SCÈNE XVI
LA MÈRE , seule.
Grand Dieu, que j'ai de grâces à te rendre de m'avoir accordé des enfants comme les miens , surtout ce fils, modèle de l'amour filial! Je vais le revoir: sa douce présence va ramener le calme dans ce cœur affligé. Viens, mon fils; en te pressant dans mes bras, j'oublierai les rigueurs de la fortune , mon âme pourra se livrer à toute ma tendresse. Ah ! ma tendresse, tout extrême qu'elle est, ne pourra jamais payer ni ton amour ni tes bienfaits. Heureuse mère !
cet enfant , que ton sein a nourri , n'existe , ne respire que pour toi. Il renonce à toutes les douceurs qu'à son âge on désire toujours , et il se prive de tout pour que je sois moins à plaindre. Mon fils , mou fils!... Mais il ne vient point. Chaque instant redouble mon impatience. Cher Auguste! Ah! qu'il est doux pour un cœur sensible de joindre les sentiments de la reconnaissance à ceux de la plus tendre mère.