‹ Choix de petits drames en prose et en versChapitre 35 sur 139 · DE FAVIÈRES · texte numérisé non relu

DE FAVIÈRES

Ainsi donc, c'est moi qui lui donnerai la fête qu'elle compte me donner. Ah ! mon cher Armand , que ne vous dois-je pas !

M. ARMAND

J'espère que vous serez content de nos soins. Tout le monde a voulu contribuer à vos plaisirs.

M. DE FAVIÈRES

Et moi, pour compléter notre fête, j'amène le fiancé de ma fille , qui s'est couvert de gloire dans un combat contre les Algériens. Ah! j'oubliais de

vous dire que j'amène aussi de Marseille toutes sortes d'instruments. Je les ai laissés ici près à l'entrée du parc.

SI. ARMAND

Tant mieux . car nous n'avions que les ménétriers du village.

M. DE FAMÈllES.

Je serais fâché que rien manquât à notre fête. Je ne veux pas qu'il y ait aujourd'hui dans toute ma terre une seule personne qui ne partage ma joie. La plupart des fêtes ne sont que pour les riches. H faut que des événements où le pauvre est le plus intéressé soient célébrés avec toute la solennité possible , pour lui en faire mieux sentir le bonheur. Il faut qu'il en conserve long-temps le souvenir, pour le retracer à ses enfants et à ses petits-enfants.

M. ARMAND

O l'excellent homme ! toujours le même. Vous ne paraissez jamais , que tout ne respire auprès de vous la joie et la bienfaisance.

M. DE FAVIÈRES, lui serrant la main.

Eh , mon ami ! ces plaisirs ne sont-ils pas encore plus doux pour celui qui les donne ? On voit Co'.in qui

.-'avance (ont doucement le long de la charmille.

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