DOMINICALE
Je veux parler de ces heures qui, diaprés l'usage reçu, partagent la journée en quatre parties à peu près égales , l'heure de tierce , celle de sexte et celle de none ^ Ces heures sont le plus souvent mentionnées dans rÉcrituk*e. L*EsprIt- Saint descendit sur l'assemblée des apAtres A h troisième heure. Le Jour où Pierre eht ccttb vision du vaisseau céleste qtii représentait la communauté des Églises , il était monté sur h maison pour prier 6 la sixième heure. Le même était allé avec Jean dans le temt)lë â la neùvièilae heure, lorsqu'il trouva â là porte un boiteux de naissance qu'il guérit. Quoiqu'ils aient l^lt cefai sans en avoir reçu d'ordre positif, néanmoins il est bon de les imiter et de se feire â soi-même une espèce de loi de suspendre les affoires à certaines heures du jour pour se mettre eti prière. C'est ainsi que faisait Daniel diaprés I usage des Israélites. Faisons donc en sorte de prier au moins trois fois le jour en l'honneur du Père , du Fils et du Saint-Esprit, â qui nous devons tout ce que nous sommes. Je ne compte pas ici les prières d'obligation que nous ne devons jamais manquer de faire le soir et le matin, car il convient que les fldèles ne déjeunent pas et n'aillent pas au bain avant d^avoir prié, paite que l'esprit doit être puriflé et nourri avant te corps. Les ctioses célestes doivent toujours passer avant les choses de la terre.
XX. Si ton iVère est etltré dans ta maison, ne le laisse pas sortir avant d'avoir prié avfec lui. Quand tu vois ton frère , est-il écrit , tu vols ton Seigneur. Garde^^toi surtout de congédier un étranger sans prière , de crainte que ce né soit un ange. Que ton hôte lui-même ne partage ton pain charnel qu'après avoir partagé ta prièris qui est le pain spirituel. t]'est âcela qu'il reconnaîtra ta foi. Ce nVst qu'après le baiser de pait qui accompagne la prière que tu peut cohvemlblement dire suivant le précepte : Que ta palk soit en cette maison.
XX!. Les plus zélés chrétiens ont coUtunUb d'ajouter à l'oraison des h}Tiines on des psaumes dont ils chantent alternativement les versets, lorsqu'ils sont plusieurs ensemble. Tout ce q[Ui nous fait nous occuper de Dieu et l'honorer ett bon en soi. Un esprit toujours rempli de Dieu est la plus belle des offrandes.
^ NfiiF heures du matin, midi , trois heures après midL
TRRTULLIEN.
XXn. Car c'est là rofPrande spirituelle qui a remplacé tous les anciens sacrifices. «Que m'importe, dit le Seigneur, la multitude de vos sacrifices? Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des agneaux; je ne veux plus du sang des taureaux et des boucs. Qui vous a demandé toutes ces choses?» Or TËvangile nous apprend ce que le Seigneur demande. «Il viendra un temps ou les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car Dieu est un esprit, d Voilà pourquoi il veut des adorations spirituelles. Nous sommes les vrais adorateurs et les vrais prêtres, nous qui priant en esprit offrons à Dieu Toraison qui lui piatt le mieux, parce que c'est lui-même qui Ta instituée. C'est là Foffrande vouée par notre amour, nourri par la foi , conservée dans son intégrité par Tinnocence^ soignée par la vérité, purifiée par la chasteté , couronnée par la charité^ et que nous devons offrir sur Tautel de Dieu au milieu des chants et des hymnes, et avec toute la pompe de nas bonnes œuvres. Avec cette offrande, nous obtiendrons tout de Dieu.
XXIil. Qu'est-ce que Dieu a jamais refusé à une prière qui lui est adressée en vérité et en esprit, comme il la désire? Tout ce que nous avons lu et entendu, toute notre croyance, nous donne d'irréfragables preuves de son efficacité. Sous Tancienne loi , la prière pouvait déjà délivrer les hommes de la famine, des incendies et des bêtes féroces , et pourtant elle n*avait pas encore été formulée par le Christ. Combien plus puissante est la prière des chrétiens ! Elle ne fait point descendre Tangedu seinde la rosée surles fournaises ardentes; elle ne fournit point un pain grossier à ceux qui ont faim ; elle ne détourne de nous aucune souffrance : mais elle donne le courage à ceux qui souffrent, et la patience à ceux qui gémissent : sa vertu augmente la grâce, afin que la foi sache que les souffrances viennent de Dieu , et doivent être supportées pour Tamour de lui. Autrefois la prière pouvait i^ire descendre les fléaux sur Fhumanité, elle mettait les
' Allocation aux offrandes ou TÎctîraes anciennes qui devaient élre vouées d*aYanoe, engraissées, eniières, bien toionées, lavées et couronnées de fleurs.
armées en fui te, elle interdisait à la terre altérée les bienfaisantes pluies du ciel. Mais maintennnt, la prière ne sait que détourner la colère de Dieu, le chrétien prie pour ses ennemis et pour ceux qui le persécutent. Vous étonnez-vous de voir la douce rosée du ciel obéir à la voix de la prière qui avait la puissance d'en faire descendre la foudre? L oraison est la seule puissance qui sache vaincre Dieu I Mais le Christ oe lui a laissé aucun pouvoir pour le mal, toute sa vertua consiste à obtenir le bonheur pour nous et pours les autres. Elle est encore en cela Timage de 1 vie de Notre-Seigneur qui n'a su dans son pa sage sur notre terre que ressusciter les morts fortifier les faibles , guérir les malades , chasse les démons, ouvrir les prisons et briser 1 chaînes des innocens. La prière efface les péchés, répousse les tentations, arrête le glaive de b persécution ; elle console les faibles et réjouit les forts; elle guide les pas du voyageur, apaisf les tempêtes et frappe les brigands de stupeur; elle nourrit les pauvres et apprend aux riches à se modérer; elle relève ceux qui sont tombés, raffermit ceux qui chancellent et soutient ceu qui résistent. L'oraison est le rempart de la foi et notre bouclier contre les regards des impiesqui guettent notre chute pour s'en r^joair. Ne marchons donc jamais sans être couverts de cette armure. Pendant le jour , n'oublions pis nos stations; pendant la nuit, souvenons-noos de nos vigiles. C'est sous les armes de la prière qu'il faut que nous défendions Pétendard de notre chef, et que nous attendions le signal que doit donner la trompette de l'ange. Tons les anges prient ; toutes les créatures prient. Les troupeaux et les bêtes des bois fiéchîssent k genou en sortant de leurs étables ou de leurs antres; ils lèvent la face vers le ciel et le saluent de leurs mugissemens. Les oiseaux au point du jour s'élèvent vers le ciel; à la place de mains ils étendent leurs ailes en croix et gaaraillent quelque chose qui ressemble à une prière. Que dirai-je de plus sur l'importance de cet indispensable devoir? Notre-Seigneur lui-même a prié , à qui soit honneur et gloire dansLtoos les siècles de siècles.
A SA FEMME
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