‹ Choix de petits drames en prose et en versChapitre 76 sur 139 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

L'HOTE, L'HOTESSE

L'hôl" sse entre pir la même porle que son mari. Elle est tout habilite .

L'HOTESSE, gaiement.

Bien ! fort bien !... Voilà ce qu'on appelle un maître de maison.

L'HOTE , toujours d'un air grave.

Je m'en flatte. Bonjour, ma femme, n lui tend la

main.

L'HOTESSE

Bonjour, bonjour, mon mari.

l'hote.

Te vc ilà , comme de coutume , toujours vive, toujours gaie.

L'HOTESSE , l'interrompant.

Et toujours bien éveillée.

l'hôte.

On m'en fait compliment. Venez m'embrasser.

l'hôtesse.

De tout mon cœur.

L'HOTE, d'un air un peu goguenard.

Entre nous , je crois que vous êtes bien aise d'être ma femme.

l'hôtesse.

Entre nous , je ne dis pas non.

l'hote.

Je m'en doutais.

l'hôtesse.

Mais, c'est tout simple ; notre fortune est honnête, et nos humeurs ne s'accommodent pas mal. Vous , mon ami , vous êtes un brave homme ; moi , je suis une bonne femme ; tu fais tout ce que je veux ; cela fait que je n'ai jamais d'humeur; tu ne me laisses jamais manquer de rien , cela m'empêche d'avoir des fantaisies; aussi qu'est-ce que nos petites brouilleries ? presque rien. On se boude un moment , on se querelle une minute; eh bien! tant mieux ; on meurt d'envie de faire la paix. On se rapproche, on s'expli-

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que, on se raccommode, et un raccommodement , c'est toujours une fort bonne chose.

l'hote.

Ah ! ah ! ah ! ah ! la voilà bien. Toujours le petit mot pour rire. Madame Phlips, en vérité, plus je vous connais, plus je trouve que j'ai bien fait de vous avoir épousée.

l'hôtesse.

Mon ami , vous êtes fort galant.

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