SCÈNE XVIII
Les précédents; EDMOND, SURREY.
EDMOND , accourant avec la plus grande précipitation, et jetant ses bras autour du jeune Cipell.
Arthur, ô mon ami ! non, tu ne mourras point sans moi.
FA1RFAX.
Que faites-vous, mon fils?
EDMOND
>c me donnez pas davantage un nom que je déteste. Assouvissez votre barbarie ; vous avez une victime de plus.
FAIRFAX
Insolent ! qui t'a conduit ici ?
SURREY
Moi, mylord. J'aj forcé sa prison, et je m'en glorifie.
EDMOND , à Fairfax.
Vous êtes le seul qui ne connaissez pas la pitié. Aux soid iu. Ce n'est pas la vôtre dont j'ai besoin. Hàtez-vous de frapper. De quoi tremblez-vous ? ARTHUR , ch rcbant j se dégager de ses bras. Laisse-moi , mon cher Edmond. Pourquoi me rendre la mort plus douloureuse?
EDMOND
Je ne te quitte point. Je ne veux pas survivre à mon ami, quand j'ai perdu celui qui dut être mon père.
Tu veux m'arracher mon fils : le tien te renonce. Je suis vengé.
EDMOND
Laisse-moi te serrer plus étroitement encore, mon cher Arthur. Je veux mourir du même coup que toi.
CAPELL
Tu le vois, Fairfax. Il ne te reste plus qu'à frapper toi-même.
FAIRFAX
C'en est fait, Capell, je suis vaincu. Edmond, ôtez les fers de votre ami , et rendez-le à son père. Mes mains ne sont pas dignes de loucher ce jeune héros. Morgan et les deux soldats se relirenî. ARTHUR.
Cher Edmond , c'est donc à toi que je suis redevable de la vie.
EDMOND
0 mon ami ! Il lui ôte ses fers et le conduit à Capell, qui les serre tous deux dans ses bras.
ARTHUR
Mon père !
EDMOND
Mylord !
CAPELL , les tenant dans ses bras, et les regardant tour à tour avec tendresse.
Donnez-moi le même nom tous les deuxv mes chers enfants. Je ne sais plus lequel de vous est ion fils.
EDMOND , voyant les yeux de son père baignés de p:<. iirs , se dégage des bras de Capell, et se précipite aux pieds de l rrfax.
Je vous retrouve aussi, mon père! Ah! ne me dérobez point ces larmes. Mylord, Arthur, Surrey, les voyez-vous couler?
FAIRFAX , le relevant.
Mon cher Edmond , je n'oublierai jamais que tu
m'as sauvé une action honteuse ! Le présentant à Arthur. Aimez-vous toujours, clignes amis, et que le sort vous fasse vivre en des temps plus heureux que vos pères. a Capeii. Vous êtes libre, mylord, de rentrer dans la place. Mon admiration vous y suivra. Plût au ciel que je fusse aussi digne de votre estime!
ARTHUR , baisant la main de Capell.
O mon père ! ne nous quittons plus ! Je veux aller combattre auprès de vous.
CAPELL
Tu en as fait assez pour ton parti. Ton nom seul va devenir le plus ferme soutien de Colchester. Quel soldat assez lâche parlerait de se rendre, quand il saura ta constance?
ARTHUR
Laissez-moi la soutenir encore par mes actions. Il faut que je vous suive.
CAPELL
Non, mon fds ; reçois mes adieux. C'est peut-être, hélas ! pour la dernière fois que je t'embrasse. Mon devoir est d'aller affronter la mort pour mon pays : le tien est de vivre pour le servir mieux un jour dans la force de ton âge. a Fairfax. Après ce qui vient dr se passer, Fairfax , je n'ai plus rien à craindre de toi. Je te laisse mon fds, pour le renvoyer à sa mère, el je cours l'attendre sur la brèche.
LE
DRAME EN UN ACTE
PERSONNAGES
M. DE FAVIÈRES
Mme DE FAVIÈRES.
MÉLANIE, CONSTANTIN", / , ALEXANDRINE, > Ieurs enfants-
MINETTE
M. DE BLEVILLE , fiancé de Mélanie.
M. ARMAND, précepteur des enfants.
THOMAS, jardinier.
FANCHON , sa femme.
COLIN , leur fils.
MATHURIN , vieux fermier.
Jeunes filles et jeunes garçons du village.
Foule de paysans.
La scène se passe à l'entrée du château de Faviércfs, situé sur le
bord de a mer, à deux lieues de Marseille.
Le fond du théâtre représente le château. Il est bordé d'une terrasse, d'où l'on descend dans le jardin, qui vient aboutir au parc par une grande allée.
La toile, en se baissant , sépare le parc du jardin.
LE
DRAME