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LIVRE !, CHAP. XLV

sequio omnia constant1. Geste distinction se verra premièrement mieux en gros en ceste table.

Division première et générale.

Toute puissance et subjection est, ou

1. Privée, laquelle est aux familles et mesnages, et est de quatre laçons :

Mariage, du mary à la femme; ceste-cy est la source de la société humaine. — Paternelle, des parens sur les enfans ; ceste-cy est vrayement naturelle. — Herile, double , sçavoir des seigneurs sur leurs esclaves, maistres sur leurs serviteurs. — Patronelle, des patrons sur leurs affranchis, de laquelle l'usage est peu fréquent. — Aux corps et collèges, communautés civiles, sur les particuliers membres de la communauté.

2. Publique, laquelle est ou souveraine, qui est de trois façons et sont trois sortes d'estats, cunctas nationes et urbes, populus, aut primores, aut singuli regunV2, sçavoir: monarchie d'un, aristocratie de peu, démocratie de tous. — Subalterne, qui est en ceux qui sont supérieurs et inférieurs pour diverses raisons, lieux, personnes, comme sont les seigneurs particuliers en plusieurs degrés. Officiers de souveraineté 5 qui sont en grande diversité.

Ceste puissance publique, soit souveraine soit subalterne , reçoit des subdivisions qu'il faut sçavoir. La souveraine qui est triple, comme dict est, pour le regard de la manière du gouvernement est encores triple, c'est-àdire chascune de ces trois est conduicte en trois façons, dont est dicte royale, ou seigneuriale, ou tyrannique. Royale, en laquelle le souverain (soit-il un, ou plusieurs, ou tous) obéissant aux loix de nature, garde la liberté naturelle et la propriété des biens aux subjects. Ad reges potestas omnis pertinet, ad singulos proprielas... Omnia rex imperio possidet, singuli dominio*. Seigneuriale, où le souverain

fi) Tout consiste dans le commandement et l'obéissance.

f2) Toutes les nations et toutes les villes sont gouvernées ou par le peuple, ou par les grands, ou par des monarques. Txcn. Annal., liv. IV, c. 33, inilio.

(3) Aux rois appartient toute la puissance, à chacun des sujets la propriété. Le roi possède tout, mais à titre de maitre; les sujets possèdent à titre de propriétaires. Ses. de Bencficiis, liv. VII; la première partie, du c. 4; la seconde, du c.'K, initio. Sénèque dit : Ad, reges poiesias omnium pertinet, et non pas,

est seigneur des personnes et des biens, par le droict des armes, gouvernant ses subjects comme esclaves. Tyrannique, où le souverain, mesprisant toutes loix de nature, abuse des personnes et des biens de ses subjects, différant du seigneur comme le voleur de l'ennemi de guerre. Des trois estats souverains le monarchique, et des trois gouvernemens le seigneurial, sont les anciens, grands, durables, augustes, comme anciennement Assyrie, Perse, Egypte, et maintenant ^Ethiopie, la plus ancienne qui soit, Moscovie, Tartarie, Turquie, le Peru. Mais le meilleur et plus naturel estât et gouvernement est la monarchie royale ; les aristocraties fameuses sont jadis Lacedemone et maintenant Venise ; les démocraties, ftome, Athènes, Carthage, royales en leur gouvernement.

La puissance publique subalterne, qui est aux seigneurs particuliers, est de plusieurs sortes et degrés , principalement cinq , savoir : seigneurs Tributaires , qui doibvent tribut seulement ; feudataires, vassaux simples, qui doibvent foy et hommage pour le fief ; ces trois peuvent estre souverains.

Vassaux liges, qui outre la foy et hommage doibvent encore le service personnel, dont ils ne peuvent estre vrayement souverains.

Subjects naturels, soit vassaux ou censiers, ou autrement, lesquels doibvent subjection et obéissance et ne se peuvent exempter de la puissance de leur souverain, et sont seigneurs.

La puissance publique subalterne, qui est aux officiers de la souveraineté, est de plusieurs sortes, et, pour le regard de l'honneur et de la puissance, reviennent à cinq degrés.

Premier et plus bas, des infâmes qui doibvent demourer hors la ville, exécuteurs derniers de la justice.

2. De ceux qui n'ont ny honneur ny infamie, sergeants, trompettes.

3. Qui ont honneur sans cognoissance et puissance, notaires, receveurs, secrétaires.

4. Qui ont honneur, puissance et cognoissance, mais sans jurisdiction, les gens du roy.

5. Qui ont jurisdiction et par ainsi tout le reste; et ceux-cy s'appellent proprement magistrats, desquels y a plusieurs distinctions, et principalement ces cinq qui sont toutes doubles :

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