CAPELL, KINGSTON
KINGSTON
Je crois devoir vous dire , mylord , que tout ce que je vois ici me paraît étrangement suspect.
CAPELL , d'un air tranquille.
En quoi donc , mon ami ? Ne vous formez pas de vaines terreurs.
KINGSTON
Elles vous paraîtront assez fondées , si vous daignez y réfléchir. Fairfax était instruit par ma bouche du moment de votre arrivée. Pourquoi ne pas rester et vous recevoir lui-même? Pourquoi sortir aussitôt, sous prétexte d'ordres à donner ? Pourquoi tout son camp enûn se trouve-t-il sous les armes à votre passage?
CAPELL
Que prétendez-vous conclure de ces vaines apparences?
KINGSTON
Ne pourraient-elles pas couvrir quelque trahison secrète ?
CAPELL
Kingston , je ne crains rien. Les lois de la guerre sont sacrées à toutes les nations, Le conquérant le plus avide, l'homme de sang le plus féroce, les observent envers les autres , pour qu'on les observe envers eux-mêmes.
KINGSTON
Celui qui porte les armes contre son roi peut bien violer sa parole envers de simples sujets.
CAPELL
Ce n'est pas moi qu'il aurait choisi pour y manquer*
KINGSTON
Mais, mylord...
CAPELL
Non, je connais Fairfax. J'ai une trop haute idée de son caractère, pour le juger capable d'une bassesse. Le fanatisme de l'indépendance peut avoir égaré son esprit , sans avilir ses sentiments. Quoique des opinions de parti nous divisent , l'amitié nous unit autrefois. Il est encore jaloux de mon estime ; et ce n'est point à mes yeux qu'il s'écartera des voies de l'honneur.
KINGSTON
Je le souhaite, mylord. Mais le voici.
Capell s'avance ver Fairfax avi c une cont nai ce assurée