‹ Choix de moralistes françaisChapitre 67 sur 509 · LIVRE I, CHAR XXIX · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAR XXIX

«anûhë. En la vraye vengeance, il faut que le vengeur y soit pour en recevoir du plaisir, et le vengé pour sentir et souffrir du desplaisir et de la repentance. Estant tué, il ne s'en peut repentir, voire il est à l'abry de tout mal, ou au rebours le vengeur est souvent en peine et en crainte. Tuer donc est tesmoignage de couardise et de crainte que l'offensé se ressentant du desplaisir nous recherche de pareille ; l'on s'en veut deffaire du tout 5 et ainsi c'est quitter la fin de la vengeance et blesser sa réputation ; c'est un tour de précaution et non de courage ; c'est y procéder seurement et non honorablement. Qui occidit longe non ulciscitur, nec gloriam assequilur1.

Advis et remèdes particuliers contre ce mal sont liv. III, chap. xxxiv.

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