‹ Choix de moralistes françaisChapitre 253 sur 509 · LIVRE III, CHAP. XXXIIL · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAP. XXXIIL

produise et qu'ils apparoissent sages et modérés ; mais ils se rongent au dedans et se l'ont un effort qui leur couste plus que ne vaut tout. Il vaudroit mieux se courroucer et esventerun peu ce feu au dehors, affin qu'il ne fust si ardent et ne donnast tant de peine au dedans. On incorpore la cholere en la cachant. Il vaut mieux que sa poincte agisse un peu au dehors que la replier contre soy : Omniavitia in aperto leviora sunl, et tune perniciosissima cum simulala sanitate subsidunt 1 .

Aussi contre ceux qui n'entendent ou ne se laissent gueres mener par raison, comme le genre de valets, et qui ne font que par craincte, faut que la cholere y supplée vraye ou simulée, sans laquelle souvent n'y aurait reiglement en la famille. Mais que ce soit avec ces conditions : 1° non souvent et à tous propos ; 2°ny pour choses légères, car estant ordinaire viendroit à mespris et n'aurait poids ny effect ; 3° non en l'air et à coup perdu, grondant et criaillant en absence, mais qu'elle arrive et frappe celuy qui en est cause et de qui l'on se plainct; 4° que ce soit vivement, pertinemment et sérieusement, sans y mesler risée, affin que ce soit utile chastiment du passé et provision à l'advenir. Bref il en faut user comme d'une médecine.

Tous ces remèdes au long deduicts sont aussi contre les suivantes passions.

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