‹ Choix de moralistes françaisChapitre 10 sur 509 · XXXV JJ · texte numérisé non relu

XXXV JJ

qu'un satirique1. Quel profit y aurait-il pour les mœurs, quel avantage y aurait-il pour la gloire de Molière à prouver que ce grand homme n'a pas voulu peindre l'avarice, mais quelque avare deson temps, dont il a caché le nom, par prudence, sous le nom forgé d'Harpagon ?

Il n'est pas interdit toutefois de savoir et de faire connaître aux autres quels personnages et quelles anecdotes peuvent avoir fourni des traits a l'écrivain qui a peint les mœurs d'une époque sur la scène ou dans un livre, quand ces personnages ont quelque célébrité et ces anecdotes quelque intérêt. Sans nuire à l'effet moral, ces sortes d'éclaircissements satisfont la curiosité littéraire. Chaque fois donc que La Bruyère fait évidemment allusion à un homme ou à un fait de quelque importance, nous avons pris soin de le remarquer ; c'est à ce genre d'explication que nos notes se bornent.

La notice qui suit est celle que M. Suard a placée en tête du petit volume intitulé Maximes et Réflexions morales extraites de La Bruyère. Ce morceau, qui renferme une analyse délicate et une appréciation aussi juste qu'ingénieuse du talent de La Bruyère, considéré comme écrivain, est un des meilleurs qui soient sortis de la plume de cet académicien si distingué par la finesse de son esprit, la politesse de ses manières et l'élégance de son langage. Nous y avons ajouté un petit nombre de notes principalement faites pour compléter ce qui regarde la personne de La Bruyère, par quelques particularités que l'auteur a omises ou ignorées.

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