‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienneChapitre 64 sur 110 · ÉCLAIRCISSEMENS SUR UN PASSAGE DE SAINT CYPRIEN · texte numérisé non relu

ÉCLAIRCISSEMENS SUR UN PASSAGE DE SAINT CYPRIEN

On connaissait deux sortes de billets.

Les premiers étaient des déclarations écrites données par les chrétiens aux juges païens dans les temps de persécution. Les chrétiens timides, afin de s'épargner la bonie aux yeux de leurs amis de sacrifier puoliquement aux idoles, et se réserver un moyen de retour dans leur congrégation lorsque la persécution serait calmée, reconnaissaient par celte déclaration appelée libelle ou billet quMIs avaient sacrifié aux idoles quoiqu'ils ne Teussent pas fait en réalité, et beaucoup de magistrats, moins sévères que les lois, se prêtaient à cette sorte de transaction. Les chrétiens qui donnaient ces libelles ou billets étaient appelés libellatiques. Lorsque la persécution de Decius, mentionnée par saint Cyprien, eut fait place à des temps meilleurs pour TÉgiise chrétienne, ces libellatiques furent réconciliés et réadmis dans la communion, sans épreuve ni pénitence préliminaires , tandis que ceux qui avaient en réalité sacrifié aux idoles , ne pouvaient être réconciliés qu'après avoir accompli tout le temps de leur pénitence , ou au moment de la mort.

Les seconds billets étaient les déclarations données aux apostats par les martyrs et les confesseurs afin d'abr^^ le temps de leur pénitence. C'étaient en effet ce que nirent plus tard les indulgences, et saint Cyprien se plaint déjà qu'on en fit commerce. Les martyrs, fiers de leurs persécutions, s'arn>j[;eaient dans TÉglise une sorte d'apostolat qui empiétait sur Tautorité régulière des évéques. Saint Cyprien se plaignit en différentes occasions des abus introduits par ces billets et chercha à les soummettre au contrôle épiscopal.

Voici divers pasi^ages de ses lettres dans lesquelles il parle de ces deux sortes de billets :

«La discipline de TÉglise. dit-il aux martyrs et confesseurs qui avaient demandé qu'on réconciliât ceux qui étaient tombés , se peut aisément garder encore, si vous vous montrez retenus par de saintes considérations à accorder les billets qu'on vous demande, discernant et réprimant ceux qui faisant acception des personnes, fout ou des gratifications ou un infâme trafic de vos billets. Il est à propos que vous marquiez nommément ceux auxquels vous désirez qu'on donne la paix ; car j'apprends qu'il y en a dont les billets sont conçus ainsi : quun tel L'ommunie ainn que les siens; ce qui est une chose

aui n'a jamais été faite par les martyrs, ces sortes de ciiiandes confuses et générales étant capables dans la suite de nous rendre odieux. Car cela s'étend bien loin lorsqu'on dit : lui cl les siens, et on peut nous présenter vingt et trente personnes, ou même davantage, qu'on assurera être parens, alliés, affranchis ou domestiques de celui qui a rc^u le billet : c'est pourquoi je vous prie de désigner en particulier dans vos billets ceux que vous voyez vous-même , que tous connaissez et que vous savez avoir déjà accompli une grande partie de leur pénitence, afin que les lettres que vous nous écrirez ne donnent point d'atteinte à la foi et à la discipline. > (Lettre x.)

«Comme j'tus appris que ceux qui avaient souillé leurs mains et leurs bouches par des aitouchemens sacrilèges ', ou blessé leur conscience par des billets exécrables donnés à leurs juges, assiégeaient de tous côtés les martyrs et gagnaient les confesseurs par foveur ou par importunité, en sorte que, contre Tordre de l'Êvangile, on donnait tous les jours mille billets sans aucun discernement ni examen des personnes , j'écrivis aux martyrs et aux confesseurs pour les ramener autant que je pouvais à l'abservation des préceptes de N. S. > (Lettre iv.)

« Nous nous sommes fônnellement déclarés conti*e ceux qui ayant fait une profession publique d'infidélité par leur» billets criminels, s'imaginaient par là s'être sauv^ des filets .lu diable, au lieu qu'ils ne hont pas moins cou-

• bu iftaiil *l ' IViK ciifi sur k$ julrlit dr* divuiiti & |i.ik'iincs €t tu lUdii^cdut Utb ^uudcs uir riciç Udiis kk tjciiiici».

pables que s'ils avaient effèctîTenient tacrifié aux idoles, puisqu'ils ont reconnu l'avoir fuL Nous avons aussi condamné ceux qui ont ratifié leurs billeis en les recevant, quoiqu'ils n'aient pas été présents lorsqu'on les a écrits, puisque l'ordre qu'ils ont donné pour cela a tenu lieu de leur présence ; car celui qui a commandé on crime n'en est pas innocent , et c'est l'avoir commis en quHoue sorte que d'y avoir consenti. D'ailleurs toute la roi cfarécienne consistant à confesser le nom de J^suMSirtst, celui qui use de supercherie pour ne pas le fure , le renie ; et celui qui veut paraître avoûr obéi aux édils mibttcs contre l'Evangile, y a d^à obéi en cela même qvil veut qu'on croie qu'il fa fait. » (Lettre zxx.)

Lui-même intercède en faveur des CÉEMes contre le zèle trop ardent de quelques-uns de ceux «101, ayant résisté à la persécution, ne voulaient pardonner aucune faiblesse. Les martyrs avaient l'habitude de se choisir un chef de:martyrs qui affectait soaveat une orgueilleuse domination sur le clergé lui-même forcé de la ménager. Après avoir réchauffé le zèle des tièdes, on avait sou%eot aussi à adoucir l'amère intoléranoe des entboariaMes; Célerin écrivait à Luchis, l'un de ces martyre :

•J'ai appris que vous avez été établi chef des aurfyrs qui sont avec vous... Maintenant que tous voilà an-dSMOS de ceux avec qui vous êtes, vous ne vous servez de ceue dignité que pour rendre votre confession plus édatanie Je vous prie donc et je vous demande, par Noire-Sci* gneur Jésus-Christ, de parler aux autres martyrs vgs confirères en faveur de nos soeurs Innocentes et caBdida> et de conjurer ceux d'entre vous qui seront couronnéi les premiers de leur remettre les pécnés qu'elles ont oonuBîs: car pour Ktéeuse, je l'ai toiqours retenue, et Menons ctt témoin qu'elle n'a fait que donner de Taisent, pour as racheter de sacrifier aux idoles. Elle n'est donc montée que jusqu'au lieu qu'on appelle Trlanft«ia et elle est descendue tout court Ainsi je sais bien qu'elle n^ point sacrifié. ■ (Celerin et Lucius; kUre xz, panri celles de saint Cypnen.)

Saint Cyprien lui-même net une snnde dW&cie entre ceux qui ont réellement sacrifié ctcmz qid n'oM fiit que donner des billets :

« Nie croyez pas non plus , mon très-iter IMfC» diaait-fl i Antonien , évêque d'Afrique, qu'il MUepCOmme le Isnt quelques-uns, mettre au rang de cens qui cnl SKrifii aux idoles les libellatiques, puisqu'il Ani mène eonveni fiire différence entre ceux qui ont SMriflé ; car il n^ a point de comparaison enure celui qui dUiord aTcet oOM volontairement pour immoler aux hnx dku.ct celui qui après avoir combattu et réitaté leoBtempe , net cdi laissé aller ; entre celui qui s'est prostiuié à ces SMrifioH abominables lui et tous les siens, et celui qnl etepcent au danger pour les autres, a ois A eouvcrC ai tame, m enfans et toute sa maison ; entre celui nd n poneeé sa hôtes et ses amis à apostasier, et celui qn lenr a dnaroé cette impiété et qui a même donné rdrvie ciMi M à jmsieurs de ses frères qui avaient été bannis pour la hn, oe s'en étaient enfuis , offk*aut 11 Dieu tadt d'Aowe aalMBS et vivantes , afin d'intercéder pour un seul wilide et Uené. Puis donc qu'il y a beaucoup de différence cnirr ceox mêmes qui ont sacrifié, quale inhumanité aertltpce de vouloir confondre avec eux ceux qui se eont KuteaRSl servis de billets! Car ne peuvent-ib pas dire peur ker défense : « Il est vrai que yarais lu et amie de aiB évêque, qu'il ne faut point sacrifier anxUoIce, serviteur de Dieu ne les doit point adorer. C*ett de ne point faire ce qui était défoidtt que Vi

billet s'étant offerte, car Je ne ranraie poii

de mui-même, je me suis présenté devant le masislrai.ei ai donné ordre à un autre qui s'est prtenié pour ni«f (le dire : que je ne pouvais aller aux auCds dn diaNt c-t que j'jiiiiais mieux donucr quelque dMNC CMinritr » ;Letireu.j

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