Quelle était cette volonté? Que Paul souffrit , et non qu'il se rachetât. Le Christ a donné sa vie pour nous; nous devons être toujours prêts à donner la nôtre pour lui; et non-seulement pour lui, mais encore pour notre prochain à cause de lui. Jean ne nous ordonne pas de payer pour nos frères , mais de mourir pour eux. Que vous importe pourquoi vous ne devez acheter ni racheter un chrétien? Ne vous suffit -il pas de savoir que telle est la volonté de Dieu? Voyez comment iet finances des royaumes et des empires ont été établies par Dieu qui tient dans sa main le ocBar des rois. Que de moyens variés de remplir les coffres publics ! Le cens, les impôts, les tributs, les douanes , etc. Voyez- vous que jamais l'État se soit créé une ressource du rachat des chrétiens? Et pourtant, quelles sommes énormes n^aurait-il pas pu lever sur nos innombrables frères qui ne se cachent point ! Rachetés par le sang du Christ , nous ne devons aucune capitation pour notre tête, car notre tête c^est le Christ, qui ne doit point être mis à prix. Gomment les martyrs témoigneraient-ils de la gloire de Dieu, si nous pouvions acheter avec de Pargent la permission d'être chrétiens ? Marchander la foi , c'est pécher contre Dieu. Puisque César n'a pas imposé , et n'a pas pu imposer un tel tribut, et que l'Antéchrist qui nous menace a soif de notre sang et non de notre or, comment peut-on me citer ici le commandement : « Rendez à César ce qui appartient à CésarP» Un soldat ou un délateur veut m'arracher de Targent; ce n'est pas pour César auquel même il désMiéit, puisqu'il se laisse corrompre par Tor et lait échapper un chrétien qui est coupable selon la ' loi humaine. Gela est bien différent du tribut

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qui était alors dû à César par des (ribulaires, et que nous ue devons pas , nous qui sommes libres. Gomment d'ailleurs pourrai-je rendre à Diea ce qui est à Dieu , à savoir sa monnaie et son image qui est empreinte sur Thomme chrétien ? Si je dois à César un tribut, ne dois-je pas aussi à Dieu tout mon sang pour celui que son Fils a versé pour moi ? Si je dois à Dieu ma chair et mon sang, quand est venu le moment où il me les demande, n'est-ce pas vouloir le frustrer de ce qui lui est dû que de chercher à éviter le martyrPObservez-vous le précepte du Seigneur, en rendant à César ce qui est à César et en refusant à Dieu ce qui est à Dieu ?

XUL Je suis pr^t à donner de l'argent à quioonqae m'en demande comme aumône , et non comme exaction. Mais ce n'est pas demander , c^est extorquer que de menacer du jugement si je refuse de payer. Il ne vient pas demander Taumûne, celai qui cherche non à se faire plaindre ,maâs à se faire craindre. Je veux donc bien donner par âiarité , mais non par peur ; je donnerai à celui qui en recevant honore Dieu et le prie pour moi , et non à celui qui croit m'avoir rendu service en me volant mon argent, et qui l'emporte en disant : «C'est le rachat d'un criminel.» Je nourrirai même mon ennemi. Mais il y a des ennemis à d'autres titres; car il n'est pas écrit que nous devions nourrir les traîtres , les persécuteurs et les concussionnaires. C'est en ne traitant point avec lui que j'aurai un jour le droit d'entasser des charbons allumés sur sa tète. Il est dit : «Si quelqu'un vous prend votre tunique, donnez -lui encore votre manteau.» Mais il est question de ceux qui veulent mon bien, non de ceux qui s'attaquent à ma foi. Je ne donnerai pas mon manteau à celui qui menacera de me livrer aux juges. Je lui reprendrai même ma tunique , si c'est par des menaces qu'il me l'a arrachée. Tous les commandemens du Seigneur doivent se comprendre dans leurs limites raisonnables; ils ne s'étendent pas à toutes les circonstances. Celui même qui a ordonné de donner à tous ceux qui demandent , n'a pas voulu donner un signe miraculeux de sa mission à ceux qui le demandaient. Si un fiévreux te demandait du vin , lui en donnerais-tu ? Si un homme te demandait une épée ou du poison pour se donner la mort, les lui donnerais-tu ? 11 est dit : a Fais-toi des amis de Mammon;» mais pour

comprendre ce texte, Il Faut lire la parabole du mauvais économe qui le précède. Elle était adressée au peuple juif qui avait fait un mauvais usage de la parole divine qui lui avait été confiée, et qui aurait dû, selon Notre-Seigneur, se faire des amis parmi les hommes de Mammon , c'est-à-dire parmi les gentils, en leur pardonnant leurs offenses envers Dieu. De même que l'économe infidèle se retira , après sa disgrâce , chez les débiteurs de son maître, auxquels il avait remis une partie de leurs dettes; de même les Juifs en se retirant chez nous autres gentils, auraient pu rentrer en grâce auprès de Dieu. Mais quelque soit le vrai sens de cette parabole, vous ne pouvez croire assurément que les amis que vous fera votre argent parmi les concussionnaires , puissent jamais vous aider à rentrer en grâce auprès du Seigneur. Mais que la peur est éloquente, et qu'elle sait bien citer les Ecritures â son avantage ! Ce serait peu assurément si un ou deux chrétiens se sauvaient ou plutôt se perdaient ainsi. Mais voilà qu'on veut lever des tributs sur toute l'Église en masse. Je ne sais si nous devons en rougir ou en gémir, les chrétiens sont maintenant inscrits sur les registres des soldats favoris et des espions , comme des objets de concussion , au milieu des cabaretiers , des bouchers , des filous , des joueurs et des débauchés. Est-ce donc pour jouir tranquillement de leurs dignités , sous le vain prétexte de veiller sur le troupeau, que les apôtres ont légué leur pouvoir aux évèques ? Le Christ, retournant vers son Père , a-t-il recommandé à ses apôtres de faire aux soldats des présens pour en obtenir la paix?

XIV. Mais comment nous rassembler? comment célébrer ensemble le jour dominical ? Comme faisaient les apôtres, qui comptaient sur leur foi et non sur leur argent. Si la foi peut transporter des montagnes, elle éloignera bien des soldats. Âppuie-toi sur la sagesse et non sur l'or. Crois-tu que tu seras bien plus à l'abri des fureurs du peuple, quand tu auras corrompu quelques soldats mercenaires? Que ta sûreté se fonde sur la foi et sur la sagesse , et tu ne perdras pas ton argent. Enfin si vous ne pouvez vous rassembler pendant le jour, vous pouvez vous réunir pendant la nuit; la lumière du Christ dissipera les ténèbres. Si vous ne pouvez vous rendre en foule dans les églises, rappelez-vous

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TERTULLIEN

que trois chrétiens rassemblés au nom du Seigneur ibrmcnt une Église. Plutôt que d*aclieter ou de vendre vos éf;\m$ , absteneE-voué d'y aller pendant un Icmps. Gon(ier\'P2 au Ghrkt Tépouse du Qirist dans toute sa pureté ; et que personne n en fesse un objet de marchant)isc. Tout cela , mon frère, te paraîtra dur et difficile; mais soavienl'-toi qu'il l»t écrit : « Que celui qui en veut , en prcntae ; » c'est-à-dire que eelui qui n'en veut pas se retire ; c'est à prendre ou à laisser. Celui qui ne veut pas soufFrir, ne peut être le disciple de celui qui a souffert. Mais celui qui ne craiitt lias les souffrances sera rendu parfiaiit dans

Tamour de Dieu. «Car l'amour pariait exclut la crainte,» et c'est pour a cela qu'il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus. » Dieu ne cherché pas ceux qui veulent suivre la voie large, mais ceux qui sont prêts à marcher dans l'étroit isentîer du salut. C'est pourquoi il fout recevoir le Saint-Esprit, ^urce de science et de force. Ceux qui l'auront reçu Ue penseront nt à Fuir les persécutions, ni à s'en racheter; ils ont en eux celui qui répondra t>ar leur bouche (}uand ils seront interrogés, et itui les soutiendra dans les supplice^ et daHk lei tourmens.

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DE L'IDOLÂTRIE

1. Le plus grand crime an genre humain , celui qui comprend tous les autres, et qui est la cause de sa condamnation, c'est l'idolâtrie. Car bien que chaque délit soit classé sous un nom différent, et soit condahiné à part, tous les délits se trouvent confondus dans celui-là. Oubliez les noms des différentes actions coupables, examinez seulement les faits. Quiconque est idolâtre , est homicide. Vous me demandez qui il a tué? S'il fait quelque chose pour la gloire, ce n'est pas un ennemi qu'il immole, ce n'est pas un étranger, c'est lui-même, a Par quels moyens? — Par son erreur.— Par quels armes? — Par ses péchés contre Dieu. — Par combien de blessures?— Par autant de blessures qu'il commet d'actes d'idolâtrie.» Que celui-là nie que l'idolâtrie soit homicide, qui ose nier qu'il ait perdu sou àme. L'adultère et l'obscénité sont en lui , car celui qui sert les faux dieux , altère la vérité et toute altération est un adultère. Il est plongé dans lobscénité , car qui peut sacrifier aux esprits immondes sans se souiller et se salir? Cest pourquoi les saintes Écritures condamnent toujours l'idolâtrie en l'appelant obscène. Qui est coupable de vol? C'est celui qui dérobe le

bien d'un autre ^ ou qui ne lui rend pas ce qui lui est dû. Assurément le vol est regardé comme un grand crime parmi les hommes. Mais ridolàtrie feit à Dieu un vol^ puisqu'elle lui refuse les honneurs qui lui sont dus; et en les portant à d'autres, elle ajoute l'insulte ft la fraude. Si donc le vol aussi bien que robscénité et Tadultère causent la mort, c'est asaet pour que l'idolâtrie ne soit pas innocente du crime d'homicide. Après ces péchés si mortel»^ il pernicieux au salut , il y en a bien d'autres qve l'on désigne par différents noms, mais qui se retrouvent avec toutes leurs conditions dans l'idolâtrie. Elle comprend txHiles les concupî]M> cences du siècle , car où serait la dignité du paganisme sans le Iukc et les vains omemeiis de son culte? Elle comprend les désirs impurs et l'ivresse , cnr les solennités ne font que servir de prétexte à la satisfaction des plus grossiers appétits. Elle comprend l'injustice, car qa^y a'* t-il de plus injuste qu'une doctrine qui méconnaît le père de toute justice ? Elle comprend le mensonge , puisque toute sa doctrine est menteuse. Tous les délits sont offènirans envers Dieu ; or il n'est rien de ce qui offense Dieu qui

DE ^IDOLATRIE

ne pmêe être attribaé aax démons et aut esprits immondes, qui sont représentés par les idoles. Done, quiconque pèche, admet ridolàtrie , puisqu^il feit ce qui convient aux idolâtres.

U. Mais laissons è tous ces délits leurs déim-

mkiations et leurs attributions particulières , et examinons TidoIAtrie en elle-même. C'est déjà bien un grand crime conti^e Dieu, que cette source abondante de crimes qui sis divise en tant de branches , qui Se subdivise en tant de Tetnes, que même quand on fait abstraction de ses principales conséquences s il lui reste encore une tdle étendue que nous devons ti^embler de nooa tromper sur les limites. Elle sait se cacher, •e dissimuler de mille manières pour foire dévier les serviteurs de Dieu* La plupart dés hommes pensent que Uon n'iest idolâtre que si Ton va dans les temples pour y brûler de l'encens, y faire des sacrifiées et des oblations, oii si Toti est prêtre ou sacrificateur* Ce^t comme si Ton pensait que l'adultère n'existe que dans les baisera , dans Ira embrassemens et dans Faccouptement ebamel ( ou qu'il n'y a homicide que là où il y a effusion de sang, et perpétration de menrtire. Mais tious savot» qiielle extetisloh Diendobtte à tes expiassions, lorsqu'il appelle adultère q[yiébilque s'abandonne à làconcupis* ceiice , (|uioonque se permet un régatd déshonnète OOttn désir impudique; lorsqu'il dit que celui-là niest point innoi^ent d'homicide, qili maudit ou qui injurie son prochain , qui se met en colère, et qui manque de charité enverls sOn frère. Aussi Jean nous dit «que celui qui hait son frère est homicide. » Autrement Ifei malice du diable ne serait pas si profonde , et la science que le Sei(]^eur nous a donnée pour lutter contre les ruses du démon ne serait pas si importante, si tioUs devions être jugés seulement sur les délits que le monde lui4iiême condamne et punit. Gomment taotre justice surpassera-t-elle celle des scribes et pharisiens, si noUs né connaissons pas kl grandeur du Vice opposé à éette vertu qui est l'injustice? et puisque l'idolâtrie est la souite de toute injustice, il est important que nous nous prémunissions contre la grandeur et l'étendue de l'idolâtrie, que nous savons bien ne pas s'entendre seulement aux actes extérieurs.

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