‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienne (volume 2)Chapitre 80 sur 80 · ERREUR DES RELIGIONS PROFANES · texte numérisé non relu

ERREUR DES RELIGIONS PROFANES

tSi

a d'introduire dans le palais des hommes ique l'onappelait Titans, ellealtira le jeuoe t dans le piège en lui montrant un miroir illé avec beaucoup d'art et d'autres petits ges propres aux enfens , et le fit tuer. Les triers, pour ne laisser aucune marque par ; pussent être convaincus de leur crime, rent le corps et le partagèrent entre eus. uronnèrent cette cruauté par une autre plus S car, comme ils appréhendaient extrêmeles effets de la colère du roi , ils firent cuire Rentes façons les membres de Bacchus et ent un repas, auquel jusqu'en ce temps-là en avait point vu encore de semblable, rve , soeur de Bacchus, qui avait découvert éprise, se saisit du cœur, à dessein de s'en * pour convaincre les coupables et pour er la colère de son père. Il ne fut pas si tôt tour qu'elle lui fit un récit fidèle de cette ire tragique. Lexcès de son déplaisir et la ice de sa fureur le portèrent à inventer de saux supplices, qui furent des marques et de idresse qu'il avait eue pour son fils, et de issance abM)lue qu'il avait sur ses étals, parce qu'une vengeance si extraordinaire it pas encore apaisé entièrement sa doupour achever de se consoler, il fit faire un I de plâtre qui représentait son fils , et fit r en dehors sur l'estomac la figure du comr, equel Minerve avait découvert et prouvé ssinat. II fit ensuite élever un temple au l'un tombeau , et en doona la prêtrise à e, qui avait été précepteur de Bacchus. Les ans de Ttle de Crète , pour tâcher d'adoudr lurel violent et tyrannique de leur roi, Aune fête en Thonneur de son fils, et inslint une cérémonie qu'ils observent tous les t où ils imitent tout ce qui arriva à la mort icchus. Ils déchirent avec les dents un tautout vivant, courent dans les forêts les plus les en jetant de grands cris , et en faisant •lant d'avoir perdu l'esprit, comme s'ils lient persuader par là que ce ne fut pas par essein prémédité, mais par une folie déses- ?, que les Titans tuèrent Bacchus. Ils portent Doltequi représente celle où Minerve avait 'mé le cœur de son frère, et jouent de la et des cymbales pour représeuier les petits ms par lesquels Junon avait attiré Bacchus le piège. Voilà comment- ce jeune prince,

qui, par un effet de la haine de sa belle-mère, avait été privé du devoir ordinaire de la sépuU ture, reçut les honneurs divins par les suffrages d'un peuple qui ne cherchait qu'à flatter avec la dernière bassesse les passions les plus injustes de son roi.

Il y a eu un autre Bacchus ou Liber, roi de Thêbes, fameux dans l'art magique. U troubla l'esprit de quelques finnmes par des enchante» mens et par des breuvages, et se servit eastfitt d'elles pour commettre les crimes les plut «trotst et les plus infimes. Les théâtres, qui r«leiitisteaC tous les jours du récit funeste de ses omautés, ne permettent pas d'oublier les inhitetnités barbares et les violences inouïes qoe par son comman* dément une mère exerça coatre son fils , et des soeurs contre leur frère. Lycurgue, ayant formé contre lui une eonjuration où étaient entréa quantité d'hommes fort sages et éloignés de toute sorte de débauche, le chassa de sesétata« Un prince dont la volupté avait aniolU leeourage n'avait garde d'attendreces vaillants hommes ni de leur livrer combat. En effet sa corruption était si extrême «qu'on en parle encore aujourd'hui avec horreur dans les collèges, » et qu'on l'y décrit comme prostitué â rincontinence d'autrui. Lycurgue ne se contenta pas de l'avoir chassé; il crut le devoir poursuivre â main armée, de peur qu'il ne fût reçu dans les pays étrangers et qu'il n'en corrompit les mœurs par l'exemple de sca monstrueux débordemens. Il publia donc un édit contre ce tyran , qui était le déshonneur de sa patrie, et il se mil en campagne. Alors Bacchus^ pour n'être pas reconnu, jeta les marques de sa dignité, qui étaient ornéesdeoouronnes de feuil* lesde vigne,et, suivi de sa lâche troupe des ministres de ses débauches, courut de côté et d'autre le long de la mer voisine avec le dernier déseapoir. U y fot trouvé au milieu d'une compagnie d'hommes et de femmes ivres de vin, et avec un reste de la pompe qui servait â ses plaisirs. Il y en avait un d'eux tout vêtu de noir; un autre qui, pour faire peur, montrait une tête de serpent; un autre qui mangeait du mouton tout cru et qui avait la bouche pleine de sang. Lycurgue commanda de précipiter Bacchus du haut d'un rocher escarpé et iuaccessible, afin que son corps, en servant longtemps de jouet aux flots, servit aussi aux peuples comme de leçon et de remontrance pour les détourner du vice et pour

MATERNUS

les porter à la vertu. Homère a marqué dans ses { cours de l'année et qui parent ses bords I'ibp

poésies la fuite, la crainte et la mort de Bacchus.

DyoDifint éfNNifaaIé eU plongé daat lei floto de U Thétif le reçoit tout tremblant dans son sein; car il arait été saisi d'une frayeur très-Tire, en se voyant ainsi trait. •

Le consul romain Posthumius imita la sagesse de la conduite de Lycurgue et suivit ta disposition de SCS lois. Ge fut au temps qu'il était en chaire, comme les annales en font M , que le désordre des bacchanales fut découvert par un jeune homme nommé Ëbutius. Les mceurs de Rome étaient encore alors toutes pures et n'avaient point é(é corrompues par les vices des étrangers. Aussi le sénat ne manqua-t-il pas de seconder le zèle du consul , comme le consul ne manqua pas de maintenir des lois, de Tobservation desquelles il savait que dépendait uniquement le repos et le bonheur de la république. Ceux qui faisaient profession d^enseigner en secret les cérémonies de cette nouvelle superstition ayant été arrêtés et appliqués à la question, le sénat condamna au dernier supplice tous ceux qui en furent trouvés coupables , soit esclaves ou libres, jusqu'à ce qu'il n'en restât plus aucun vestige. Ce fut là sans doute une sévérité digne du nom romain, digne de l'ancienne vigueur des premiers temps de la république. Ce consul, voulant délivrer sa patrie des vices des étrangers, n'épargna pas les personnes de ses propres citoyens. V. L'impiété decette fête fut suivied'une autre toute pareille que Gérés institua pour honorer la mort de sa fille, car le regret de sa perte la porta à faire pour elle dans la ville d'Enna presque les mêmes choses que Jupiter avait fiaiites pour Bacchus, son fils, dans l'Ile de Crète. J'en rapporterai en peu de paroles les principales circonstances. Cérès n'avait qu'une fille, que les Grecs ont appelée Perséphone, et que les latins, en changeant quelques lettres, ont appelée Proserpine. Elle fut recherchée en mariage par plusieurs partis. Pendant que la mère s'informait d'eux avec grand soin, et avant qu'elle se fût déterminée ni déclarée en faveur d'aucun, un homme de la campagne, qui pour ses grands biens avait été surnommé Platon, c'està-dire riche, se sentant transporté par la violence de sa passion, la trouva proche du lac de Perçus et l'enleva. Ce lac est proche de la ville d'Enna. Les fleurs qui se succèdent dans tout le

après l'autre le rendent extrêmement agréable. LÀ on voit s'élever la tige de Thyacinthe, |i»rattre la tète du narcisse et éclater les tîtr couleurs de la rose. Là le lierre blanc rm^t doucement sur la terre; la violette s'y joint âb marjolaine, et les lis ne manquent pas de hm éclater leur blancheur. Enfin c'est un lieuqiii tous les attraits et tous les cbarmes qui penvm attirer et retenir de jeunes gens. Plnton, y ayant rencontré un soir Proserpine, la mît sur m char et l'enleva. Ge fut en vain qu'elle déchira ses habits, qu'elle arracha ses cheveux et qa'eBe se servit de ses ongles pour se défendre des aresses de son amant. Toute sa résistance ni ton les cris de ses compagnes ne la purent garantir. Gomme personne ne sortait de la ville à hor secours, une d'entre elles, poussée par sa propre crainte, alla fort vite en porter la nouvelle ï Cérès. A l'heure même elle mena des gens a^ mes contre Pluton, qui, ayant reconnu leor nombre et ne consultant que son desespoir, tourna son char vers le lac, qui était alors fort profond, et s'abîma dans ses gouffires avec Pnh serpine en présence de sa mère. Les liabitaK d'Enna, pour donner quelque consolation à cette mère désolée, feignirent que le roi des enfier» avait enlevé sa fille ; et, pour faire recevoir cette fable, ils ^youtèrent que le char était sorti ds lac par une embouchure qui paraissait^procbr de Syracuse. Ils contribuèient de leurs bie» pour élever un temple en l'honneur de Vtwfpine et de son amant, et pour y célébrer une fête chaque année. Mais la douleur dont CM; était pénétrée ne put pas être adoucie par ces moyens extraordinaires que l'on employait pour honorer la mémoire de sa fille. Elle se laissa persuader qu'on l'avait vue aux environs de Syracuse, et elle s'y rendit avec Triptolème, son trésorier, et une pompe qui ne marquait que trop sa douleur. Elle ne manqua pas d'y trouver des gens qui entretinrent sa crédulité par leurs soperslitions. Un certain Pandare lui jura qu'il Pavait vue monter sur un vaisseau avec son anuot près du cap Pachynum. Elle crut que cela était vrai, parce qu'elle le souhaitait, et récompensa fort libéralement ceux qui lui avaient annoncé une si heureuse nouvelle. Les habitans de Syracuse, et pour lui témoigner leur reconnaissaooe, et pour la consoler de son affliction, consacrèrest

DES ERREURS DE LA RELIGION PAÏENNE

i enlèvement de sa fille, et^ non contens de lui r rendre les devoirs ordinaires que Ton rend aux morts, lui bâtirent un temple comme à une •divinité. Mais la mère, qui ne trouvait du soulagement que dans la vaine espérance de la vie de sa fille, dont elle fiattait sa douleur, monta sur un vaisseau pour l'aller chercher dans les pays étrangers. Après qu'elle eut longtemps servi de jouet aux vagues, elle fut enfin jetée par leur violence au port d'Athènes. Les habitans l'accueillirent fort civilement, et reçurent d'elle du blé, qui était pour eux un présent nouveau, et dont jusque alors ils n'avaient point de connaissance. Le lieu où elle aborda fut appelé Eleusis^ c'est-à-dire arrivée. Quand elle fut morte, le pay$ luLrendit, ainsi qu'à sa fille, des honneurs divins, pour le blé qu'elle leur avait distribué en arrivant, et pour l'avantage qu'ils tiraient du soin qu'elle avait pris de leur en- 4ieîgner l'art de labourer la terre, de semer et de recueillir lés grains.

' C'est ainsi que les Grecs, qui sont des esprits vains et légers, ont eu la présomption d'attribuer des honneurs divins à ceux qui leur avaient procuré du bien et qui les avaient assistés soit de leurs conseils ou de leurs armes. Cest ainsi que la ville de Nysa a placé Bacchus dans le ciel ; c'est ainsi que celle de Sparte y a placé les fils de Léda changés en deux astres ; c'est ainsi que le mont Œta consacra autrefois Hercule , et que File de Crète fait encore aujourd'hui des vœux au tombeau de Jupiter. Mais, ô trèssaints empereurs, l'insolence de l'erreur est montée à un plus haut point au sujet de Bacchus et de Proserpine, quand elle a prétendu que l'un était le soleil et que l'autre était la lune. Il n'y eut jamais de fiction si vaine ni si aisée à détruire ; car qui est-ce qui a jamais vu le soleil enfant ? Qui est-ce qui Ta jamais trompé quand il était en bas âge. Qui est-ce qui l'a tué, qui l'a mis en pièces, et qui a coupé ses membres pour les manger? Qui est-ce qui a enlevé Proserpine, qui l'a cachée et qui l'a fait épouser à Pluton? 11 est vrai que, pour déguiser en quelque sorte cette erreur, ils la couvrent do voile d'une raison naturelle, en disant qu'ils adorent un esprit qui est divisé et un esprit qui ne l'est point. Mais je voudrais bien leur demander pourquoi ils mêlent des obsèques à la physique, et quel rapport ils trouvent entre les ou-

vrages de Dieu et l'horreur des meurtres dont ils les profanent. Pourquoi joindre les accidens les plus étrangers, le deuil le plus triste et les disgrâces les plus funestes aux cieux et aux astres auxquels Dieu a donné un cours si juste et un mouvement si réglé? Quel fruit peut-on tirer de confondre ainsi le ciel et la terre, la lumière et les ténèbres, les choses profanes et les choses sacrées , les afflictions et les douleurs des hommes et les honneurs et la félicité des dieux? Si le soleil assemblait tous les hommes et qu'il leur fit le discours qui suit, il les jetterait sans doute dans un étonnement qui approcherait du désespoir. «0 hommes, qui, bien que vous ne soyez que faiblesse, ne cessez pas de vous soulever incessamment contre la divine puissance, par quelle erreur et par quelle passion avez- vous été si fort enchantés que vous prétendiez qu'il ne dépend que de votre caprice de me faire tantôt vivre et tantôt mourir? L'extravagance de vos fictions devrait au moins se renfermer dans quelques bornes et ne me point faire Je dernier outrage. Cependant le même aveuglement qui vous jette dans le précipice me couvre de confosion, et l'égarement qui vous conduit à la mort fait mon déshonneur. Quelques-uns d'entre vous soutiennent opiniâtrement que j'ai été abtmé dans les gouffres du Nil; d'autres pleurent la perte qu'ils veulent que j'aie faite des parties sexuelles. D'autres veulent que j'aie fini ma vie par une mort cruelle, que Ton ait fait cuire dans une chaudière une partie de mon corps et que l'on ait mis l'autre à la broche. Ceux qui me font le traitement le plus doux, ou le moins ÎEÛurieux, veulent que je sois un conducteur de chariots. Renoncez à ces erreurs extravagantes qui ne vous peuvent conduire qu'à une mort étemelle, et apprenez la vérité, de laquelle vous devez attendre votre salut. Ceux qui ont inventé ou reçu ces fables sont les ennemis de Dieu, et ceux qui ont déshonoré les choses saintes par le mélange de leurs imaginations profanes en seront punis d'un châtiment dont la rigueur égalera l'excès de leur impiété. Pleurez, si vous voulez, les morts, vous qui mourrez un jour de la même sorte. Cherchez quelque autre moyen que le sacrilège pour consoler vos peines dans leur affliction. Pleurez la perte de Bacchus, de Proserr pine, d*Atis et d'Osiris; mais pleurez la sans

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me fiiir« iujure, uns me meuer sur leurs lombeaui et sur leurs oendres, sans abuser de mon nom pour entretenir la superstition et Terreur. Dieu m'a foit pour éclairer Funivers, ne ni*6tei point cet emploi qu'il m'a donné. Ne me parta«gez et ne me déchirea point selon la bisarreriede vos passions et de vos caprices. Groyei^moi tel que vous me voyei, et n'en penseï rien autre chose, sinon que je suis inviolablement les ordres de mon créateur. Il n'y a qu'une cbose que Dieu souhaite de vous et qui puisse vous sauver» qui est que vous écoutiei sa parole et que vous fermiez Toreille au mensonge, j» VoiU, très-^ints empereurs, le discours que j'ai cru que l'on pou^ vail faire sous le nom du soleil pour l'instruction des païens. 4'emploierai maintenant pour les convaincre le langage des livres sacrés et leur parlerai en ces termes : Si ceua que voua adorez sont des dieux, pourquoi les pleurer vous? et, s'ils méritent d'être pleures, pourquoi les adorez- vous comme des dieux? S'ils sont des dieux, cessez de les pleuaer ; s'ils sont des hommes, cessez de les adorer. Vos regrets et vos pleurs ne peuvent que déshonorer la miyesté divine. Mais comme les esprits qui ont eu le malheur d*è(re assiyettis i l'empire des passions criminelles n'en peuvent être délivrés sans beaucoup de peines, je continuerai à découvrir les mystères profanes de l'impiété païenne, afin que Dieu ait la bonté de relever, par les mérites de son Fils, ceux qui sont tombte , de rappeler ceux qui le fuient, d'affermir ceux qui duincellent, de remettre dans le chemin ceux qui s'égarent et de rendre la vie aux morta.

VU. Dans quelques viUea d'Orient on pleure Adonis en qualité de mari de Yénua, et on y montre sa blessure et cdui qui la lui fit. Cette dangereuse superstition est passée jusqu'en notre pays. Mars, changé en sanglier, voulut se rendre maître de Vénus et blessa Adonis qui courait indiscrètement eonlrehiL Si Adonis était dieu, comment ne voyail^l pas le piège que hU tendait son rival?. S'il n'était qu'un homme» comment était<ril ai imprudoit que de s'engager dans un combat inégal ? Mais j^apprenda que Vénus avait un autre mari, et il me semble qne les païens l'appelaient Vuleain. Que les opinions dont ils se sont laissés prévenir sont ridicules I L'amant de Vénus est pris par un de ses maria et surmonte l'autre. Mais.' considérez, je vous

prie , de quoi s'est aviaé cet anaant , de prenèe la forme d^un porc aauvage poor ooinbattR Adonia. S'il avait le pouvoir de wê venger de li sorte, il devait plutôt se chaDger en lion, liais ceux qui ont étudié le naturel des animaux tfsent qu'avec toute aa férocité il garde queiqBi sorte de continence. C'est pourquoi MÛs, qii attentait à rhonneur d'une feoinie mariée, es* vait moins prendre la forme d'un lion que ceBi d'un porc. îe révélerai en cet endroit on scott de l'Evangile. Le Sauveur, ayant diaasé les démons des corps qu'ils possédaient, leorpcrait d'entrer dans un troupeau de porea, afln qai^ étant précipita du haut des rocbara dans li mer, ils portassent avec ces vilains aniraanx ta peine de leur impureté.

J'apprejdds que Ginyrss âeva un temple dan nie de Cypre, en l'honneur de sa mattresie, nommée Venue, et qu'il ordonna que ceux qn voudraient être initiés à ce mystère donneraiait une pièce de monnaie à Vénus. On n^entend qas trop ce mystère , quoique la pudeur empêche de l'expliquer. Cinyraa observait eiactemcnl, comme un homme fort galant , les r^emcM des lieux consacrés à l'incontinence, quand I ordonnait que les prêtres de Vénus lui mettraient dans la main |ine pièce comme à osi courtisane.

VIU.; Ceux qui adorent le Jupiter Sébasîai font couler un aerpent le long de leur son. C'est ainsi que Tancienne erreur qui , dès le commencement , a introduit le pécbé continas à se répandre. CTest ainsi que les hommes sont assez aveuglespour adorer rauteuf de leiurpcrlc» et consacrer la malignité arMSeieuse et cmsHe du pernicieux serpent , dont le funeste poiaaq a corrompu toute la nature. Las fiètes des cory* hantes semblent n^voir été instituées que pov honorer le parricide; car deo^ frères ayant tai leur autre frère le conaactèrent au pied da mont Olympe , à dessein de eaqbsr leur crisK en cachant aa mort. Ct edel 4|ae les Maeédo* niena se laissèrent foUement persaader d'adsrer, c'est Cabîra tout sanglant que les luèitans de Thessalonique priaient autrefMs, ayant eux-mêmes les maina tentes sanglâmes. Considérons on peu quelle peut être uns divinilé qâ n'a été inventée que pour autoriser la tmat des parricides. Cest pourquoi ceux qui approuvent ces superstitions et qui observent ces Mes

bES ERREURS DE U RELIGION PAÏENNE.

tie cherchent qu'à soutenir leurs dérégiemens , et ne souhaitent rien avec une ardeur si eices* sive que d*a?oir une licence égaie à cdie que leurs dieux ont prise et de jouir des mêmes plaisirs. Ceux qui se plaisent à attenter ft la pu* dicité des femmes mariées se proposent Jupiter pour leur modèle, et trouvent dans ses actiooa dequoi justifier leursdébordemens.llsle louent et Tadmirent d'avoir trompé Léda sous la forme d*un cygne, d'avoir enlevé Europe sous la forme d'un taureau, d'avoir séduit Antiope soua celle d'un satyre, d'avoir oorrompn Danaé par la quantité de l'or qu'il lui versa dans le sein. Ceux qui sont frappés de eette passion aboroi« nable, qui Mt outrage et horreur à la nature, regardent avec une joie incroyable Jupiter tê* nani Ganymède entre ses bras, Hercule brûlant pour Hylas, et Apolloo languissant pour Hyacinthe. D*autres étudient la vie de Cbrysippe et de Pélops à dessein de procurer par leur moyen l'impunité à des crimes contre lesquels les lois romaines ont établi des supplices. U est malaisé de fiiire le dénombrement de toutes les déban* ches des dieux. Qui a corrompu Amyniome, Alope, Ménatippe, Gbione, Hippotboé? On dit que ç*a été votre dieu. Ce dieu , qui oppose comme une forte digue la sainteté de ses oracles et la sévérité de ses préceptes au cours impé* tueux des crimes des hnnmes, est le même qui aime Stérope, qui enlève Étbuse, qui viole Zeuiippe,qui poursuit Prothée, et qui tend des pièges à la vertu d'Arnnoé. Mais, parmi tant ' de femmes qui servirent de vietimes à soo in« continence, il y eut une fille qui lui échappe Ge fut Daphné, qui se cacha si bien que ce diev^ qui sait tout et qui prédit Pavenir, ne la pot trouver.

Ceux qui sont assez inMmespoiir se prostituer à l'inconthience d'aufrui , et qui trouvent dana cette prosfitutim une honteuse consolalimi à la ftiblesse oft leurs débauches les ont réduits, n'ont qu'à regarder Bacchus qui , pour ne pas manquer à la promesse qu'il avait foite à son amant durant sa vie , lui donna après u mort l'ombre d'une jouissance sur son tombeau ^ S1I y a quelqu'un assex désespéré pour vouloir 6ter la vie à celui de qui il l'a reçue, il n'aqu'àsuivre

> Aniobe, Uv. V, ^ 406, de Védilioa de Btiancoo , as craiDt pas de préseoter ces sales ubleanx dans tsus leurs détails

Texerople que Jupiter lui en donoe. Ceux qui veulent répandre le lang de leurs frères n'ont qu*à imiter les oorybantes. Geux qui méditent des incestes en trouvent encore l'exemple dana Jupiter, puisqu'il connut sa mère, qu'il épousa sa soeur et qu'il tenta la pudicitédeu fille. Cent qui ont dessein d'opprimer les faibles trouve-* ront dans le traitement qu'Apollon fit à Blarsyaa l'image de leur injustice. Geui qui brûlent d'en*» vie de s'enrichir du bien d'autrui , et qui ôteat la vie aux riches pour prendre après cela leur bien , n^ont qui s'iofomer de quelle manièm Hercule tua Oérs^m et emmena ses benifii. Ceux qu'une ftireur aveugle porte à répandre le sang n'ont qu'à voir 1rs sangfansexploits du dieu dé la guerre. Enfin il n*y a preaqne point de crime où l'exemple et rautorité des dieux ne puissent engager les hommes. Sî quelqu'un souhaite d'apprendi^ ee qa'il y a de plus fort pour vai» cre la résistance d'une fille et pour l'engager à aimer , il n'a qui songer à Tor que Jupiter jeta dans le sein de Danaé. Les traîtres apprennent à livrer les places qu'on leur a confiera de ceuï qui mirent Saturne entre les mains de son fils* L'histoire des aventures de Tantale est une leçon qui enseigne à violer les droits de l'hospitalité » et à rompre le ncnid de l'amitié la plus sainte* Triste consolation des iniustes passioiis I mal^ heureuse étude des pemioieu|[ sixemples I dé« plorable passion des folMes esprits I Youa avea fait du eiel on théâtre où se jouent de cruellrà tragédies, et où la représtniafioa des eiploila héroïques d<^ dieux précipite les hommea dana les crimes les pies atroces. Mais cependant, dani un aven si puMte des plus liorriMes déborder men^, et dans une licence si absohN et si p«is«, samment établie, nous sommes fwt obligés à ceux qui nous ont rseaeté les amertumes et Us disgrâces des dieux , et qui nous ont appria éei vérités si désavantageuses au ffirti qu'ils sont» naient. On a trouvé parmi les andeas, et avant que le Sauveur e6t édairé le aaeade de sa hn mière, quelques traces de vertu. On y a vu itt Diomède qui, éunt sage et nndéré, a blessé Vénus et dompté Mars. Ge Mtfs, si redoutable par M valeur, y a paru cosdamné an bannisse^ ment et ebsrgi de chalnea. par Fordre d'Olua et dtphialte. Jupiter y pleure )a mort de 8ar» pédon, son flto, tué an siège de Troie. Neptune y est privé, par l'orgueil injuste d'un roi , de li

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euK elle iurail été réduite en cendreft. Mais, si elle a éié garaotie du feu , elle ne Ta été que pour un temps ; elle y est coodamuée , c'est Un supplice qu'elle ne saurait éviter. Ce feu de la colère de Dieu s'allume et menace les pé* cbeurs d'une terrible vengeance. Ce feu n'épar* goera pas riinage d^Pallas, puisqu'il pénétrera tout ce qu1l y a de plus caché , et qu'il consumera toutes les idoles que les fausses opinions el les vaines erreurs auront élevées. « Le jour du Seif^eur, dit un prophète , viendra comme vn four ardent ^. » Je viens de dire ce qui sera brûlé par la chaleur de ce jour. Il n'y a rien dans vous qui en puisse écliap|yer ni qui puisse être gardé dans les greniers du Seigneur. Vous serez emportés comme une paille sèche et légère que la flamme réduit en flammèches. YoiU quelle sera la fin de votre vie et le châtiment que Dieu TOUS a préparé, pour avoir, contre ses intentions tc contre ses ordres y abusé de la crédulité des peuples.

Je suis bien aise d'examiner avec soin de quelle Pallas était l'image qui avait été faite des ossemens de Pélops. 11 est certain qu'il y a eu plusieurs Pallas ou plusieurs Minerves , et personne ne le révoque en doule. Parlons donc de la race, de la naissance, de Téducation, de la condition de chacune en particulier, aRn de pouvoir discerner celle au nom de laquelle fut consacrée l'image dont il est questiou. L'anti* quité fiait mention de cinq Minerves. La pre* mière fut fille de Vulcain, et ce fut celle qui fonda Atliènes, et qui, ayant assemblé une troupe de pajrsans^ les accoutuma aune manière de vivre plun polie et plus civile. La secoude fut d'Egypte , fille du roi Nilus , et ce Fut elle qui inventa l'art de faire des étoffes. La troisième fut fiUe de Saturne ; mais ce fut une fille qui avait quelque chose de raAIe , et qui , au lieu de se contenir dans les bornes que la pudeur a près* erites i son sexe , ne se plaisait qu'au milieu du bniit des armes et des périls des combats. La quatrième fut fille de Jupiter , roi de Crète , et ce fut elle qui lui découvrit de quelle sorte Bacchus avait été tué. La cinqdièiiie fut fille de Pallante et deTritonis. On lui donna le nom de son père; mais elle le tua par le transport d'une ft^eur parricide , et , non contente de l'avoir tué , elle se para de sea dépouilks , comme i

* Matxhif^cbif). it.

dessein de jouir longtemps du fruit de m crime , et d'en faire ua siijtt de vanité et de triomphe ; cest celle-là qui a donné son nom ai Palladium ; c'est celle^à dont l'image est cooocrée; c'est elle qui, au lieu de recevoir par rastorilé du juge le châtiment dû à Ténormité de I ses crimes, reçoit par les lois du souverain postife un culte divin. Ayea aoio d*apporter du bois pour entretenir le feu qui brAle sur son aatd, et ne cessez jamais de lui ofirir vos aacrifico ; mais que ce feu, au lieu de ooosacrer sa gloire, fasse son supplice , et qu'il précède celui aoqiid elle sera un jour condamnte par Tarrèt irrévocable de le justice divine.

XII. Ce que je viens dédire iBÎt voirclairemcot. si je ne me trompe, très-sain la empereurs, qae les édifices que les peuples réduits aous la servitude de la superstition ont bâtis, ne sont poiac des temples consacrés ft la gloire du vrai Dieu, mais que ce sont des tombeaux dressés pour honorer la mémoire de certaioa bonames noircis de crimes. C'est là où l'erreur et Tioipiété conservent les misérables restes de leurs corps , où la cruauté de leur mort est renouvelée par l'immolation des victimes, où la douleur que le temps avait assoupie est réveillée par les cérémonies qui s'observent tous les ans , et où un culte qui a quelque apparence de religion est une leçon publique d^incesle et de parricide.

Je vous supplie très-bumUement, très-saiots empereurs , de me permettre de voua représenter l'obligation indispensable où vous èttt d'abolir entièrement ces abominations et d'employer pour cet effet toute la rigueur des lois. Ne permettes pas que ces erreurs si pernicieuses et si funestes se répandent plus longtemps dans l'étendue de l'empire, ni qu'elles soient cause de la perte d'un si grand nombre de vos siyets. Je sais bien qu'il y en a quelques-uns qui sont assea aveuglés et assez endurcis pour vouloir périr et pour ne vouloir souffrir que l'on les sauve. Mais ne laissesi pas de les assister malgré qu'ils en aient , et soyes persHadés4|ue le meilleor uaage que vous puissiea Sûre de la puissance que Dieu vous a mise entre les naaias est de (âeber dt» guérir ces désespérés qui refasent les remèdes qu'on leur présente^ Gwmm nous savons eumhieu leur opiniAtieté ieiie eeeait 61aeste et combien le cbAtimeat qii'ili,ea>8iiuffiriraient est sévère , il vaut .ipieua les en garantir

DES ERREURS DE LA RELIGION PAÏENNE

contre leur propre indînation que de leur laisser k liberré de se perdre. Il y a des malades qui iouhaitent tout ce qui est le plus oontraire^i la santé et qui font tout ce qui est le plus capable de lea empêcher de la recouvrer. G*est pour eui qu'il n'est paa permis d'avoir de la douceur. U fkut les contraindre de prendre les remèdes les plus amers , et si leur mal s'aigrit contre ces remèdes, Il fout employer le fer et le feo. Quand ils auront été guéris et qu'ils auront la liberté de leur jugement, ils reconnaîtront combien la rigueur dont on aura usé envers eux leur aura été salutaire.

XllI. Permettez-moi , très-saints empereurs, de vous eiplîquer les raisons des noms que les païens ont donnés à quelques-uns de leurs dieui. Ils ont appelé soleil l'astre qui , par l'ordre de Dieu , ramène le jour sur chaque hémisphère. Ce n'est pas parce qu'il est seul qu'ils l'ont ainsi appelé, car en effet il n'est pas seul dans le ciel. Ui lune y est aussi bien que lui , les étoiles fixes et les planètes. Mais c'est à cause que , quand il se lève , il efRioe la lumière des autres astres et éclaire seul la terré. Us ont appelé la lune Lucine , à cause de la lumière qu'elle répand durant la nuit. D'autres l'ont aussi appelée Diane , à cause que cette lumière semble foire de la nuit un jour. Le nom de Neptune , qu'ils ont donné au dieu des eaux , est un nom qui marque qu'il nage. Us ont cra que le mot de DU^ qui signifie les ricliesses, était un mot fort propre pour exprimer la nature de la terre, parce qu'elle refoit dans son sein toutes sortes de biens et qu'elle les en foit ensuite sortir , ce qui montre , plus qu'aucune autre chose , ses richesses et son abondance. On a appelé b substance des biens et dfii fruits de la terre Proserpine , à c&iMe qu'ils servent aux hommes anssitdt qu'ils ont été serrés* La terre même a été nommée Gérès^ parce que l'on j sème le^ grains. Le dieu de la guerre a été appelé Mavors, à cause qn'il renverse les plus grandes choses* Le nom de Minerve, est un autre nom de guerre, et il signifie ou qu'alit diminue les forcée, w qu'elle menace. Le nom de Vénus nirqnu l'agrtetnt et la beauté des peNônnea. Le nom d'Apollon nnit de ce qu'il perd tnnt ee qn'il a ^ éar èMiuN en grec sigoiftS/MMna. QuelqtesHnisont donnile même nom an soleil à eause qn'il perd sa hmière quand ilap|lroeht ék son couchant.

Vous voyez par là que vos dieux ne sont que des ouvrages et des inventions du mensonge et de l'imposture , et que leurs noms et leurs figures ne leur viennent que de la superstition et de l'ignorance des peuples. La vérité commence à paraître et à dissiper Terreur. Ces fictions mal digérées imprimèrent d'abord de la terreur dans les âmes foibles. Mais , quand elles eurent perdu la grâce qui accompagne presque toujours la nouveauté , elles n'imposèrent plus si fort qu'auparavant , et l'admiration qu'on avait eue pour elles se diangea peu à peu en mépris. On eut la hardiesse d'examiner des mystères que l'on avait reçus sans les connaître, et en les examinant on en découvrit la fousseté. On s'aperçut d'abord de la vanité de la religion païenne, puis on la méprisa, et enfin on la rgeta absolument.

XIV. Je ne crois pas devoir omettre les signes et les marques extérieures qui sont reçues dans ces misérables sectes pour discerner ceux qui font profession d'une inème superstition. Ils ont leurs mots et leurs réponses qui leur sont enseignées par le démon. H y a un temple où ceux qui veulent être admis disent : « J'ai mangé sur un tambour, j'ai bu dans une cymbale, et j'ai appris le secret de la religion. » Misérables que vous êtes , quand vous parlez de la sorte , vous confessez que vous avez commis un grand crime , que vous avez pris un poison qui portera la mort dans vos entrailles. Il y a un autre nourriture qui répare les forces , qui guérit les langueurs , qui détourne de Tégarement ^ qui met dans le bon chemin , qui relève de la chute , qni donne le saint et la vie , et qui réconcilie avec Dieu. Cherchez le pain et le vin du Sauveur. Cette nonrritune eéleste vous communiquera l'immortalité et vons donnera du dégoût pour toutes les nourritures de la terre. Cest à prendre celte nourriture que la sagesse invite les hommes , quand elle leur crie par la bouche de Satomon : « Venea , mangea de mon psîn et buvez du vin que je vonii ai préparé ^ » Ce fut la même que Mekhisédecb , roi de Salem et grand pritre, présenta autrefois à Abraham. Ce Ait la même qu'lsauc promit à Jaeob lorsqu'il lui donna sa bénédiction. Gomme Ésatk suppliait aoB fAm dn Ini ftira la même iprM 9 M toi répondit en ces termes : t J'ai étaMi Jaoob votre

* Proverbes f u.

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grâce se répandra sur nous , Tauteur de la lumière se communiquera à [nous , et la lumière même éternelle et divine se laissera voir à notre esprit.

Maintenant, pour réprimer Tinsolence de ces paroles sacril^s dont les cérémonies pro&nes ont consacré l'usage parmi Jes païens, je ferai voir, par Fautorité des livres sacrés, que le véritable époux est Jésus-Christ, que l'épouse est TÉglise, et que c'est de leur union mystérieuse que naissent incessamment des enfads spirituels. Pour établir solidement cette vérité, nous n'avons qu'à révéler le secret des prophéties et à expliquer les termes des divins oracles. Voici les paroles que TEsprit-Saint met dans la bouche de Joél : a Chantez de la trompette sur la montagne de Sion, sanctifiez le jeûne, annoncez la guérison aux malades, assemblez le peuple, pu* rifiez l'Eglise , révérez honorablement les vieillards, rangez les enfans en bel ordre, et après cela que Téponx sorte de sa chambre eî que l'épouse sorte de son lit ^ . » Jérémie exprime la même chose par cette menace : « J'ôterai aux villes de Juda et aux villes de Jérusalem les cris de joie, je leur ôterai la voix de l'époux et la voix de l'épouse^ «L'Esprit-Saint décrit encore la démarche de l'époux quand il dit dans les psaumes : « Il sort comme un époux de sa chambre nuptiale. Il va plein d'ardeur comme un géant commence sa course : il part d'un bout du ciel et continue son tour jusqu'à Kautresans qu'il y ait rien qui se cache à sa chaleur ^. » Que si nous voulons approfondir encore davantage ce mystère , nous trouverons dans l'Apocalypse quel est cet époux. «Je vis la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, qui, venant de Dieu, descendait du cid, étant parée comme une épouse qui se pare pour son ^|mmix^.» Si nous voulons encore voir ce que les évangélistes ont décrit sur cesiûet, nous apprendroa» que saint Jean en a parlé en ces termes : « Vous m'êtes vons-mêmes témoins que je vous ai dit que je ne suit point le Christ, mais que j'ai été envoyé devant hii.« L'époux est celui à qui est l'épouse ; mab l'ami de l'époux, qui se tient debout et qui^ l'écoute, est ravi de joie, à cause qu'il entend la vMx éê répoux K »

« JoM, chap. I -^ * Jérémie, dMp. 16.

« Puufne 18. — * Apoca1nM«> ehâp^ 3t.

• & Jean , dat». 3. ! •

Une troupe de sages vierges attendent cet époux et tiennent leurs lampes allumées pour l'éclairer. Les serviteurs qui l'attendent recevront la récompense due à leur fidélité et à leur persévérance. Voici de quelle manière il en est parlé dans l'évangile de saint Luc : «t Que vos reins soient ceints, et ayez toi^ours dans vos mains des lampes ardentes; et soyez semblables à ceux qui attendent que leur maître retourne des noces, afin que, lorsque sera venu et qu'il aura frappé à la porte , ils lui ouvrent aussitôt. Bienheureux seront les serviteurs que leur maître à son arrivée trouvera veillant ^ »

Voilà celui qui est appelé époux par la bouche de la vérité. Pourquoi donc, dans le dangereux état où vous êtes, avez-vous l'insolence d'usurper un si beau nom? Si votis voulez suivre la lumière que l'on porte devant l'époux, renoncez à vos erreurs et expiez vos péchés par les exercices d'une solide piété. Si l'époux vous trouve veillants, il récompensera libéralement votre fi* délité, en vous ouvrant son palais, en vous découvrant la gloire de son royaume, en vous communiquant l'immortalité.

X VI. Il y a une autre céFémonieoù ceux d*entre les païens qui l'observent se distinguent en prononçant ces mots: «Le Dieu issu de la pierre'. » Pourquoi profanez-vous un nom si saint? U y a une autre pierre dont Dieu a promis d'affermir les fondemens de la céleste Jérusalem , et cette pierre, c'est Jésus-Christ. Votre pierre n'a rien de solide", tout ce que Ton met dessus tombe en ruines. La nôtre au contraire est placée par la main de Dieu, affermie sur un fondement inébranlable, et elle soutient un édifice dont elle fait la force et la beauté. Isale, rempli de l'esprit de Dieu, en parle en cette sorte : « Cest pourquoi , dit le Seigneur Dieu : Je m'en vais mettre pour fondement de Sion une pierre éprouvée , une pierre angulaire , précieuse, qui sera un ferme fondement. Celui qui croira en elle ne sera pofait confondu'. Le roi auteur des psaumes, rempli du même esprit, dit aussi : «La pierre que les architectes avaient Vqetée a été feite la tète de l'angle. Cest là l'ouvrage du Seigneur, et nos yeux le regardent comme un miracle ^.»

Dieu a voulu que plusieurs autres prophètes

* K. Luc, dMp. 19.-* H s^t ici de NHiini.

* liaîe , chap. 28. — * Paauine 117.

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des fidftics; c'est le dragon qui est pris à Tbameçoa , qui est paré des écailles du serpent de Lerne, et qui voit reûattre les tètes de Tbydre. C'est en vain que tu te reproduis de la sorte. Nous savons le moyen d'assurer ta mort et d'ar* rèter les progrès de ton venin. Nous avons bu le sang de notre Sauveur, et ce sang immortel s'est mêlé avec le nôtre. C'est le remède salutaire par lequel ton poison est chassé.

Mais qui a jamais vu avec des cornes ce dieu que les païens pleurent dans leurs fêtes P Quelles sont ces cornes qu'il se glorifie d'avoir ? 11 y en a d'autres dont le prophète rempli de l'Esprit» Saint fait mention , et le diable s'efforce de les attacher à son front. Ces cornes sont les parties de la croix ; un des bouts soutient le eid , et l'autre affermit la terre. Un des bras s'étend vers l'orient et l'autre vera l'occident ^ et tous ensemble servent comme de base et d'appui à l'univers. Un prophète nous a expliqué ce mys^ tère, quand il a dit : «Sa puissance a couvert les cieux , et la terre a retenti du bruit de ses louan* ges. Son visage est éclatant comme un astre, et ses cornes sont dans ses mains; c'est là que réside aa force et son honneur. Cest le trône où il fait paraître son amour; c'est le chemin que le Verbe a voulu tenir ^t

Voilà la croix Immortelle à laquelle le Seigneur étant attaché soutient tout l'univers , qu'il a fait le sigoeet Tinstrument de notre salut, et qu'il porte comme Tétendard de la vie éternelle, ainsi que le propMte nous en a avertis, quand il a dit : « Il pgrtera sur son épaule sa principauté, et il sera appelé le conseiller'.» Dans le combat qui Ait «tonné à Amalec, Moïse étendit ses bras en forme de croix pour détenir la victoire. Gourex vers cette croix. Que la jus* lice Ja chasteté, la miséricorde, la patience et la foi vous y attachent, afin qaè le signe salu» taire que voua avei reçu au baptême vous fasse participer au mérite de la mort du Sauvenr.

XVllI. Proposons eneort une antrt marque par où les palena se distiogoenl ^ et tâchons de découvrir l'artMee dont le démon se sert pour corrompre, par une finisse imitalioD, la vérité de nos mystères, lia couchent une image dans une chaise , et la pleurent avec mesure et avec nombre. Lorsqnlls sont las de plenrer, ils allument des flambeaux. Alors le prêtre frotte

« Habacuc , cbap. 3. -^ * Me» Hisp. 9.

d'un baume la gorge de ceux qui ont pleuré, et leur dit ces paroles : « Ayez bon courage ^ voua qui avez été instruits des mystères, et vous serez soulagés dans vos travaux. » Pourquoi etciteavous ces misérables à prendre courage? Poer* quoi les trompe:&-vous, en les exhortant à ae ré* jouir P Quelle assurance leur donnez-vous, on même quelle espérance de leur salut P Ne savez* vous pas que vos promesses sont vaines P 11 est certain que votre dieu est mort. On ne remarque plus en lui aucun signe de vie. Il n*y a point d'oracle qui ait promis qu'il ressuscitera. Aussi n'est^il point ressuscité, et n'a point donné de preuve de sa résurrection en se faisant ?oir à ses disciples. Vous mettez une idole dans le tombeau, vous la pleurez; vous la retirez du tombeau , et vous vous réjouissez. Vous^êtes vous-mêmes ka défenseurs et les protecteurs de votre dieu. Ce n'est qu'une pierre insensible que vous placez et que vous ajustez de telle manière qu'il vous platt, et dont vous corrigez les débuts. Ce dieu vous est sans doute fort obligé , et vous témoigne sa reconnaissance, en vous rendant des devoirê semblables à ceux qu'il a reçus de vous, et en TOUS faisant vivre et mourir de la même sorte qu'il vit et qu'il meurt. Pour ce qui est de la cérémonie de frotter d'un baume la gorge de ceux qiii ont plehré, qui est-oe qui ne voit pas que c'est une cérémonie vaine et inutile, et que Ton doit mépriser. Le diable a donc des per^ sonnes qu'il marque de ee baume, et qui sont en quelque sorte ses Christs, parce qu'il est l'Antéchrist. Il communique l'infomte de son nom ft ceux qu'il a rendus complicesde ses orimes. Gardez ee parfum-là pour ceux qui sont merts, et pour ceux qui doivent mourir. Gardez ce poison pour ceux que vous avez pris dana vos filets, eC que vous destinez à une mort étemelle. Il y t un autre parfom^que le pire a donné au fils, êi que le fils communique aux Mêles. Cest un parfiim composé par un si merveilleux secret , qu'il se conserve sans se corrompre jattaia eC saos rien perdre de son odeur» Les effets sont encore plus surprenans^ puisqoll ehasse toute la corruption que la mort avait jetée dans nos veines , et qu'il tire un hémoié nouveau du iMh beau et des cendres du vieil homme. Gegnmd mystère est expliqué d'me exeelleiite idasHrÉ par ces paroles de David : a Voire beeiiié tmr* passe celle de tous les enfans des imaames. La

MATERNUS

grâce s'est répandue sur vos lèvres ; c'est pourquoi Dieu vous comblera de bénédictions pour toute Téternité. O très-puissant ! ceignez-vous de votre épée, armez-en votre côté. Étant tout brillant de beauté et de gloire, comme vous êtes, entrez dans les grands succès où votre magnificence vous doit conduire, à cause de votre vérité, de Yotre douceur et ne votre justice; et la puissance de votre droit vous fera faire des actions miraculeuses. Vos flèches sont pénétrantes, elles transperceront, ô roi! le cœur de vos ennemis. Les peuples tomberont à vos pieds. Votre trône, ô Dieu ! sera un trône éternel. Le sceptre de votre empire sera un sceptre de droiture et de justice. Vous avez aimé la justice, et vous avez haï Tiniquité. C'est pourquoi votre dieu vous a oint d'une huile de joie, en une manière plus excellente que tous ceux qui participeront à votre gloire. Vos habillemens, tirés de vos palais d'ivoire, seront parfumés de myrrhe, d'aloès et d'ambre, et vous donneront de la joie. Celles qui sont en honneur auprès des bons, sont des filles des rois L 0

Voilà quelle est la force de ce parfum immortel, auquel est attachée la puissance de commander à toute la terre. IL y a un autre oracle de l'Écriture, qui marque clairement le nom de celui qui a été honoré de cette puissance. «Pourquoi les nations s'assemblent-elles en tumulte, et pourquoi les peuples forment-ils de vains projets? Les rois de la terre se sont élevés; et les princes ont conspiré contre le Seigneur et contre son Christ. »

Préveniion sacrilège , pourquoi t*empares-tu aussi des esprits des hommes P Le parfum du Sauveur donne un empire qui n'aura point de fin, et le parfum des idoles prépare un feu qui ne s'éteindra jamais. Ferai -je ici un examen plus particulier des paroles que ce prêtre des faux dieux prononce avec sa bouche impie? Après avoir tiré son dieu d'entre les bras de la mort, il exhorte ses compagnons à prendre courage et à concevoir de bonnes espérances. Ces espérances-là sont trompeuses; ce sont des promesses fausses et des pièges dangereux. Gomment ce Dieu a-t-il été tiré d'entre les bras de la mort? Apprenez ce que vous ignorez. Cest i Jésus-Christ , fils unique de Dieu , qui est mort pour le salut du genre humain ; il a souffert les

' Psaume 44. .

plus cruels supplices pour nous délivrer de b servitude dans laquelle nous gémissions , pour apaiser la colère de son père et le récondlier avec nous , pour nous faire voir dans la résurrection une image de celle qu'il nous promet. Durant les trois jours qu'il fut aux enfers , il y assembla une troupe d'àmes saintes et les affranchit de la puissance de la mort , brisa leurs fers et ouvrit les portes qui les tenaient enfermées. 11 a par ce miracle fait trembler la terre et ébranlé les fondemens de l'univers. Les globes du ciel précipitèrent leur mouvement, et le soleil se hâta de se cacher. La nuit obscurcit Tair , et le voile du temple se brisa. Tons les élémens sentirent les douleurs de Jésus-Christ et combattirent avec lui contre la tyrannie deU mort. Ce combat dura trois jours , et se termina heureusement par la défaite de celte aruelle ennemie des hommes. Ames saintes , ne perdez pas courage et ne vous abandonnez pas à Timpatience ni au désespoir. Attendez trois jours; c'est le terme que TEsprit-Saint a prescrit , par la bouche de David , au triomphe du -Sauveur, a On nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. Levez-vous , Seigneur. Pourquoi dormez- vous? Réveillez-vous et ne vous éloignez pas de nous pour jamais. Pourquoi nous cachezvous votre visage ? pourquoi oubliez-vous nos maui^ et Toppression que nous souffrons? Notre âme est abaissée jusqu'à la poussière de notre ventre et attachée à la terre. Levez-vous et venez nous secourir. Délivrez - nous par votre miséricorde ^ »

Le troisième jour est plus éclatant qu'aucun autre , et le soleil y répand une lumière extraordinaire, comme à dessein d'honorer le triomphe du divin Sauveur. Une foule d'àmes saintes suivent son char et s'écrient , dans le transport de leur joie : « 0 mort ! où est ton aiguillon ^ ? > Il commande que le ciel s'ouvre pour y rétablir l'homme qu'il a racheté. Le prophète rapporte les propres termes auxquels il fait ce commandement : «Portes grandes et élevées , ouvrez vous ; portes éternelles , ouvrez-vous , afin que le roi de gloire fasse son entrée. » Les anges qui reçoivent ce commandement , et qui ne savaient point encore que le Verbe de Dieu était descendu sur la terre, s'informent avec soin et

* Psaume 43.

' 11. Epttre aux Corint^iept, cbap. 15.

DES ERREURS DE LA RELIGION PAIENNE

demandent : a Qui est le roi de gloire ?» C'est , poorquoi Jésus-Christ leur répond clairement : «C'est le Dieu fort et puissant, c'est le Dieu invincible dans les combats. »

Ces gardes vigilans des fidèles reconnaissent à l'heure même le Fils de Dieu et apprennent ce qu'ils avaient ignoré, lis voient les dépouilles de l'ennemi vaincu , et , se souvenant de Tordre que Dieu avait établi au commencement dans lé monde , ils joignent leurs voix à celles de la troupe bienheureuse qui entre dans le ciel , et disent avec elles : « Portes grandes et élevées , ouvrez-vous; portes éternelles, ouvrez-vous, afin que le roi de gloire fesse son entrée.» Le père met le sceptre dans la main de son fils et le fait asseoir sur son trône , afin qu'il y règne et qu'il y commande éternellement avec un pouvoirégal au sien. Je vous rapporterai, si vous l'avez pour agréable , les paroles que Dieu même dicta autrefois à Daniel sur ce sujet. « J^eus , dit-il , une vision pendant la nuit, et tout d'un coup le fils de l'homme parut marchant sur les nues. 11 s'avança jusqu'à lA'ncien des joors et se tint debout en sa présence. Ceux qui l'avaient accompagné le lui présentèrent. La puissance royale lui fot donnée. Tous les princes de la terre , tout ce qu'il y a de plus relevé et de plus éminent lui obéira. Sa puissance est une puissance qui ne lui sera point ôtée , et son rè^e n'aura point de fin < »

La magnificence du même triomphe est décrite dans l'Apocalypse. «Je me tourne pour voir celui de qui j'entendais la voix , et , regardant derrière moi, je vis sept chandeliers d'or ; et au milieu de ces sept chandeliers d'or j'aperçus un homme qui ressemblait au Fils de Fbomme, velu d'une longue robe, et ceint au-dessous des mamelles d'une ceinture d'or. Sa tète et ses cheveux étaient blancs comme la laine la plus blanche et comme la neige ; ses yeux ressemblaient à une flamme de feu ; ses pieds étaient semblables à l'airain le plus pur et le plus luisant , et étaient aussi ardens que s'ils eussent été dans une fournaise , et sa voix retentissait comme le bruit des plus grandes eaux. 11 avait en sa main droite sept étoiles , et de sa bouche sortait une épée tranchante qui coupait des deux côtés, et son visage était aussi brillant que le soleil dans sa plus vive lumière. Au moment

* Daniel , cbap. 7.

OÙ je l'aperçus , je tombai à ses pieds comme mort ; mais il mit sur moi sa main droite et me dit : Ne craignez point ; je suis le premier et le dernier ; je suis celui qui vis ; j'ai été mort , et je vis maintenant dans les siècles des siècles , et je tiens dans mes mains les clefs de la mort et de l'enfer ^ »

Lorsque après sa résurrection il déclara ses intentions à ses apôtres , et qu'il leur fit les commandem^s qu'il voulait qu'ils observassent, il termina son discours par les paroles qui suivent : «Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc et instruisez les peuples , les baptisant au nom du Père , du Fils et du Saint-Esprit , et leur apprenant à observer toutes les choses que je vous ai commandées 3.»

La communication que le Père lui a faite de son trône et de sa puissance est contenue précisément dans cette prophétie : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Âsséyez-vous à ma droite, jusqu'à ce que j'aie réduit vos ennemis à être foulés sous vos pieds. Le Seigneur fera sortir de Sion le sceptre de votre r^ne. Vous dominerez au milieu de vos ennemis. On reconnaîtra que vous êtes roi au jour de votre force , lorsque vous serez environné de l'éclat et de la splendeur des saints. Je vous ai engendré de mon sein devant l'étoile du matin. Le Seigneur a juré, et il ne rétractera point son serment '. »

Quelque ferme que soit le fondement sur lequel ces vérités sont établies , elles ne laissent pas d'être en quelque sorte ébranlées par les ennemis de Dieu, qui, étant agités par le mouvement déréglé de leurs passions , conçoivent des vœux impies , et qui , étant transportés par la foreur de la superstition , adorent continuellement le bois et les pierres.

XIX. Pour ruiner eotièremenl les fictions qui ont été inventées par les défenseurs de la superstition païenne, je crois devoir représenter fidèlement en cet endroit ce que la parole de Dieu nous a appris, par le ministère des prophètes , toucliant l'ordre qu'il a tenu dans la réparation et dans la rédemption du genre humain. Et pour cet effet , je vous supplie , très-saints empereurs, de me permettre une petite digression, et de me prêter cependant une attention favo-

* Apocal. , cbap. 1.

* S. MaïUi., cbap. 29. •-. ' Psaume 109.

MATERNUS

rable. J^eipliquerai d^abord les raisons pour lesquelles Dieu , e'est-à-dire le Fils de Dieu , a bien voulu se hîre homme. Lorsque Dieu fit le premier homme à son image , il lui donna des précepte» et des lois. Mais ayant été trompé par sa femme et corrompu par les discours empoisonnés du démon^riiomme perdit Tespérancede la gloire qui lui avait été promise. Ce fut en mangeant lea fruits d'un arbre qui était dans le paradis qu'il fit cette perte. Son corps avait été formé d^une terre vierge ; car , selon le témoignage de rteritare, ii n'avait point encore pin fiiP i» tare. Ea violant le commandement et Dieir, n rendit ses descendans sujets à la mort. Pour réparer cette faute , il fallait remonter jusqu'à Torigine ; et comme Adam , qui avait perdu la vie par son péché, avait un corps formé d'une terre viei^e , il était à prdpos que Jésus -Christ , qui devait Jouir de Fimmortalité et de la gloire, naquit d'une vierge par Topération du Saint-Esprit. Ainsi Funa regagné par son obéissance ce que Pautre avait perdu par son péehé. Après une longue suite d^années , et dans les derniers temps, le Verbe de Dieu a pris un corps pour racheter les hommes et pour les rendre immortels. Sans cela qu'eussent pu faire les saints de TAncien Testament ? Où aurait été l'espérance de leur salut et la récompense de leurs bonnes oeuvres, puisqu'ils seraient toujours demeurés assujettis à la loi de la mort ? Abel , Enoch , Noé , Sem , Abraham , Isaac , Jacob , n'auraient rien eu à attendre de la bonté ni de la miséricorde de Dieu. Avec tont le mérite de leur foi, ils auraient été enveloppés dans la condamnation générale , et leur piété ne les aurait point exemptés de la loi commone des autres. Mais parce que Dieu avait promis à Abraham du haut du ciel que sa postérité posséderait un empire absolu, Marie, vierge issue de la race d'Abraham , conçut un EKeu, afin que les descendans et les imitateurs de ce patriarche , étant réconciliés avec Dieu par l'accomplissement de ce grand mystère, pussent obtenir par le mérite de leur foi le royaume de la gloire. XX. Après que je me suis acquitté de ma promesse, très-saints empereurs, et que j ai satisfait , autant qu'il m'a été possible, au désir louable que vous aviez d'entendre ces vérités de notre religion , permettez-moi , s'il vous plait , de rapporter le reste des mots qui servent comme ^

de marque pour distinguer les sectes particulières des païens. Quand je n'aurais aucun autre fruit de mon travail , je tâcherais au moins de purifier les oreilles de la corruption dont ces superstitions profanes les remplis.sent.

Un des mots les plus dangereux que les pakas aient enseignés à ceux qui sont assez aveugles et assez misérables pour les croire, est celui-d :cLe taureau est père du serpent, et le serpent est père du taureau, a Vous nous avez enfin , à démon ! découvert votre nom , vous nous wn enfin confessé ce nom détestable. Je sais qàl vous êtes, je sais ju.^o'oû va votre insolence cC jusqu'où monte l'excès de vos crimes ; c'est ce que vous promettiez à tve, lorsque, pour la corrompre et pour le perdre, vous lui disiez: « Vous serez comme des dieux < . » Vous posiez dès lors les fondemens des temples où toqi souhaitiez d'être adoré avec vos compagnons. Vous rampez dans ces temple.^;, et vous vous y r^ paissez du sang des victimes que Ton y immole. Vous n'y épargnez pas même celui des hommes, et vous en buvez souvent pour apaiser la soif cruelle qui vous dévore. L'autel de Cartbage en est tout trempé et fournit de quoi rassasier votre rage et de quoi tempérer l'ardeur de votre venin. En cela même, et dans le temps que vous flattez les hommes par vos promesses , que vous les trompez par vos ruses , que vous les tuez par votre cruauté , vous avez l'insolence de vooi vanter de vouloir leurs avantages. Est-ce ains', 6 parricide, que vous leur Alites du bien ? Fuyez, 6 hommes ! oont on ne saurait assez décorer Taveuglement , fuyez le poison môrtd de ces superstitions. Cest un serpent que vous adorez. Il ne peut plus se cacher depuis qu^il s'est trahi lui même. Il n'a pas plutôt étédéoouvert et convaincu qu'il a été aussi oundaomé. Écoutez Farrêt de condamnation qulsaïe a prononcé par Tordre de Dieu. «En ce (emps-là, te Seigneur viendra avec sa grande épée, son épée pénétrante et invmeible pour punir ce serpent immense, et il fera mourir ce serpent'. » La volonté de Dieu ne manque jamais d'avoir son effet; ce qu'il ordonne est exécuté, et toute la consolation qui peut rester au serpent après sa condamnation, c'est d^ètre suivi (Tun grand nombre de personnes qui périssent avec lui. Que si quelqu'un désire savoir quel a été le jour de sa mort,

V Genèse , cbap. 3. — * Isaïe, cbap. 27.

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rer

qu*U apprenne qu*il a reçu le coup mortel au HMMneot où Dieu s'est fiait homme et où le Verbe a commencé à parattre parmi nous. Quiconque imitera le serpent mourra avec lui. G^esl lui qui a inventé et qui a formé tous les dieux que vous adorez. Que si vous vous opinlâtrez à demeurer dans Terreur qui vous tient attachés à leur culte, vous brûlerez du même feu qui fiait leur supplice.

XXI. Le diable n'a rien oublié pour perdre rhonme. Il a pris pour cela toutes sortes de formes. Mais parce qu*il savait que les hommes devaient retrouver dans la croix l'immortalité qu'ils avaient perdue par leur péché , il a voulu les tromper parquelquesorte de ressemblance de la croix, en se servant du bois de plusieurs arbres dans la célébration de ses mystères impies. Dans les fiètes que Ton soiennise tous les ans en Phrjrgie en Thonneur de la mère des dieux, on coupe un pin et on attache un jeune homme au tronc. Dans celles que Von célèbre en llionneur disis, on coupe pareillement un pin, on en creuse le tronc, et on y enferme comme dans un tombeau l'image d'Osiris, qui est fiaite des«branches du même pin. Dans lès fêtes de Proserpine, on coupe un arbre et on en taille le tronc en forme d'une fille; on porte en suite cette image dans la ville, où, après l'avoir pleurée pendant quarante nuits, on la brûle. Tous les autres arbres dont j'ai parié , ont le même sort et servent à la fin de l'année à fiaire un bûcher. Le feu que vous allumez pour célébrer ces sacrifices impies ne vous servira de rien. Mais celui que la justice de Dieu allumera pour vous punir, ne s^éteindra jamais. Apprenez quelle est la puissance de l'arbre qui a servi à la rédemption du genre humain, et sachez que le» autres que vous employez dans vos mystères profanes ne vous apporteront aucun secours. L'arche a préservé une famille des eaux du déluge. Abraham a mis sur les épaules de son fils unique le bois dont il voulait entretenir le fèu de son sacrifice. La verge de Moïse lui servit à tirer le peuple de Dién de la servitude d'Egypte et à le conduire dans le désert. 1^ bois que Moïse jeta dans Teau en changea l'amertume en douceur. Sa verge fit sortir d'une pierre une souce d'eau vive ; elle lui servit à étendre ses mains pour demander et pour obtenir la victoire contre Amalee. Le patriarche Jacob vit les anges monter et descendre par une

échelle mystérieuse. La loi de Dieu fot enfermée dans Tarche. Ces divers usages auxquels Dieu permit que tous ces bois dont je viens de parler aient été employés dans l'Ancien Testament, sont autant de figures qui représentent le mystère de la rédemption , qui devait être accompli sur l'arbre de la croix. Cet arbre de la croix soutient le ciel , affermit la terre et donne la vie à tous ceux qui sont attachés à lui. L'arbre du diable au contraire sert de pâture au feu, et entraîne jusqu*au fond de Tenfer avec ses flammèches et ses charbons ceux qui mettent en lui leur confiance.

Remarquez encore une cérémonie que le dii^ble veut que les païens observent : c*est que , en lui consacrant un arbre, ils immolent vers ml* nuit un bélier au pied de cet arbre. Esprit im^ pur, où as-tu appris ce mystère, et jusqueaif quand contreferas-tu les œuvres de Dieu ? Cent avec justice que ton châtiment n'aura point de fin , puisque tu n*en mets point j^ tes crimes et que tu inventes incessamment de nouveaux artifices pour perdre les hommes. Je dirai ce que cet ennemi dangereux de notre salut avait choisi pour servir de modèle â son imposture. Lorsque Dieu eut éprouvé la fidélité d'Abraham , il lu| commanda dMmmoler un bélier au lieu d'immoler son ftb, et ce bélier fot lié au pied d*un arbre. Lorsque Dieu voulut délivrer son peuple de la servitude des Égyptiens ; il lui commanda d'égorger un bélier pendant la nuit et de marquer de son sang la porte de chaque maison ; il ordonna qu'il serait mangé pendant la nuit, et donna â ce sacrifice le nom de pâque. Cette cérémonie n^avait été Instituée dans l'ancienne lof, par un ordre particulier de la Providence, que pour être une figure et un signe de ta pâque que nous célébrons. C'est pour cela que le prophète qui , étant rempli de Tesprit de Dieu » a prédit 1| passion de Notre-Seigneur, s'est servi des paroles qui suivent. «H sera mené â la mort comme une brebis que Ton va égoi^^ ; il demeurera dans le silence , sans ouvrir la bouche , eomme un agneau devant celui qui le tond. Il est mort an milieu des douleurs , ayant été condamné des juges. Qui racontera sa génération? car II a été retrandié de la terre des vivants^ »Un autre pro* phète a exprimé le même mystère en ces termes :

^ Isaïe, cbap. 53.

MATER NUS

«Seigneur, découvrez- moi leurs intentions et j'en aurai connaissance. J'ai été menéà la boucherie comme un agpieau qui est sans malice. Hs ont formé de mauvais desseins contre moi en disant : Venez , mettons de la sciure de bois dans son pain , exterminons-le de dessus la terre ^ » C'est Notre-Seigneur qui est désigné par le nom d'agneau, comme il garait très-clairemet par ces paroles de TA pocalypse : « Je vis au milieu du trône et des quatre animaux, au milieu des vieillards , Fagneau qui était comme une victime égorgée , ayant sept cornes et sept yeux , qui sont les sept esprits de Dieu , envoyés par toute la terre. Et il vint prendre lelivre de la main droite de celui qui était assis sur le trône , et Payant pris, les quatre animaux et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l'agneau , ayant chacun des harpes et des coupes d'or pleines de parfums, qui sont les prières des saints, et ils chantaient des cantiques nouveaux , en disant : Vous êtes digne, Seigneur , de prendre le livre et d'en briser les sceaux, parce que vous avez été mis à mort et que vous nous avez rachetés pour Dieu par votre sang en nous tirant de toutes les tribus, de toutes les langues, de tous les peuples et de toutes les nations du monde. Vous nous avez rendus rois et prêtres pour la gloire de notre Dieu, et nous régnerons sur la terre K »

Saint Jean s'accorde parfaitement avec les prophètes, en appelant le fils de Dieu agneau, car voici comme il en parle dans son évangile : «Le lendemain Jean était encore là , et deux de ses disciples avec lui ; et , jetant la vue sur Jésus, qui marchait , il dit : Voilà Tagneau de Dieu qui efface les péchés du monde 3. »

Le sang adorable de cet agneau de Dieu est répandu pour le salut des hommes, et il marque ceux qu'il doit racheter. Le saugqui est répandu devant les idoles ne sert de rien; et de peur que les païens ne continuent toujours à être trompés, je les avertis que ce sang des victimes souille ceux qui le répandent, bien loin de les purifier. Ce sang des taureaux et des béliers imprime des taches honteuses et criminelles. Il faut une eau claire et tirée d'une source pure ^ pour effacer ces taches de l'àme et pour la disposer à être sanctifiée par le sang de Jésus-Ghrist.

* Jérémie, chap. 11.

■ Apocalypse , cbap. 5. — 'S. Jean , obap. 1.

Mais, pour achever de convaincre les tsftîu et pour ne leur pas laisser la moindre impit»sion de leurs anciennes erreurs, il est à propoi d'employer la plus forte de toutes les aulorÙs et de faire voir par les réponses des prophètes, par les paroles de Dieu même , ce que sont ks idoles. En suivant celte méthode, nous mofttrons* encore, que ce que nous disons n*a poial été avancé en l'air ni inventé à piaistr , mail qu'il est contenu dans les saintes Écritures et enseigné par la bouche de Dieu même. Voici donc ce que la Sagesse a écrit touchant les idoles dans les livres de Salomoû: « Ils prennenl)poBr des dieux toutes les idoles des nations, qui ne peuventjse servir ni de leurs yeux pour voir, Btfc leurs narines pour respirer, ni de leurs oreiUei pour entendre , ni des doigtsdeleurs mains pour toucher . ni de leurs pieds pour marcher, car c'est un homme qui les a faites, et celui qui a reçi de Dieu Tesprit de vice les a formées. Nal homme n'a le pouvoir de faire un dieu qui lui soit semblable, car étant mortel lui-même, ilne forme de ses mains criminelles qu'un ouvrage mort Ainsi il vaut mieux que ceux qu'il adore^ parce qu'il vit quelque temps et qu'il doit mourir après, au lieu que ces idoles n'ont jamais vécu^»

Que pouvons nous désirer davantage ? La Sagesse nous parle au nom de Dieu , nous révèle les secrets qu'elle a appris , et nous enseigne ce qui nous est le plus utile pour nous garantir de la mort. L'Esprit-Saint nous donne encore la même instruction dans les psaumes eii disant : a I^es idoles des nations ne sont que de l'or et de l'argent, et l'ouvrage des mains des Immmes; elles ont une bouche, et elles ne parlent point ; elles ont des yeux, et elles ne voient point ; elles ont des oreilles ,et elles n'entendent rien , et leur bouche ne respire point. Que ceux qui les font deviennent semblables à elles >. »

Si un artisan qui, pour faire paraître son habileté dans son art, a taillé ou jeté en moule une image, est frappé delà malédiction de Dieu, je vous supplie de considérer attentivement ce que doit attendre celui qui donne le -nom de Dieu à cette image que l'artisan a vendue.

Jérémie , enseignant le peuple de la part de Dieu, lui parle en cette sorte : <rDites dans votre cœur : Seigneur, nous devons vous adorer. Mon

* Sagesse, chap. 15. — « Psaume 131.

DES ERREURS DE LA RELIGION PAÏENNE

ange est avec vous , et je vous demanderai compte du soin que vous aurez pris d*accompUr ma loi Les idoles ont des langues que l'ouvrier a polies; elles sont elles-mêmes couvertes de feuilles d'or et d'argent , mais elles ne peuvent parler. Us ont fait des couronnes pour les mettre sur la tète de leurs dieux , de la même sorte qu^uQ ouvrier fait des ornemens, par le commandement d'un amant, pour en parer sa maîtresse. Il y aura un temps où les prêtres ôteront For et l'argent à leurs dieux et les prendront pour eux-mêmes. Us en donneront aussi une partie à des courtisanes. Us donneront à ces dieux\qui ne sont que d'or, d'argent ou de bois, des haibillemcns comme à des hommes. » Le même prophète, pour ne laisser aucun doute, ajoute dans la suite ces autres paroles : « Les chauvessouris, les hirondelles et les autres oiseaux volent sur leurs corps et sur leurs têtes, ce qui vous montre bienquece ne sont pas des dieux. Ne les craignez point. On lésa embellisd'or pour les rendre plus agréables , mais cet or n*a aucun éclat , à moins que l'on n'ait soin de le nettoyer. Quand on les fond et qu'on les jette en moule, ils n'en sentent rien. Us ont été achetés à prix d'argent et n'ont point de vie. Ils n'ont point de pieds, et on les porte sur les épaules, < Ge saint pro* phète , pour fortifier de plus en plus notre foi , lyoute ce qui suit : « Sachant donc qu'ils ne sont point dieux , ne les craignez point, j» U déclare encore le malheur de la condition de leurs prêtres quand il dit : a Leurs prêtres sont assis dans leurs maisons ayant leurs tuniques déchirées, leur tète et leur barbe rases, et leur tète nue. l\» rugissent contre leurs dieux , comme ceux qui meurent par la violence des tourmens. 9 Enfin ce prophète prédit que les rois et les peuples porteront le même jugement sur ces dieux, a Tous les peuples et tous les rois sauront qu'ils ne sont que de faux dieux. Car U est manifeste qu'ils ne sont point dieux et qu'il n'y a en eux aucune cuivre de Dieu. Us n*établissent point de rois pour gouverner les na* tions ; ils ne versent point de pluie ; ils ne rendent point la justice et ne garantissent point le pays de violence , parce qu'ils n'en ont aucun pouvoir. Lorsque le feu tombera sur la maison de oes dieux de bois , de ces dieux couverts de feuilles d'or et d'argent , leurs prêtres se sauveront , mais les dieux seront brûlés connue

des pièces de bois. Us ne résisteront ni à la guerre ni au roi. Gomment donc pourrait-on croire qu'ils fussent des dieux ! Ces dieux de bois , couverts d'or et d'argent , ne se défendront point contre les violences de ceux qui seront les plus forts , et qui leur âteront l'or et l'argent dont ils sont couverts. »

Dépouillez , très - saints empereurs , les temples de leurs ornemens. Commandez que les dieux soient fondus , ou dans vos monnaies , ou dans les boutiques des ouvriers. Confisquez tous les présens qu'on leur a offerts. Depuis que vous avez abattu les temples , Dieu a accru votre puissance , abaissé vos ennemis et étendu les bornes de votre empire. L'ordre des saisons semble avoir été changé pour donner un plus grand éclat à votre gloire. Les ondes irritées de l'Océan ont été brisées par vos rames durant la plus grande rigueur de l'hiver, ce qui n'avait jamais été fait et qui ne le sera jamais. Des mers qui nous étaient inconnues ont tremblé sous vos vaisseaux , et les habitans de la Grande-Bretagne ont été saisis de frayeur quand vous avez paru sur leurs côtes. Que pouvez-vous désirer davantage ? les élémens ont cédé à votre valeur.

XXIL L'Ëcriture sainte témoigne que Dieu a défendu de foire des idoles, car il est écrit dans TExode : « Vous ne vous ferez point de dieux d'or nid'argeot ^ »Etdansun autre endroit : a Vousne ferez point d*idole jai aucun portrait. 9 L'Esprit- Saint , qui désire sauver ceux qui s'égarent , et non les perdre, les rappelle à soi en leur imprimant le sentiment d'une honte salutaire. Voici comme il parle par la bouche d'Isale : < Ceux qui mettent leur confiance dans des images taillées retourneront en arrière ; ils seront couverts de confusion , eux qui disent à des images de fonte : Vous êtes nos dieux 9. > U donne aussi an peuple une loi pour la garder en tout temps: a Vous adorerez votre Dieu et ne servirez que lui. » Dieu donne un précepte tout semblable dans le Deutéronone : «Vous n'aurez point d'autres dieux que moi ^. » Et pour leur donner une luiute idée de sa miyesié, U ajoute : « Voyez, voyez que je suis; et il n'y a point d'autre Dieu que moL Je forai mourir et je ferai vivre ; je frapperai et je guérirai , et nul ne vous arrachera d'entre mes mains. » Le même comman-

* Exode, chap. 20. — * Uaie, cbap. 42. > DeutéroDOiiie, chap. S.

MATERNUS

cUment est publié dans l'Apocalypse : «Je vis un ange qui volait par le milieu du ciel , portant TÉvangile éternel pour Tannoncer à tous ceux qui sont sur la terre, à toutes les nations, à toutes les tribus, à toutes les langues et à tous les peuples; et il disait à haute voix : Craignez Dieu et rendez-lui gloire, parce que Theure de son jugement est venue; etjadorez celui qui a fait le ciel cl la terre , la mer , et tout ce qu'ils renferment ^»

Notre-Seigneur Jésus-Christ, suivant Tintention de son père , publie la même loi dans son Évangile, a Écoutez , Israël ! le Seigneur votre Dieu est le seul Dieu. Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur , de toute votre Ame et de tout votre esprit.' Cest le premier et le grand commandement. Et voici le second , qui est semblable à celui-là : Vous aimerez votre prochain comme vous-même. Toute la loi et les prophètes sont renfermés dans ces deux oomraandemens ^. »

Ce commandement si saint et si inviolable est suivi d'une meilleure conclusion , que tire le Sauveur pour nous montrer encore plus clairement le diemin par où nous devons marcher. a La vie étemelle, dit-il, est de vous connaître, vous qui êtes le seul Dieu, et de connaître Jésus- Christ , qiie vous avez envoyé. »

XXIII. Ces lois, prononcées par la bouche de Dieu même , vous font connaître manifestement ce que vous devez rechercher et ce que vous devez fuir. Il ne reste plus rien à vous dire , si ce n'est de vous avertir de la rigueur redoutable des châtimens qui sont préparés à ceux qui Violeront cette loi , car voici les paroles qui se trouvent à la fin de ces préceptes. «Celui qui sacrifiera aux idoles sera exterminé , et son nom sera entièrement eflàcé de dessus la terre 3. » Si la loi ne menaçait que les coupables et que la peine ne tombât que sur Tauteur du sacrilège , il pourrait y avoir des désespérés qui s'exposeraient aveuglément à en subir la rigueur. Mais elle s'étend jusques aux descendans et jusques h la postérité la plus éloignée, et retranche jusques à la dernière branclie de la famille idolâtre. Elle dit que celui qui sacrifiera aux idoles sera arraché et comme déraciné de dessus la terre.

* Apocalypse, chap. 14. — * Matthieu, cbap. 22. «£xode, chap. 22.

Prévention pernicieuse et fiineste , oonsidire le mal que tu fais aux hommes ! Tu attires nr eux un châtiment dont la honte et la dooleor se répandent sur tous les membres de la race sacrilège. La raison de cette rigueur est expliquée dans le Deutéronome en ces termes:

« C*est que, au lieu de sacrifier à Dieu, ik ont sacrifié aux démons ^ »N*a]rez point reoovs à ces esprits impurs et abominables. N'attends point de secours des créatures que Dieu a miiei au-dessous de vous. Ne priez point ceux auxquels , par la grâce de Dieu , vous avez droit de commander. C'est le démon que vous bouorez par ces sacrifices, le démon, qui ne saurait entendre le nom de Dieu ni le nom de Jésus-Christ sans trembler, sans montrer sa perplexité et son trouble par l'obscurité et par rimperfeclioo de ses réponses entrecoupées et amUguês, sus avouer qu^il se sent déchiré et brûlé , et si» confesser ses crimes. La loi de Dieu , qui vous doit être inviolable , vous défend de rendre aucun honneur au démon, de lui foire des prières , de vous prosterner ni de fléchir le genon devant lui. L'énormité du crime de Tidolâtrie est le juste fondement sur lequel est établi la sévérité de la loi. Pourquoi vous imposez-vous mi joug dont Dieu a la bonté de vous délivrer? Sa voix ne cesse jamais de vous avertir et de vous rappeler d'un si déplorable égarement Écoutez ce qu'elle vous dit par la bouche dlsaîe: a 11 s'est fait un dieu et une idole devant laquelle il se prosterne, qu'il adore et qu'il prie , en lui disant : Vous êtes mon dieu ^, » Il élève encore la voix en un autre endroit poar faire entendra ses menaces aux idolâtres^. « Vous avez répandu des liqueurs pour les honorer. Vous leur avez offert des sacrifices. Après cela mon indignation ne s'allumera-t-elle pas?» Il réprime pourtant son indignation et suspend les châtimens de sa justice pour vous laisser le temps de vous repentir. Il semble même oublier ses menaces pour vous exhorter avec tendresse, et pour vous dire par la bouche de Jérémie : a Ne suivez point les dieux étrangers pour les adorer. Ne nf obUgez point par les ouvrages de vos mains à vous exterminer et à vous perdre. > Ne bouchez point vos oreilles et ne vous opiniâtrez point à courir â la mort. Dieu vous a faits

> Deutéronome, chap. 32. — * Isaïe, chap. 41. * liaîe,chap 57.

DES ERREURS DE LA RELIGION PAÏENNE

libres et a mis en votre dmix , oa de mourir ou de vivre. Au lieu de vous jeter dans le précipice, retenez-vous sur le penchant. U y a longtemps que Dieu dissimule votre insolence et qu'il modère sa colère. Mais maintenant votre obstination vous a mis à un point où les prières deviennent inutiles et où Tespérance du pardon commence à être terminée. L'arrêt est résolu et va être prononcé. Voici les termes dans lesquels jl a été â>nçu dans TApocalypse : c Si quelqu'un adore la bête et son image , et s'il en reçoit le caractère sur son front du dans sa main, il boira du vin de la fureur de Dieu , de ce vin tout pur préparé dans lé calice de sa colère , et il sera tourmenté dans le feu et dans le soufre devant les saints anges et devant Tagneau; et la fumée 4e leurs tourmens s'élèvera dans les siècles des siècles , sans qu'il reste aucun repos ni jour m nuit à ceux qui auront adoré la bête et son image >. »

XXIV. La loi de Dieu, très-saints empereurs, vous impose une obligation étroite et indispensa-* ble de réprimer et de punir l'idolâtrie. Permettez moi , s'il vous platt , de vous rapporter les paroles qu'elle emploie dans le Deutéronome pour cet effet : a Si votre frère , si votre fils, si votre femme , qui est à côté de vous, si votre ami , qui est un autre vous-même, vous dit en secret : AHons adorer les dieux des nations étrangères ! vous n'y consentirez point , vous ne prêterez point l'oreille à ses discours; vous ne l'épargnerez point et n'userez point de dissimulation ni d'indulgence envers lui ; vous le dénoncerez «t lèverez le premier la main pour le faire mourir, «t tout le peuple la lèvera ensuite. Il sera lapidé et mourra pour avoir voulu vous détourner du culte de Dieu ^. »

La loi défend de pardonner ni au fils ni au frère. Elle oblige à punir la femme que l'on aime tendrement et à lui enfoncer le fer dans le sein. Elle met les armes en main et commande de les tourner contre les amis les plus intimes , et elle anime tout le peuple à venger Dieu et à exterminer Tidolàtre. Elle menace même les communautés et les villes d'une ruine entière.

> Apocalypse, chap. 14. — • Deutéronome, chap. 15.

Et afin que votre religion en soit instruite et que vous n'en puissiez plus douter, je rapporterai les paroles dansMesquelles cette terrible disposition est conçue : a Si vous apprenez que quelque habitant des villes que Dieu vous a données dise : Allons servir les autres dieux ! vous les ferez mourir par l'épée ; vous mettrez le feu à la ville et vous n'y laisserez aucun habitant. On ne retirera jamais cette ville-là de ses ruines. Alors le Seigneur apaisera sa colère et vous fera miséricorde. Il vous comblera de biens si vous obéissez à sa voix et que vous accomplissiez ses préceptes ^ » Dieu vous promet , très -saints empereurs , de verser ses trésors sur vos personnes sacrées et de vous combler de biens. Suivez donc sa voix et exécutez ses ordres. Les heureux succès que vos entreprises ont eus dès le commencement de votre règne sont la récompense de votre piété. La main de Dieu ne vous a jamais abandonnés ; elle ne vous a jamais refusé son secours. Vos ennemis ont été renversés., et les armes leur sont tombées des mains en votre présence. Les peuples les plus fiers ont subi le joug. L'orgueil des Perses a été dompté et leurs espérances dissipées. L'ii^justice ni la violence n'ont pu se maintenir contre vous. Vous avez tous deux reçu en différentes rencontres de sensibles effets de la protection de Dieu. Le ciel vous a départi la victoire , et la prospérité de vos armes nous relève de vos disgrâces. Ces rares avantages vous ont été accordés en considération de votre foi ; et des récompenses aussi glorieuses quecelle-là vous doivent exciter puissamment à une observation exacte de la loi de Dieu. Que votre clémence se tourne sans cesse vers le ciel avec un esprit religieux et une conscience pure. Mettez en Dieu votre confiance ; implorez la grâce du Sauveur; offrez -lui un sacrifice spirituel pour votre salut et pour celui de tout TEmpire. Par ce moyen tout vous réussira selon vos souhaits. Vous jouirez de la santé , de ja victoire , de la paix , de l'abondance, du triomphe , et vous gouvernerez heureusement vos États sous la protection toutepuissante de la majesté divine.

* DeutéroDome, cbap. 13.

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