‹ Choix de petits drames en prose et en versChapitre 18 sur 139 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

FAIRFAX, ARTHUR, EDMOND, soldats.

Holà ! gardes ; qu'on les arrête tous deux

ARTHUR

Ciel ! mon cher Edmond !

FAIRFAX, à Edmond.

Fils ingrat ! est-ce donc ainsi que tu remplis mes ordres ?

EDMOND

"' Vous l'avais-je promis ?

ARTHUR , se jetant à ses pieds.

Ah ! mylord ! si l'honneur vous est cher, ne lui re-

prochez point sa désobéissance , ou ne l'en punissez que sur moi. C'est mon amitié qui le portait à se soustraire à votre pouvoir.

EDMOND

Non, non, mon père, ne l'en croyez pas. Sa générosité veut vous surprendre en s'accusant de mes desseins. Je n'avais pas même encore forcé sa résistance. J'oserai vous le dire : vous n'avez aucun droit sur lui. Moi, je vous appartiens : ma liberté, mes jours sont à vous ; je les abandonne à votre colère. Tant qu'elle ne tombera que sur moi seul , vous ne m'entendrez point murmurer.

FAIRFAX

Tais-toi. Je sais qui je dois punir. Qu'on les enferme chacun dans une partie séparée de ma tente. ARTHUR.

Ah ! laissez-moi du moins partager la prison de mon ami.

EDMOND, aux gardes.

Non , vous ne l'arracherez point de mes bras.

FAIRFAX, aux gardes.

Qu'on m'obéisse. Les gardes les séparent, et les enlralnent ma'gré leurs efforts.

Page 1