LIVRE PREMIER
L Rien n'est mieux démontré que l'erreur où vous êtes à notre égard. En voulant vous défendre de toute iniquité, vous ne faites que démontrer combien vous êtes iniques. Voyez tous
* Le texte de ce mcNrceaii et fort imparfoit , et U s'y trouve de- fréquentes lacunes qui obscurcissent le sens. On a donc été souvent forcé de donner un sens d'induction plutôt qu'une traducUtn absolument littérale.
ceux qui naguère étaient plongés dans la même gnorance, et animés de la même haine que vous; aussitôt qu'ils nous ont connus, ils ont cessé de nous haïr ; ils se sont faits semblables à ceux qu'ils haïssaient; et ne haïssent maintenant que leurs anciennes erreurs. C'est au point que vous pleurez de rage en voyant s'augmenter chaque jour le nombre des chrétiens. Vous voua écriez que la cité en est infestée , vous gémissez de voir des idolâtres de tout sexe , de tout âge , de tout rang se convertir et venir à nous. Et
TERTILLIEX.
tout ceb cependant ne vous fait pas réfléchir et penser qu'il doit y avoir quelque chose de bon dans une religion qu'il suffis de connaître pour raimer. il ne vous vient aucun doute; vous ne voulez pgint en faire Texpérience. On dirait que, pour notre religion seule, la curiosité naturelle k Thomme s'est éteinte en vous. Vous aimez à ignorer ce que les autres se réjouissent de connaître. Vous voulez même ne pas connaître ce que vous haïssez, comme si vous saviez déjà qu'en Fétudiant vous seriez forcés d'ai^urer votre haine. Et cependant, si vous n'étiez aveuglés par le fiel de votre cœur, ne serait-il pas raisonnable de chercher à quoi vous devez vous en tenir? Ëtudiez nos lois et nos moeurs. Si vous les trouvez bonnes, cessez d'être injustes; et si vous avez lieu de 'les juger mauvaises, au moins vous nous haïrez avec connaissance de caiise. Avez-vous donc honte de devenir meilleurs, pu bien est-ce la paresse qui vous empêche de vous justifier ? Je sais bien comment vous répondez à l'argument que nous tirons de cet enthousiasme général, a L'engouement de la multitude, dites-vous, ne prouve rien; la nouveauté est si séduisante! Combien d'hommes a})andonnent la vçrt^ pour se jeter dans le vice? Quelques-uns le font de bonne foi, d'|u(res par nécessité. «Votre comparaison man- ()ue de justesse; car il est bien constant que pas même ceux qui s'écartent de vqs lois pour s'adonner au mal n'osent défendre et soutenir ce mal comme s'il était un bien. I«a turpitude engendre la crainte; Pimpiété engendre la honte. Les méchans enfin cherchent à se cacher; ils tremblent quand on les saisit ; ils oiept qfiapd on les accuse; la torture même peut à peine leur faire avouer leur crime; leur condamnation ne manque jamais de les accabler de douleur : car ils condamnent eux-mêmes ce qu'ils ont fait. -VUlflPt quitté la vertu pour tombée dans Iç vice, U/k {(ttrlbuent ee malheuceui changement à i'enr t^ainem^t ou à leur mauvaise étoile; tant il çtf vrai qu'ils reconnaissent que le mal est le ml 9 ftl qu-ils tâchent de s en excuser comme ils pfl^vmtIL«l chrétiens en agissent-ils ainsi? Eu yoï^f^Vf^ avw honte ou se repentir, si ce n'est d» çt qii*ils étaient auirdbis i^Quand un chrétien fit Atori^f il se gkif ilfi^, 8î ou le saisît , il n'offire fifmrilsiataBfie;$itti raceiise, il ne se défend liis; Quand on ^interroge, il avoue hautement ;
et enfin , de sa condamnation il se fait on sujet de gloire. Quels sont donc ces malfaiteurs qui ressemblent si peu aux autres malfaiteurs ?
IL Vous ne pouvez même les condamnerqu en renversant toutes vos formes judiciaires. Quand on coupable ordinaire est amené devant vous, s'il nie son crime, vous le mettez à la torture; mais si c'est un chrétien, il avoue ce dont on l'accuse , et vous le tourmentez pour le forcer à nier ! Les juges qui doivent toiyours chercher à fciire dire la vérité, ne s'appliquent qu'à nous faire mentir et veulent que nousdisionsque nous sommes ce que nous ne sommes pas. Il parait que vous ne voulez pas nous trouver coupables, et que vous faites tout par humanité pour que nous nous déclarions innocens! Et les autres, c'est donc aussi pour qu'ils désavouent leurs crimesque vous les faites écarteler? Quelle inconséquence ! Vous ne voulez pas les croire quand ils nient; et nous si nous désavouons, nous so|Dmes crus sur-le-champ. Si vous êtes si sûrs que nous soyons coupables, pourquoi ne nous traitez- vous pas comme eux? Je ne demande pas que vou$ laissiez la défense aussi libre que l'accusation , car je me plais à reconnaître que vous ne condamnez pas un homme sans avoir entendu sa défense ; mais par exemple , s'il s'agit d'un homicide , aussitôt qu'il s'avoue coupable , la cause n'est pas terminée pour cela ; vous ne vo^s contentez pas de ce simple aveu ; vous voulez connaître les circonstances et lesconséc|uences du meurtre : vous demandez combien de fois il a tué? en quel lieu? avec quels complices? de quels vols le meurtre a été accompagné? quels étaient Ifs receleurs? enfin vous voulez connaître U vérité tout entière avant de prononcer votre sentence. Quant à nous, qui sommes accusés de crimes bien plus atroces, notre affaire est bientôt faite. On dirait que vous n'osez pas accuser ceux que voua voulez perdre, ou que vous craignez de faire paraître au grand jour ce que vous savez sur notre compte. Vous êtes des prévaricateurs si vous voulez nous forcer à nier ce que vous savez être la vérité. Mats à part toute forme judiciaire, il conviendrait bien mieux à votre |^e, ai elle est bien fondée, non de nous forcer à nier, ce qui ne peut que soustraire à la justice ceux (joe vous haïssez, m^ ^u çpnlrairç ^ ^t npftçi fpfççr Ji gy^aW m crimes dans tous \ç^th détails, ^n que voire