M ATHIR IN
O chères petites créatures! vous êtes tout cœur, comme votre père. Venez, venez, que je vous embrasse. Madame, vous pardonnez...
MAimiL m- fatiëReS.
C'est moi qui t'en prie. Rien n'est si doux à mes
DE CROISIERE. 99
yeux , que tle voir mes enfants dans les bras d'un vieillard comme toi. C'est le tableau de l'innocence
et de la vertu. Les enfants se jettent dans les bras de Mathurin, qui les embrasse et les presse contre son cœur. On entend un bruit de musique.
MATHURIN , se relevant avec vivacité.
Qu'est-ce que j'entends? Serait-ce monseigneur?
MÉLANIE
Ali! plût au ciel!
MADAME DE FAVIÈRES
Non , mou ami ; ce sont les jeunes gens du village qui viennent faire une répétition de leur fête.
MATHURIN
Oh! je veux la voir. J'y figurais autrefois. A peine aujourd'hui pourrais -je la suivre. Permettez que j'aille me poster au pied de cet arbre ; je l'ai planté dans mon enfance : nous étions alors du même âge ; il est à présent bien plus jeune que moi.
MADAME DE FAVIÈRES
Non , Mathurin , je veux que tu viennes prendre place à mon côté.
MÉLAME.
Oui, entre nous deux.
MATHURIN
Moi, madame , me faire cet honneur aux yeux de tout le village !
MADAME DE FAVIÈRES
Eh ! ne faut-il pas qu'il apprenne, par notre exein-
pie, à respecter la vieillesse et la probité? Viens, mon
ami. Madame de Favières et Mélanie le conduisent vers un banc de verdure, et le font asseoir au milieu d'elles. 'Alexandrine et Minette arrangent ses babils. Constantin assure son bâton pour le soutenir.
MATHUR1N , essuyant ses yeux.
Pourvu que je n'aille pas mourir de joie avant l'arrivée de monseigneur.