SCÈNE XII
Quelle peut être cette lettre qu'elle avait sur elle
et qu'elle Veut que je lise ? Il la prend ou Rose l'a mise. iv. G
Ah ! bon ! ii m. « Au voyageur honnête et sensible » qu'un hasard funeste conduira dans cet horrible » séjour:
» Noble étranger, je suis la fille d'un négociant » français établi à Palerme. Des malheurs non mé- » rites ont forcé mon respectable père de fuir et de » me confier à un ancien domestique qui a cru me » soustraire à mes persécuteurs en me cachant dans » cette retraite ignorée, et chez des gens qu'il croyait » honnêtes. Il a été cruellement trompé ; je suis chez » des scélérats! Heureusement, depuis que j'habite » avec eux, personne encore n'a pu être leur victime ; » vous êtes le premier que j'ai vu ici. Je porte lou- » jours cette lettre , bien sûre que si je vous disais » un seul mot ma perte serait certaine : je ne pour- » rai donc pas vous parler, mais je tâcherai d'y sup- » pléer par mon intelligence. Comptez sur moi ; je » n'aurai pas trop présumé de votre générosité en » espérant que vous ne me laisserez point dans un » lieu qui me fait horreur, et que vous aurez pitié » des tourments qu'éprouve ici l'infortunée Rose » Derville ! » Non , sans doute , je ne la laisserai pas. Derville ! je connais ce nom-là , c'est un négociant estimé à qui je suis recommandé. . . On la persécute, et voilà pourquoi Rose... Mais n'oublions pas combien le péril est pressant. Allant au lit. Une corde pour descendre... Bon... Il faudrait à présent être bien sûr de Thème à laquelle ces misérables doivent ten-
ter de s'introduire ici , du temps qu'il me reste pour préparer ma fuite , de l'instant où Rose se trouvera dans le jardin pour m'ouvrir la porte , car si j'avance ou je retarde mon départ d'une minute seulement... la clef, les cordes, sa bonne volonté, tout devient inutile. Eh ! Dieu ! on vient. Rose , je vais la voir peutêtre pour la dernière fois.