‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienne (volume 2)Chapitre 79 sur 80 · ERREUR DES RELIGIONS PROFANES · texte numérisé non relu

ERREUR DES RELIGIONS PROFANES

par Gérés; que l'action par laquelle le laboureur fauche les blés quand ils sont mûrs, marque la vengeance que Gérés lira d^Atys; que la moisson est une image de sa mort , et la nouvelle semaille une figure de la vie qu'il reprend. Je voudrais bien que Ton me dit pourquoi on s'est avisé de choisir les grains que Ton confie à la terre, et les moissons que Ton en recueille, et qui sont les choses du monde les plus naturelles et les plus simples , pour les joindre aux amours et aux poursuites d'une femme, aux fuites et aux refus de son amant, à la fureur et à la cruauté de sa vengeance? N*y avait-il que cela à inventer sur ce sujet? N'y avait-il que ce moyen-là de rendre grâces à Dieu des biens dont il nourrit les hommes? Faut-il hurler pour remercier Dieu des fruits dont il pare la surface de la terre? Faut-il soupirer et gémir pour témoigner de sa joie? Depuis que vous avez reconnu la vérité, ne vous étes-vous jamais repentis d'avoir observé ces extravagantes cérémonies? Ne vous étes-vous jamais aperçus qu'en renouvelant chaque année cette coutume de pleurer, vous fuyez la vie et courez à la mort ? Vos moissons en ont-elles été plus abondantes , depuis que vous avez semé vos grains avec tant de marques de douleur et de tristesse? Vous dites que ce sont vos grains que vous pleurez , et vous ne laissez pas pourtant de vous servir d'un autre ▼oilepotir couvrir volredouleur.Le laboureur sait quand II doit labourer la terre, quand il y doit semer les grains. Il sait quand les moissons sont -mûres et quand il Faut les couper; lisait quand il faut broyer les grains. Cesl là la véritable science de la nature, et le pur sacrifice que les hommes de bon sens offrent à Dieu chaque année par la sainteté de leur travail. Il veut que les hommes se contentent d'obéir simplement à cet ordre qu'il a établi dans le monde pour la récolte des fruits. Il n'était point besoin d'y ajouter la fiction d'une mort tragique; il n'y fallait point cacher, sous la cérémonie d'un deuil public, un accident qu'il n'y avait point de sujet de cacher. Ainsi les païens sont obligés d'avouer que cette fête a été instituée, non pour honorer les fruits de la terre, mais pour honorer la mort d'Âtys. Car, ])our ce qui est de ce que ceux qui donnent le premier rang à la terre, et qui lui attribuent un absolu pouvoir sur les autres élémens, rappellent la Mère de tous les dieux , nous n'y trou- (

vous rien à redire , et nous voulons bien lap* peler la Mère de leurs dieux, puisque nous savons qu'ils les ont faits de bois et de pierre. Elle est entourée de la mer, couverte du ciel, battue des vents, arrosée des pluies, agitée par un mouvement continuel, qui est un effet et une marque de sa crainte. Jugez ce que vous devez attendre de la protection d'une divinité qui vous découvre si visiblement ses faiblesses. III. Les Assyriens et une partie des habitans de l'Afrique ont donné à l'air une espèce de principauté sur les élémens , lui ont attribué une figure selon leur caprice, et l'ont consacré sous le nom de Junon , ou sous le nom de Vénus vierge, si toutefois la virginité a jamais pu plaire à Vénus. Ils ont voulu que Junon , pour n'être pas plus honnête ni plus inuocenteque les autres déesses , fût tout ensemble et la sœur et la femme de Jupiter. Je ne sais par quelle sorte de dévotion ils se sont avisés de faire de l'air une déesse, plutôt que d'en faire un Dieu. Leurs prêtres adoucissent leurs voix comme des femmes pour l'invoquer; ils se déguisent le visage, se rasent la barbe , cachent leur sexe sous des habits de femme. On les voit , mais on ne les voit point sans horreur, se prostituer comme des femmes dans les temples'^et faire gloire d'une si détestable infamie. Ils confessent leur crime et publient leur déshonneur avec joie. Ils laissent croître leurs cheveux et les ajustent à la façon des femmes, se parent comme elles et imitent leur air et leur posture. Après s'être ainsi dépouillés de leur sexe , ils invoquent leur déesse avec leurs flûtes, et étant comme remplis d'elle, ils promettent de prédire l'avenir à ceux qui sont assez simples et assez imprudcns pour les écouter. Quelle est celte sorte de prodige et de monstre? Ils sont hommes et nient qu'ils le soient. Ils voudraient qu'on les prit pour des femmes , et il est aisé de voir qu'ils ne le sont point. Faisons cependant une réflexion en cet endroit pour considérer quelle peut être une divinité qui se plait à demeurer dans un corps abandonné à la débauche, qui anime en quelque sorte des membres qui ne sont que des instrumens d'inoonti* nence, et qui reçoit des sacrifices offerts nonseulement par des mains impures, mais par l'impureté même. Ayez honte de votre aveuglement, et reconnaissez que Dieu vous a fait autres que vous ne paraissez dans ces détestables céré*

MATERNUS

moDies. Lorsque vous serez conduits devant le tribunal do souverain jufje. il ne verra rien en vous à quoi il vous puisse recoiinalire pour M)n ovvraf^. Hi'Doncezdonc à des erreurs si déplorables et si funestes; ne profanez plus par des abominations sorties de iVnfer un corps que Dieu a formé de ser propres mains, et mettez fin à vos disgrâces pendant que le temps vous le permet. D.'eu est riche en miséricorde et ne souhaite rien tant que de faire (;ràce:il laisse qi!atre-vinf>t-dii-neuf brebis poureii aller cherciier une qui est éf;arée; il donne un habit neuf et fait un festin à Tenfaiit prcjdi{;ue qui retourne en sa maison. Que la multitude de vos crimes ne vous jette point dans le déses[)oii'! Dieu délivre, par les mérites de son fîis, de la servitude du |)éché ceux qui veulent birn en être délivrés, et pardonne à ceux qui témoijjnent un sincère re|ientir. Pour leur pardoimer, il leur demande peu de chos^.', puisqu'il ne leur demande que la foi et la pénitence, par lesquelles il leur est aisé de recouvrer les avantaf^es qu'ils ont perdus en prêtant Foreille aux pernicieux discours du démon.

IV. Les Perses, et les ma[;esqui habitent dans la Perse, préfèrent le feu auxauties éiémeas. Us font en quelque sorte deux personnes de Jupiter, le représentent sous la fîf^ure d'un homme et sous celle d'une femme , et .«semblent attribuer les deux sexes au feu. Pour cequi est delà femme, ils lui donnent trois formes et lui attachent des serpens; ce qu'ils font pour imiter le diable, qui est leur maître, et pour parer la déesse des mêmes livrées. Ils adorent un homme qui avait diaisé les bœufs et le révèrent sous le nom de feu, comme le prophète la marqué par ces paroles :

Lm (léoiMei saofet oot mugi : célébrez la féCe toltnnelle da père trêt-auguitf .

Ils rappellent encore Mithra. et quand ils expliquent les cérémonies du culte qu'on lui rend, ibt se cachent dans des cavernes, comme s'ils avaient peur d'être éclairés de la lumière. Reiipyion aveuf];!eei im|K)sture criminelle! Vous croyez que celui dont vous avouez les crimes est un dieu! Vous qui dites que dans vos temples on célèbre les fèies et les myNtèresde la manière qu'on les doit célébrer, et non :i la façon des Perses, pourquoi louez- vous leur facnn ? Je sais

ce que c'est : voasia tenez digne ci desIVnnt des Romains. <

2 Le troisième membre de cette divin semble contenir !es canaux par où le pliisir cnk dans les .sens. Cest aussi pour cela qu'ils plaM la colère dans la tète, les pen.sées et les dessin dans le cœur, les désirs et les passions daiik foie. Je vous prie de considérer où teodoUi divi.sion et de remarquer avec combien débilité la vérité détruit l'imposture. Si l'Amecktàiv sible, la même division qui partage sa sufastam la ruine; car autrechose est l'esprit, autre cSm e>ila colère, et autre chose est l'amour du plaifv. Quand l'âme e»t divisée de la sorte, eïle cm d'être cequ elle était et devient cadoque Hmst telle. En effet il n'y a que ce qui esc Gor{:ordp puisse être divUé, et tout ce qui e^t corpordctf aussi sujet à la mort. Ainsi , »i l'ime peut èlR divisée et qu'elle soit un corps, elle est morlck Voilà les suites et les conséquences de celte l^ reur; voila l'eXtrémité funeste où el les ooodnsent.

C'est ainsi, très -saints empereurs, que ta élémi'usont étéconsacrés parde:»i>ommespcfAi comme des divinités. Mais il y a encore d'auim superstitions dout ile^t important de vottsex|i> quer le secret, afin que vous sachiez qadn n'ont été inventées que pour honorer la méoMMC de quelques personnes célèbres qui avaient srii la lui générale qui assujettit les hommesâ lanMit

V. Baoclius ou Liber fut fils de Jupiter, roi à Crète. Comme il était né hors du mariage, m père le faisait élever avec plus de aoinet plitf A précaution que la bienséance ne sembbil leëlvoir permettre. Junoo, femme de Jupiter, tna^ portée de jalousie et de haine, chprebait roocir sion de se défaire de cet enfant. Jupiter, qn n'ignorait pas la mauvaise disposition oA • femmeétait à cet égard, ayant un %'oyage àfaiif^ conHa la garde de son tils k des hommes sur k fidélité de>queLs il se tenait fort assuré. JuM crut alors avoir trouvé un temps fort propre poor l'exécution de son dessein ; et comme elles y scstait piusexcitéequejamaispar les ordres que Japiter avait laissés en partant de reconnaître Biechus, son tils. |.our son successeur, elle corrompit les gardes par de grands préseus, et ayant trouvé

* LiÂCUiie dant le lexie.

> Autre lanior.

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