FAIRFAX, MORGAN
MORGAN
Oserais-je vous demander, mylord , quel est votre projet? Je ne puis venir à bout de le démêler.
FAIRFAX
Je le crois; mais il faut vous l'apprendre. Je reçus hier au soir la nouvelle que le duc d'Hamilton, avec une nombreuse armée , s'avance , suivi de Langlade, au secours de la place. C'est pour le prévenir que j'ai
hasardé cette nuit un troisième assaut. Vous savez quel en a été le succès. Mais l'artifice va me livrer ce que je n'ai pu saisir par la force.
MORGAN
Comment le jeune Arthur pourra-t-il vous servir dans cette entreprise ?
FAIRFAX
Je lui représenterai vivement le danger qui menace son père. Ils se verront tous deux dans mon camp. Arthur, tremblant pour des jours si chers, va l'engager à se rendre.
MORGAN
Le croyez-vous , mylord ?
FAIRFAX
Je l'espère.
MORGAN
Capell porte dans son cœur la tendresse d'un père ; mais il y porte aussi la fermeté d'un héros.
FAIRFAX
Si la voix de la nature ne peut le dompter. .. Mais j'aperçois mon fils. Je veux lui parler seul. Allez rejoindre le jeune Arthur, et n'épargnez aucun moyen pour le faire entrer dans mes vues.
Morgan sort.