AUGUSTE, LA MÈRE ET CAROLINE
Cœurs vertueux ! cœurs sensibles !
THÉODORE
Tout le monde est dans la consternation , et on attend en tremblant ce que va faire l'époux. « Je dé- » pose mille ducats , dit-il, et j'engage toute ma for- » tune, llespectez la noblesse malheureuse , et venez » recevoir votre argent. » Tous les yeux versent des pleurs, mille cris répètent : «Vivent les bons ci- » toyens! » Et soudain un nouveau Bruit se fait enlendre; on écoute; on regarde; on fait place : arrive le père de l'État.
AUGUSTE
Le roi.
THÉODORE
Lui-même ; il était déjà instruit.
AUGUSTE , avec un cri de joie.
0 ma mère !
THÉODORE
Déjà l'iniquité est sans pouvoir, déjà deux bons cœurs goûtent leur récompense , et vos bienfaiteurs , au milieu des acclamations, suivent le monarque en ces lieux.
LA MÈRE, en prenant lïcrit qu'elle avait iaissé sur la table. Vérité! tu vas approcher d'un roi.
THÉODORE , tirant Auguste à part.
Pour le coup , mon ami , je ne pouvais pas trouver une circonstence plus heureuse pour te forcer d'accepter mon argent, n cherche sou îouieau. Où est-il donc?. . . Mais qu'est-ce que j'en ai fait ? il cherche encore. Je ne l'ai pas laissé sur cette table. . .
AUGUSTE
Que cherches-tu donc?
THÉODORE
Mon rouleau.
LA MÈRE
Quel rouleau?
On entend an grand mouvement derrière la scèoe. AUGUSTE.
C'est le roi !
LA MÈRE ET LA FILLE , en cours ni çà et là. Le roi ! le roi !
AUGUSTE , en poussant sa sœur ilans la porte gauche qui reste rntr'ouverte.
Retire-toi, ma sœur... Vous, ma mère, demeurez. Mais , pour Dieu ! uu peu de fermeté.