‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienne (volume 2)Chapitre 7 sur 80 · NOTICE SLR SAINT CYPRIEN · texte numérisé non relu

NOTICE SLR SAINT CYPRIEN

à Mappalia , obtinrent d'an souverain mahométan la permission d'ouvrir le tombeau de saint Cyprien et d'en enlever les reliques. Ils les déposèrent, dit-on, d'abord à Arles, d'où elles furent portées à Lyon , et Charles le Chauve les fit ensuite transporter de là dans l'i^glise de l'abbaye de Saint-Corneille qu'il venait de faire bàiir àCompiëgne.

Les plus anciennes éditions des œuvres de saint Cyprien avec date, sont de l'année 1471J'une à Rome, de Conrad Sweynhdm ; l'autre à Venise, par Vindelinus de Spire; une trcisième sans date paratt être à peu près de la même époque.

Une des plus célèbres est celle d'Oiford, par deux évéques anglicans.

La plus belle et la meilleure est celle prépart^ par Baluze et achevée par dom Maran, et ini» primée au Louvre en 1726, in-fol.

Les œuvres de saint Cyprien ont été réîmpri», mées l'année dernière (1836), à Besançon , en m vol. in-8^ , à deux colonnes.

Les 14 traités et les 63 lettres de saint Cypriea ont été traduits en français par Jacques Tigeoa^ Paris , 1574 , in-fol. ; et par Lambert , Rouen , eut 2 vol. in-4*', chez Antoine Leprevôt, 1716. CTcat* cette dernière traduction que j'ai adoptée.

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LACTANCE

FLORISSAIT AUX lll« ET IV* SIÈCLES.

Il se trouve à la bibliothèque du roi deux traductions inédites de tous les ouvrages de Lactance, à l'exception de son de Mortibus persecutorum, récemment traduit alors par Maucroix. La première est en 2 vol in-4'* par M. Louis Chevalier, président au parlement de Paris, en 1726. Elle contient môme une traduction de l'abrégé des Institutions divines. Le style en est traînant et diffus, et le sens de la phrase latine n'est jamais serré d'assez près. La seconde, sans nom d'auteur, porte le numéro 1340 et provient de l'abbaye de Saint-Victor; elle est en 1 vol. in-4®, d'une écriture cursive du xvn* siècle. Elle contient les sept livres des Institutions divines, le traité de la Colère de Dieu et le traité de V Ouvrage de Dieu. Le style en est ferme et précis, et le sens est toujours rendu nettement et exactement. Ce manuscrit est d'autant plus intéressant qu'on n'a jamais publié de Lactance que la Mort des persécuteurs , et le premier livre de ses Institutions divines. J'ai fait prendre copie du numéro 1340, et on le trouvera publié en entier dans ce volume. L'auteur a fait précéder son travail d'un avertissement que je reproduis exactement et en entier. Ce morceau est d'un homme fort pieux.

«L'histoire de l'Église , dit le traducteur anorionyme, a rendu justice aux écrits de Lactance; a loué l'élégance de son style, son grand zèle pour la véritable religion et son parfait désintéressement ; mais elle ne nous a rien appris ni de son

pays, ni de ses parens, ni du lieu de sa naissance» ni de celui de sa mort, et n'a marqué que de lé». gères circonstances de sa vie et de ses actioni. Dès sa jeunesse il étudia sous Arnobe, et se proposant Cicéron à imiter, il fit de si merveilteax progrès d'ans l'art de bien parler et de bien écrire» qu'il approcha plus près que nul autre de la perfection de son modèle.

«Les Grecs, tout éloignés qu'ils étaient de vooloir céder à aucune nation en bel esprit et en politesse, n'osèrent en disputer la gloire à Lactance, et Eusèbe reconnut de bonne foi qu'il surpassait en éloquence tous les écrivains de son siècle. Si réputation le fit rechercher par deux empereurs, Dioclétien et Constantin, d'ont l'un s'était déclaré ennemi de la religion chrétienne, et dont l'autre s'en était déclaré protecteur. Lq premier l'attira à Nicomédie pour y faire des leçons publiques, et le second lui confia l'éducation de son fils Crispus. Mais ils se contentèrent de lui avoir donné ces marques stériles de leur estime, sans se mettre en peine de reconnaître son érudition, ni de récompenser son travail. Ces emplois dont ils l'honorèrent n'empêchèrent pas qu'il ne souffrit les incommodités de la pauvreté, ni que dans un âge avancé il manquât souvent des choses les plus nécessaires à la vie. Ce n'était pas aussi au fantôme de leur faveur qu'il avait consacré ses veilles, et jamais il n'avait employé sa plume ni à excuser leurs ^défauts , ni â flatter leurs passions.

NOTICE SLR LACTANCE.

«11 eommenct k écrire dès le temps qu'il étudiait 3 Amdbect fit un petit traité auquel il donna fMir titre EnUeUens de table. Pendant qu'il enteigiiut la rétborique à Nicomédie, comme il n'y était pat diargé d'écoliers, et que la langue latine n'y était pat conununément entendue, il eut le loîûrd'y composer plusieurs ouvrages, dont les ■itt ont été perdus et les autres conservés. Ceux du premier ordre sont : une description, en vers hexamètitSy des lieux qu'il avait vus en allant d'Affriqveen Bythinie; un livre intitulé le Grammairien, deux livres à Asclépiade, et huit livres de lettres. Les ouvrages qui ont été conservés sont : m livre de la Persécution adonné depuis peu au public, en latin et en français * , les sept livres des Inttiiuiions de la religion chrétienne; Ta- Mj^ié des mêmes livres, un livre de la Colère de Dieu, et un livre de la Création de l'homme,

«Dans le premier livre des Institutions de la nligion chrétienne , Lactance établit Texistence dTiuie providence souveraine et éternelle, Tunité èe Dieu, et prouve d'une manière invincible que cnx que les païens ont pris pour des dieux n'étaient que des hommes que d'autres hommes avaient vu naître et mourir.

*» « fl.recherche dans son second livre l'origine de ta superstition qui a abaissé les hommes jusqu'à m prosterner devant des idoles insensibles ; et nîvant , en général , le progrès qu'elle a eu dans lei descendans de Gain, il montre comment les ans ont adoré lescieux et les astres, et les autres les élémens et les bétes. Descendant ensuite au particulier, il fait voir de quelle manière les Romains ont élevé des temples à un grand nombre de dieux étrangers.

€ Dans le troisième livre il découvre la faiblesse de la sagesse humaine, les égaremens des philosophes et l'inutilité de leurs études, incapables d'étouffer les vices et d'apaiser les pas lions.

« Dans le quatrième livre il explique le mystère de l'incarnation du Verbe, parle des deux nalares du Fils de Dieu, de ses souffrances et de sa mort. Sur la fin, il montre que les hérésies qui ont altéré la pureté de la foi ne sont nées que de l'ignorance de TÊcriture sainte et que de l'avarice et de l'orgueil de ceux qui les ont inventées.

« Dans le cinquième livre il représente quelle est l'injustice des païens, et envers Dieu quand ils

* Bahize le publia pour la première fois, en latin, en 1689, el le chanoine Maucroix fit paraître, en 1690, Ka traduction que je reproduis dans ce volume. I.es mots depuis peu déterminent ainsi Tépoque de la traduction donnée dans le manuscrit 1340, et publiée ici pour la premif^re fois.

l'abandonnent pour adorer ses ouvrages, et envers les chrétiens quand ils exercent toutes sortes de cruautés pour les obliger à renoncer à la foi.

a Dans le sixième livre il leur reproche la fausseté du culte où ils s'engagent, lorsqu'ils immolent des victimes à leurs dieux, comme s'ils étaient altérés du sang des animaux et affamés de leur chair, puis il convainc les philosophes de s'être éloignés de la vérité dans les principaux points de leur morale, puisque par tous leurs préceptes ils n'ont pu arracher aucun vice du cœur humain, ni inspirer de la libéralité à un avare, ni de la tempérance à un débauché.

«Dans le septième livre il examine en quoi consiste le souverain bien, propose plusieurs argumens pour prouver l'immortalité de l'Ame, montre que l'on ne peut parvenir à cette immortalité que par la vertu , marque les présages qui précéderont la fin du monde, décrit la rigueur du dernier jugement, et conclut enfin son ouvrage en exhortant ses lecteurs à renoncer à l'erreur et ù embrasser la piété.

« Le sujet du livre de la Colère de Dieu est de combattre les épicuriens, qui soutenaient qu'il n*y avait point de dieux, ou que , s'il y en avait, ils étaient également insensibles et aux services cl aux injures que les hommes prétendaient leur faire. Le principal argument dont Lactance se sert contre eux est que leur opinion détruit la Providence et la religion, et qu'en ôtant aux dieux le soin de gouverner le monde, elle ôte aussi au monde le soin d'honorer les dieux. Pour bien entendre sa pensée il est nécessaire de remarquer qu'il prend toujours la colère pour un mouvement de l'âme qui se porte à punir les péchés, ce qui l'aida à justifier que la colère qu'il attribue .1 Dieu est exempte du trouble auquel celle des hommes est pour l'ordinaire très-sujette.

« Quant au livre qui a pour titre de l'Ouvrage de Dieu ^ il tend principalement à prouver la Providence par le soin particulier qu'elle a pris de former le corps de l'homme et de l'animer. Il est divisé en deux parties, dont la première est employée à répondre aux plaintes que certains philosophes formaient sur la condition humaine, en exagérant avec excès la faiblesse de notrr naissance, la difficulté de notre éducation, les douleurs de nos maladies et la nécessité de mourir. ^ laquelle nous sommes sujets. Elle contient aussi une description détaillée du corps humain el des fonctions auxquelles chaque partie est destinée. Dans la seconde partie du livre il est traité de Tâme raisonnable, des opinions des philosophes touchant ses action.s et de sa véritable ori- ( yiiu", qui n'est autre que Di4'u m(^nie.

NOTICE SUR LACTANCÊ.

« Saint Jérôme admirant la force de notre aateor a témoigné qu'il aurait été à aoubaiter qu'il Teût autti heureusement employée à établir les maximes de la religion chrétienne, qu'à ruiner les erreurs du paganisme MMais parce qu'il est incomparablement plusdifficiled'édifier que de détruire, il a clairement montré les superstitions des païens et n'a pas suffisamment expliqué la sainteté des mystères chrétiens. Pour le premier , il ne fallait qu'un sens exquis , un jugement solide « un esprit exempt des préjugés populaires , une âme assez généreuse et assez intrépide pour mépriser les promesses et les menaces des princes. Mais le second demandait outre cela une connaissance exacte de l'Écriture sainte et une méditation profonde des vérités que Tesprit de Dieu a révélées à l'Église et que l'on ne trouve pas dans Lactance. U a prouvé l'antiquité de la religion chrétienne et de TÉcricrilure sainte, et donné une haute idée de Dieu en le décrivant comme un être souverain et indépendant de qui les autres procèdent et dépendent. J'ai déjà remarqué qu'il avait bien traité la matière de la Providence et bien expliqué en quoi consiste proprement le culte qui est dû à Dieu. U n*a parlé que légèrement du péché du premier homme, de la réparation de la nature humaine, de l'incarnation du Verbe, de l'économie de l'Église, et en traiUnt toutes ces matières, il y a mêlé diverses sortes d'erreurs.

«Quelques-unes de ces erreurs ne regardent que la philosophie^ comme quand il fait un grand discours, pour prouver qu*il n'y a point d'antip^ des, d'autres ne regardent qoe la ehronolofie et l'histoire comme quand il fait Moïse prè» de neuf cents ans plus ancien que la prise de Troie, au lieu qu*il ne l'était que de trois et demi, selon k calcul d*Eusèbe ; mais les plus considérables et les plus dangereuses sont celles qui louchent la religion. Cest^ pour rapporter quelques exemples, une erreur capitale de nier, comme il le fait, l'éternité du Fils de Dieu, en disant que U père \t produisit avant que de créer le monde. C'en est encore une de soutenir que les âmes, au sortir àm corps, sont enfermées dans des prisons où elles sont gardées jusqu'au dernier jugement. Enfin, Lactance a suivi les égaremens des millénaires, touchant les deux résurrections et le règne de

mille ans. »

Je n'ajouterai que quelques dates à cette no-

* Lacumius quasi quidam fluyiuseloquentis tuUianse utlnain Cam ttostra confirmare pouiisset» quàm facile

aliéna dertrnit

(Epttre 19 d Paulin,)

tice donnée, connme on le voit, par un cailioliqM zélé que je crois de l'école de Port4Wy«L

L'opinion commune est que Laetance OâqM M l Afrique puisqu'U étudia dans la villa de Sicsi m Numidie, bien que son nom de FtrmiOHUê Ék ; fait coiyeaurer à quelques savant qu'il Hâltilé i ^ Fermo dans la marche d'Ancône.

Dioclétien l'appela pour enseigner les belMmlll» '\ très à Nicomédie vers l'année 290. -^

11 parait avoir renoncé an paganisoie veri m '^ 300 , et composé set Institutiofii vers 819. De Nicomédie , où il résida josqn'en 317 , stantitt l'appela dans les Gaules pour lui l'éducation de son filsCrispus, déjù oésflr;eC I mourut à Trêves, probablement vers l'an XK.

A peine l'imprimerie était-elle Inventée, qw M ouvrages de Lactance forent reprodaiti ; ils AmiC imprimés dans le monastère de Sublae, en IMI, in-fol. C'est le premier livre imprimé en liirile , avec date, ht de Mortibus persecuiorum MM publié qu'en 1689, par Baluze. Ce livre, dont pef» \ sonne depuis saint Jérôme n'avait parlé, #M trouvé dans les mannseri te de l'abbaye de MoiaiM en Quercy , d'où il passa dans ta biUîotbêi|M Colbert. j

L'édition la plus complète et la micvi exéettfie , j est celle du père Edouard de SainH^rançoii Xi* vien Rouen, 17M-59, 14 vol. îBhS^.

Je me suis servi puor mes oullatlona, de fMf* tion de Denx-PonU, 1786, an 2 vol. in-8^, et * l'édition publiée en 1 .vol« iiH8^, A detrx eolofliM», en 1836, à Besançon.

Les Institutions de Lactance ont été tradàlM en français par René Famé. Faris, 1542, fn-M. Cette traduction est aujourd'hui rflisfbie ; elle est plate et diffuse. Le prenrief livre a lÉfé aiiasi traduit par Drooel de Maaperfirf , et fihprhiKé à Avignon , en 1710. La traduction de Drooet da Mauperiuy est élégante et focife; c'est celte dotft je me suis servi pour ce livre , en regrettant qtlll n'ait pas donné suite A son projet de pubTiei* le reste des ouvrages de Lactance.

La Bfiort des persécuteurs a été traduite par Mavcroix, chanoine dt Reims; Paris, 1680, in-tf; par Basnage, d'après la version anglaise de Burnet ; Utrecht, 1687 , in-T^; et par Gk)descard. JTal choisi celle de Maucroix.

Aucune traduction des antres ouvrages n'avait jamais été publiée ; il en restait cependant deol manuscrits à la bibliothèque du roL J'ai fiait choix de la traduction contenue daoa le n^ 134^,

I ainsi que je l'ai indiqué au eemmencenent ëe cette notice.

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MATERNUS

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